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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 10:53

Chers camarades,

Voici un extrait du Congrès de 1901, où il est fait état de l'aspect financier pour l'organisation du Congrès par la commission en charge.

L'Histoire nous permet de mesurer le chemin parcouru ou les chemins de traverse empruntés depuis et qui nous ont éloigné du but initial, et nous invite à retrouver le bon chemin, celui qui doit conduire à l'émancipation des travailleurs!

Cela m'a pris un peu de temps, mais j'espère que vous saurez en tirer profit.

Amitiés à tous et à toutes

Cyril LAZARO

 

Séance d'ouverture du 23 septembre 1901

D'accord avec le Comité confédéral, la Commission s'inspira, dès le début, de ces deux idées maîtresses qui la guidèrent constamment dans le cours de ses travaux.
Rendre le Congrès
Important comme nombre de délégués.
Intéressant et utile pour la classe ouvrière.
Pour exécuter ce programme, la bonne volonté et le dévouement ne suffisaient pas. Il fallait de l'argent.
La Commission, s'inspirant de cette idée que les caisses de l'Etat sont constituées par un prélèvement sur les travailleurs et qu'il ne pouvait y avoir aucune abdication ni aucun froissement d'amour propre à participer quelque peu aux ressources prélevées sur nos salaires, adressa trois demandes de subventions :
La première, au Conseil municipal de Lyon;
La deuxième, au Conseil général du Rhône;
La troisième, au Ministre du commerce et de l'industrie.
Les deux premières demandes devaient être pour les frais du Congrès. La troisième était destinée à rembourser aux délégués leurs frais de voyage.
Le Conseil général du Rhône, statuant sur notre demande, repoussait celle-ci sans discussion.
Le Conseil municipal, après les explications multiples fournies par la Commission, votait au contraire une somme de sept mille francs dans sa séance du 21 mai, sous cette rubrique : Subvention à la Commission d'organisation du Congrès annuel de la Confédération générale du travail pour la tenue à Lyon dudit Congrès en 1901:
Nous n'aurions qu'à remercier le Conseil municipal de Lyon de ce vote, si nous n'étions obligés d'ouvrir une parenthèse sur des faits qui motivèrent certains tiraillements et que notre devoir est de mettre à jour.

Lorsque la demande de crédit fut faite, certains Congrès spéciaux et corporatifs devant avoir lieu, la Commission stipula dans tous les pourparlers préliminaires que la subvention demandée par elle était exclusivement réservée pour le, grand Congrès syndical, et que seules les menues fournitures de papeterie seraient fournies aux Congrès corporatifs qui pourraient avoir lieu et que la Commission ne pouvait encore connaître.
On insista très vivement et à diverses reprises sur ce point et le texte du vote cité plus haut ne laisse aucun doute.
Pourtant, lorsque des camarades chargés de demander des crédits pour leurs Congrès de corporabon se présentèrent à la Mairie, il leur fut répondu que le crédit affecté à la Commission d'organisation l'avait été parce que celle-ci avait caché la possibilité d'autres demandes.

Des camarades, naïvement, tombèrent dans le piège et certains même s'élevèrent plus que vivement contre la Commission du Congrès général.
Nous n'avons pas l'intention de soupçonner ici la bonne foi du maire, qui nous fit toujours bon accueil, mais en la circonstance, un oubli regrettable des faits faillit amener entre des camarades des divisions et des polémiques qui, certainement, auraient été regrettées par leur auteur involontaire.
II ne peut y avoir doute, ni erreur. Voici-les faits ;
A la Commission des finances, lorsque nous fûmes appelés à fournir la justification de notre devis, M. Lavigne, conseiller municipal du 5e arrondissement, nous posa la question suivante : « Vous demandez 10,000 francs, mais pouvez-vous nous assurer qu'il n'y aura pas d'autres demandes ? » A quoi nous répondimes : « Nous vous assurons, au contraire, qu'il y en aura d'autres pour les Congrès de métiers ou d'industrie » et nous citâmes à ce moment l'Ameublement. M. Lavigne poussa alors cette exclamation : « Voilà la question I »
A la délibération, lorsqu'il fut question de fixer le crédit, M. Marietton, adjoint au maire, proposa d'allouer 9,000 francs en chargeant notre Commission de la répartition d'une somme de 2,000 francs aux divers Congrès.
M. Fagot, conseiller du 6e arrondissement, ouvrier cordonnier, demanda alors qu'on se contente de voter les 7,000 francs pour le grand Congrès et qu'on examinerait ensuite les demandes qui pourraient parvenir, et qu'on affecterait alors les 2,000 francs à celles-ci et davantage -si ce n'était suffisant.
Voila la vérité sur ce point. Nous avons tenu à la dire toute entière, sans passion, ni haine contre quiconque, ne connaissant pas dans nos . luttes économiques la couleur des dirigeants qui, demain, sur le terrain politique, peuvent être nos amis ou nos adversaires.

Cette digression terminée, il nous restait un troisième point, notre demande au ministère.
En 1886, M. Lockroy étant ministre, il fut alloué aux congressistes de Lyon une subvention qui leur permit de rembourser la moitié des frais de voyage à tous les délégués.
Nous avions fait la même demande. Après plusieurs lettres restées sans réponse, après avoir chargé M. Colliard de démarches qu'il ne s'empressa pas beaucoup de faire, après une délégation envoyée à Paris pour traiter ce point, nous avons le regret de déclarer que, malgré. une nouvelle lettre de rappel, nous n'avons même pas pu obtenir une réponse.
Nous n'insisterons pas. On nous accuserait là encore peut-être d'allusions aux idées politiques et nous voulons éviter ces reproches, Les représentants des Syndicats apprécieront.
Mais sur ces entrefaites le Conseil général du Rhône avait subi une sérieuse Modification. La Commission décida de renouveler la demande déjà faite et fut assez heureuse d'obtenir un crédit de 2.000 francs qui n'est pas encore touché, mais sur lequel nous pouvons compter.
Et voilà terminée la grosse question argent.

 

Extrait du Compte Rendu des travaux du Congrès National Corporatif de la Confédération Générale du Travail de 1901.

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Published by Cyril LAZARO - dans cgt
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