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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 07:21

Charente: la CGT manifeste contre la CGT qui licencie

Le syndicat veut se séparer de sa secrétaire comptable pour «motif économique». Une décision jugée «injuste» par l’intéressée mais aussi quelques militants CGT. Ambiance.

Un rassemblement devant la CGT. Avec des militants CGT, en soutien à une salariée syndiquée CGT sur le point d’être licenciée par cette même CGT. Ambiance fort singulière mardi matin au siège départemental du premier syndicat de Charente, rue Chicoutimi à Angoulême.

L’union départementale envisage de se séparer de Karen Fougerat, 30 ans, sa secrétaire comptable depuis septembre 2012. Et c’est «un licenciement injuste» pour la jeune femme, soutenue en ce sens par plusieurs militants, toutefois guère nombreux mardi à afficher leur solidarité sous les fenêtres de la CGT. Famille et amis constituaient l’essentiel des soutiens présents au moment de l’entretien préalable au licenciement.


«On tombe dans des logiques chiantes»


Mais le syndicat CGT de la Ville d’Angoulême s’est déplacé officiellement. Avec, à sa tête, Caroline Lacour, ex-secrétaire départementale à la communication, démissionnaire des instances dirigeantes suite à cette affaire qu’elle «n’admet pas: la CGT, ce n’est pas ça.». «Quand je vois une salariée pleurer tous les jours, poursuit-elle, quand je vois qu’il y a des risques psychosociaux, moi, j’interpelle et je défends.»

Officiellement, l’union départementale «rencontre des difficultés économiques et doit malheureusement licencier» expliquent Sylvain Minbiolle et Michaël Lablanche, les deux dirigeants qui ont mené l’entretien «en responsables» mais avec un certain embarras.

Un déficit de 40 000 euros, selon nos informations, serait à l’origine de cette situation. «La baisse du nombre d’adhérents, l’irrégularité du versement des timbres, fragilisent les comptes», avance Michel Deboeuf, conseiller CGT du salarié qui accompagnait Karen Fougerat, lui aussi un poil embêté: «Ça fait longtemps que j’assiste des salariés, et c’est la première fois que je me retrouve dans une situation pareille, qui peut malheureusement arriver.» Mais est en opposition, sur le fond, «avec les valeurs d’un syndicat ouvrier. On tombe dans des logiques chiantes, celles du système qu’on combat».

C’est évidemment là où le bât blesse pour l’organisation qui aurait préféré «régler cette affaire interne en interne» dit Michaël Lablanche. «On peut se demander d’ailleurs quelles sont les motivations de ceux qui vous ont prévenus.» «Dénoncer une situation injuste: le syndicat le fait bien partout ailleurs, alors pourquoi on ne dirait pas ce qui se passe ici?», répond Laurent Fougerat, le père de Karen et ancien militant CGT de DCNS à Ruelle. C’est lui qui a tenu à médiatiser les faits.

En décembre dernier, sa fille s’est vu notifier que la durée de son contrat de travail passerait de 35 à 24 heures par semaine. «Je devais, raconte-t-elle, me prononcer sur mon nouveau planning avant le 26, mais comme je ne connaissais pas mes horaires, j’ai été contrainte de refuser, en expliquant que j’étais prête à revenir sur ma décision dès que j’en serais informée.»

Or la notification des nouvelles plages horaires - «des heures par-ci par-là sur cinq jours» qui ne lui convenaient pas parce qu’elle habite à Blaye, en Gironde, et a une petite fille - ne lui serait parvenue que le 5 janvier. «Une anomalie» pour Michel Deboeuf qui déplore en outre «l’absence de pistes de reclassement».

Le refus, en tout cas, a activé la phase suivante, le point de non-retour. Karen Fougerat est persuadée qu’on a voulu ainsi la pousser dehors, suite à des «difficultés relationnelles» avec la secrétaire générale Samantha Dumousseau, le motif économique n’étant qu’un prétexte. Le conflit remonte selon elle «au printemps» et l’a conduite au burn-out: un arrêt maladie de plusieurs semaines.

La situation était mardi matin toujours bloquée. La salariée, qui a repris le travail, devrait logiquement se voir notifier son licenciement dans un mois. Elle est sortie effondrée de l’entretien mais «quelque part soulagée de quitter bientôt cette ambiance pourrie».

La secrétaire générale en ligne de mire

Cette affaire à la CGT touche de plein fouet la secrétaire générale de l’union départementale, Samantha Dumousseau.

La salariée en passe d’être licenciée l’accuse de «pressions répétées», ce que dément formellement l’intéressée. «Ce licenciement, c’est une décision que je regrette vivement» dit-elle, la voix submergée d’émotion. «On a tout fait pour qu’elle reste. C’est lamentable et malhonnête de sa part de tenir de tels propos.»

Pour elle, la jeune femme a été «manipulée par cinq agités», récupérée à des fins politiciennes au sein du syndicat.

En plein épilogue de l’affaire Lepaon, cette controverse trouve un drôle d’écho en Charente. Les accusations, formulées cette fois par des syndiqués, de «décisions prises à quelques-uns sans en informer la commission exécutive» écornent davantage l’image du syndicat. Hormis une démissionnaire, les dirigeants se montrent en tout cas solidaires de Samantha Dumousseau.

Source charentelibre.fr

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Published by Cyril LAZARO - dans cgt
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commentaires

CS 16/01/2015 14:27


Cyril,


 


JE SUIS SOLIDAIRE !!!


 


Amitiés

Cyril LAZARO 16/01/2015 22:49



Je comprends.


Amitiés



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