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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 18:37

 

PORTRAIT-France-Chérèque, ou le réformisme jusqu'au bout

Chérèque passe la main avant "le match de trop"Un autodidacte nourri par la tradition syndicale familialeDes relations parfois tendues avec la CGT

François Chérèque a préservé jusqu'au bout le credo réformiste de la CFDT et son image d'indépendance, malgré sa proximité avec la gauche, des tentatives de récupération de la droite et des relations parfois orageuses avec les autres grands syndicats.
Dix ans après avoir succédé à la "tsarine" Nicole Notat, ce barbu à la haute stature de rugbyman - sport qu'il a pratiqué - passe le relais mercredi soir au successeur qu'il a lui-même préparé, Laurent Berger, de 12 ans son cadet.
Il avait annoncé en septembre qu'il n'irait pas au bout de son troisième mandat, pour ne pas "faire le match de trop".
"A 56 ans, j'aspire aussi à évoluer professionnellement et à retrouver un peu de tranquillité personnelle et familiale", a alors expliqué ce père de deux garçons.
Le 22 novembre, à l'issue d'une ultime entrevue comme secrétaire général avec le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, pour demander des contreparties au "pacte de compétitivité" en faveur des entreprises, il avait cependant l'oeil humide.
"Je crains l'émotion. Je suis un ours. Donc je voudrais vite rentrer dans ma tanière après (la passation de pouvoir avec Laurent Berger)", confie-t-il alors à des journalistes.
Sans quitter la CFDT pour autant, François Chérèque va rejoindre l'Inspection générale des affaires sociales (Igas).
Il est aussi question qu'il reprenne la direction de Terra Nova, cercle de réflexion proche du Parti socialiste, laissée vacante par la mort de son fondateur Olivier Ferrand en juin.
"AUTODIDACTE COMPLET"
Fils de Jacques Chérèque, ancien ouvrier métallurgiste et numéro 2 de la CFDT devenu ministre du président socialiste François Mitterrand dans le gouvernement de Michel Rocard, François Chérèque est tombé jeune dans la marmite syndicaliste.
Né le 1er juin 1956 à Nancy, dans une famille de culture sociale-chrétienne, cet ambidextre qui a souffert de dyslexie, parti à 18 ans du domicile familial, est l'enfant rebelle d'une fratrie qui compte dans ses rangs deux dirigeants d'entreprises et un cadre supérieur de multinationale.
"Je suis un autodidacte complet", confie dans un livre, "Si on me cherche", cet ex-éducateur spécialisé en pédo-psychiatrie. Il n'en suivra pas moins les traces de son père.
"J'ai évidemment bénéficié depuis mon adolescence de ses analyses", explique-t-il. "Très jeune, j'ai eu la chance de pouvoir m'imprégner de ses conversations avec ceux qui, comme Rocard ou d'autres, venaient à la maison."
Il commence cependant à la base et grimpe un à un les échelons, avant de devenir le patron de la fédération Santé et services sociaux et de succéder en 2002 à Nicole Notat au poste de secrétaire général, où il sera réélu en 2006 et 2010.
Quand il succède à la "tsarine", il est méconnu du public et de nombre de militants. "Nicole était tellement médiatique que j'avais peur que la CFDT disparaisse des écrans", raconte-t-il.
Cet homme de compromis, réputé solide, d'abord chaleureux, attaché au syndicalisme de terrain, va cependant imposer son autorité et devenir un interlocuteur incontournable à l'égal d'un Bernard Thibault (CGT) ou d'un Jean-Claude Mailly (FO).
A plusieurs reprises, il a pris le risque de rompre l'unité syndicale pour soutenir des réformes controversées, comme celles des retraites en 2003.
LE PRIX DE L'INDÉPENDANCE
Il parle de "compromis acceptable" - il a obtenu in extremis des aménagements pour les carrières longues - ce qui lui vaut d'être traité de "collabo" et de "jaune" par les opposants à la réforme, et plusieurs années de relations glaciales avec la CGT.
Des milliers d'adhérents et de militants quittent alors la CFDT pour rejoindre les rangs de syndicats plus radicaux.
En novembre 2007, à la tête d'une manifestation pour le pouvoir d'achat, il est encore conspué par des fonctionnaires, qui l'accuse de "complicité" avec le président Nicolas Sarkozy, en plein débat sur la réforme des régimes spéciaux de retraite.
François Chérèque se rabibochera avec la CGT et FO dans leur opposition commune à la nouvelle réforme des retraites lancée par Nicolas Sarkozy en 2010.
Malgré la proximité de la CFDT avec le PS, il s'est cependant abstenu d'appeler à voter pour le candidat socialiste, François Hollande, lors de la dernière élection présidentielle, contrairement à son homologue de la CGT, Bernard Thibault.
Un de ses regrets est d'avoir signé un accord sur les déficits de l'Unedic réduisant la durée d'indemnisation des chômeurs, qui a exclu d'un coup du système 265.000 "recalculés" début 2004, avant que les pouvoirs publics ne reculent.

Source lesechos.fr

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Published by Cyril LAZARO - dans cfdt
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