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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 17:38

Florange: le Cfdtiste courtisé pour devenir député

Florange: le Cfdtiste courtisé pour devenir député
 

Edouard Martin, syndicaliste CFDT.

 

Les conflits sociaux d’ArcelorMittal ou PSA ont fait émerger de nouvelles stars du syndicalisme.

Edouard Martin a dormi deux petites heures. Avec ses copains, le leader CFDT, 48 ans, a monté la garde au portier Sainte-Agathe. Ils étaient là depuis le 1er octobre, quand ArcelorMittal a confirmé la fermeture des deux derniers hauts-fourneaux de Lorraine et la suppression de 629 postes. « J’en étais sûr. Pour la première fois de ma vie, j’aurais aimé me tromper », confie le pilier de la protestation. « C’est grâce à lui que le mouvement a pris cette ampleur, analyse Aurélie Filippetti, l’une de ses amies. Avec son talent oratoire, il est un formidable porte-parole pour les ouvriers et il n’est jamais démagogue. » Certes, il a travaillé son expression pendant des formations à la CFDT, mais il a surtout appris devant la télé. « En regardant les JT, j’ai compris qu’il fallait faire des phrases claires et très courtes », explique celui qui vénérait « L’heure de vérité ».

Avant de rejoindre la CFDT en 1986, Edouard Martin est remarqué par Jean-Louis Malys, le sidérurgiste devenu secrétaire national de la CFDT : « Je l’ai connu lors d’une grève dure sur un laminoir. C’était déjà un leader. Quand il parlait, tout le monde l’écoutait. » L’intéressé n’a pas de fibre syndicale : « Quand j’ai commencé à travailler en 1981, à 18 ans, ma mère me conseillait de ne pas me faire remarquer. Puis, révolté par les injustices, j’ai décidé de ne plus me taire. » Devenu secrétaire général du syndicat sidérurgie Nord-Lorraine, un poste occupé par d’illustres CFDTistes comme Jacques Chérèque ou Eugène Descamps, il fait ensuite un court passage à Paris.

A Florange, depuis le début de la protestation, tous – y compris François Hollande pendant la campagne – déjeunent d’un sandwich. Au barbecue, José prépare les merguez. C’est le père de ce sidérurgiste qui, en mars 1971, a conduit la famille Martin de Jerez en Andalousie, à Florange, en Moselle. 2 200 kilomètres. Entassés à huit dans une 404. Edouard, né Edouardo, a 7 ans. A l’adolescence, cette « belle gueule » apprend auprès des éducateurs qu’il « ne faut pas tout attendre des autres ». Quand il passe son CAP d’électromécanicien, il ne veut pas devenir sidérurgiste comme son père. Il rêve d’une « usine plus technique et moins sale, comme celle de Citroën à Trémery ». Solac sera la première entreprise à lui proposer un emploi à la coulée continue : « J’ai découvert un spectacle magnifique, avec ces énormes blocs d’acier rougeoyants. »

Aurélie Filipetti: «Nous avons besoin de représentants de la classe ouvrière»

Tous ses amis veillent aujourd’hui sur lui. Les uns tentent de lui confisquer ses cigarettes, les autres, comme Jean-Louis Malys, l’incitent à « moins s’exposer ». Partout, on reconnaît Edouard Martin. Il passe deux heures à faire des courses de dix minutes tant les gens veulent le saluer. « Au début, c’est sympathique. Ensuite, moins... Et cela crée beaucoup de jalousies. A ceux qui m’accusent d’acheter les journalistes, je réponds : “Oui, je les invite sur mon yacht !”» Il lutte pour trouver le temps d’aller encourager ses deux grands fils au bord des terrains de foot et pour voir sa fille.

Si l’Etat échoue à trouver un repreneur, Edouard Martin ne se fait pas d’illusions. « Une fois les caméras reparties, la direction cherchera à m’écœurer. Je ne me suis jamais posé la question de l’après. » Certains le font pour lui. Aurélie Filippetti : « Je pense qu’il ferait un député formidable. Nous avons besoin de représentants de la classe ouvrière. » « Je ne fais pas partie de leur monde, je ne suis pas opportuniste », tacle-t-il. Il pourrait aussi aller étudier à la fac de Metz, où il a enseigné un samedi par mois pendant deux ans. Au premier cours, il a demandé à ses élèves DRH à quoi servaient les syndicats, 70 % d’entre eux ont répondu « à faire la grève ». « Il y a du boulot », s’est dit Edouard Martin, qui y voit le signe de la pauvreté du dialogue social en France.
Source parismatch.com

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Published by Cyril LAZARO - dans cfdt
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