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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 19:39
La CGT veut tourner une nouvelle page

 

Les instances de la CGT devraient entériner mardi 6 novembre le choix de Thierry Lepaon pour succéder, en mars, à Bernard Thibault, mettant fin à dix mois de crise.

Le nouveau numéro un devra remettre le syndicat en marche, tant au niveau de l’organisation que des idées.

Cette fois, Bernard Thibault a bien pris soin d’assurer ses arrières. Pour convaincre la fédération des cheminots de voter Thierry Lepaon pour lui succéder à la tête de la CGT en mars prochain, il a évoqué le sujet avec son patron, Gilbert Garrel, lors d’un déjeuner en présence de… Georges Séguy et de Louis Viannet, deux figures historiques du syndicat. 

L’anecdote en dit long sur la volonté du numéro un de la CGT de tourner la page d’une guerre de succession qui dure depuis dix mois. Cette crise, qui avait culminé en mai dernier avec le rejet, inédit, de Nadine Prigent, la favorite de Bernard Thibault, par le comité confédéral national (CCN) de la CGT, sorte de parlement du syndicat, touche à sa fin. 

Aujourd’hui, sauf très grosse surprise, le même CCN devrait voter en faveur de Thierry Lepaon. Déjà, le 16 octobre, la commission exécutive, l’équivalent du gouvernement de la CGT, avait entériné cette candidature. Éric Aubin, autre prétendant à la fonction, avait jeté l’éponge.

Candidat par défaut, peu connu du grand public

Quel patron de la CGT sera Thierry Lepaon à partir de mars 2013 ? Candidat par défaut, peu connu du grand public, l’ancien chaudronnier de Moulinex a pour l’instant simplement déclaré qu’il n’y aurait « pas de rupture » entre lui et son prédécesseur. 

« Thibault a su faire évoluer la CGT vers davantage de négociation sans abandonner l’esprit de lutte. Lepaon se situe sur cette ligne mais il faudra voir comment il l’habitera : entre s’opposer aux réformes, les critiquer mais laisser faire ou les accompagner en faisant des propositions, il y a plusieurs attitudes possibles », décrypte Bernard Vivier, directeur de l’Institut supérieur du travail.

La mobilisation contre la réforme des retraites, réussie dans la rue mais sans débouché sur le fond, a relancé le débat en interne : aurait-on obtenu plus en mobilisant davantage ? Ou en faisant plus de propositions de compromis ? 

Bref, entre le « non » d’opposition incarné par SUD et la volonté de signer de la CFDT, la CGT doit réaffirmer son identité. L’accord sur le contrat de génération, que la CGT s’apprêterait à signer, selon une source interne, la négociation sur la sécurisation de l’emploi, puis la nouvelle réforme des retraites, prévue en 2013, permettront de mesurer ses intentions. 

« Le grand défi sera de tenir cette ligne de crête entre contestation et proposition », confirme l’ancien dirigeant de la CGT Jean-Dominique Simonpoli, aujourd’hui directeur général de Dialogues, une association où se côtoient syndicalistes et DRH.

« Nous devons porter plus fort la parole des salariés »

Mais il faudra pour cela que la CGT, rendue atone par une crise de succession qui a dévoré toute son énergie, reprenne du poil de la bête. « Depuis l’alternance, on n’entend que le patronat. Nous devons porter plus fort la parole des salariés », grommelle un cadre. Premier chantier : rassembler les adversaires d’hier. Pour cela, Thierry Lepaon sera attendu sur le chantier de l’organisation interne. « Au 49e  congrès, Bernard avait affaibli le bureau. Résultat : il a gouverné tout seul avec quelques conseillers », proteste-t-on dans le camp Aubin, qui veut « redonner du poids aux membres élus, pour ne pas se couper du terrain » .

Car l’enjeu le plus important est bien la reconquête du terrain. En créant par exemple à Lyon ou à Chinon des syndicats de site, par opposition aux syndicats concentrés sur une entreprise, la CGT essaie de s’implanter là où elle ne l’est pas. 

Avec de maigres résultats : avec 681 930 adhérents en 2010 (+ 1,7 % par rapport à 2009), dont désormais 57 % dans le privé, mais seulement 7,5 % dans les entreprises de moins de 50 salariés, la CGT a certes stoppé l’érosion, mais elle reste bien loin de l’objectif du million d’adhérents. 

Cependant, avec 33,56 % des voix aux prud’homales de 2008, elle demeure loin devant la CFDT. La prochaine occasion de se mesurer approche : après les élections dans les très petites entreprises, du 28 novembre au 12 décembre, un premier décompte national des élections professionnelles est attendu pour le deuxième semestre 2013.

NATHALIE BIRCHEM Source la-croix.com

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Published by Cyril LAZARO - dans cgt
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