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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 07:10

Les dirigeants d'Euro Disney confiants dans son retour à la rentabilité

Dans une interview croisée aux « Echos », Virginie Calmels, nommée ce mardi présidente du conseil de surveillance d'Euro Disney et Philippe Gas, président du groupe, estiment que le récent refinancement de l'exploitant de Disneyland Paris par le groupe américain Disney témoigne de son engagement sur le long terme.

Virginie Calmels et Philippe Gas - DR
Virginie Calmels et Philippe Gas - DR

Le conseil de surveillance du groupe Euro Disney a porté mardi à sa présidence Virginie Calmels, membre du conseil depuis près de deux ans. La présidente France et directrice générale Monde de la société de production télévisuelle Endemol remplace Antoine Jeancourt-Galignani. Ce dernier avait annoncé sa démission en novembre dernier, considérant qu'il était « temps de passer la main » après vingt-trois années en tant que membre du conseil et dix-sept en tant que président. Dans un entretien aux « Echos », Virginie Calmels explique son rôle. Elle fait également le point, avec le patron opérationnel d'Euro Disney, Philippe Gas, sur l'exploitant de Disneyland Paris, la première destination touristique européenne (16 millions de visiteurs en 2011-2012).

 

Qu'est-ce qui vous a conduit à la présidence du conseil d'Euro Disney ?

Virgine Calmels : Je suis membre du conseil de surveillance depuis près de deux ans. Mon élection, ce jour, en tant que présidente, fait suite à la proposition du comité des nominations et à un vote à l'unanimité des membres du conseil qui y ont vu, j'imagine, une cohérence. Je dirige Endemol, une entreprise internationale d'« entertainment » familial, ce qui n'est pas sans analogie avec Euro Disney, et j'ai une forte culture financière. Je suppose que les membres du conseil ont pensé que je pouvais ainsi apporter quelque chose à l'entreprise ! Je n'ai d'ailleurs pas hésité une seule seconde à accepter cette marque de confiance du conseil car j'éprouve un réel attachement à cette entreprise. Je succède ainsi à monsieur Antoine Jeancourt-Galignani, et j'en profite pour lui rendre hommage.

 

Euro Disney est très lié au groupe Disney et à l'Etat français. Comment définissez-vous votre rôle ?

Virgine Calmels : La Walt Disney Company est un actionnaire essentiel, de référence [avec environ 40 % du capital, NDLR], mais pour autant, il ne faut pas faire abstraction des autres. Mon rôle est précisément de veiller à préserver les intérêts de tous les actionnaires et, plus largement, de garantir le dialogue entre toutes les parties prenantes de l'entreprise. Je continuerai d'ailleurs à organiser les rencontres avec les actionnaires que mon prédécesseur avait initiées. Par ailleurs, au-delà des quatre à cinq réunions du conseil par an, il y aura de ma part un suivi régulier et plus informel de l'activité de l'entreprise, et des échanges probablement hebdomadaires avec Philippe Gas. Je serai bien plus impliquée qu'avant. Mais je tiens à rappeler que le conseil et son président n'ont pas vocation à se substituer au management.

Philippe Gas : En tant que manager, cette relation avec le président du conseil, cette capacité à pouvoir s'expliquer, à être questionné, m'est vraiment précieuse. Ma relation avec Antoine Jeancourt-Galignani a d'ailleurs été privilégiée en la matière. Je ne peux que me réjouir de la cohérence de la nomination de Virginie Calmels, qui nous apportera sa connaissance du consommateur européen notamment.

 

Le refinancement de la dette d'Euro Disney par son actionnaire principal en septembre dernier a encore renforcé les liens entre les deux sociétés. Qu'est-ce-que cela change selon vous ?

Virginie Calmels : Absolument rien du point de vue de la gouvernance. En revanche, cette opération souligne le caractère remarquable de l'engagement de la Walt Disney Company, alors que de nombreux groupes sont confrontés à des problématiques d'endettement sans recevoir nécessairement le même soutien de leurs actionnaires. Disney a accordé pour 1,3 milliard d'euros de prêts à sa filiale européenne et française . La force d'Euro Disney est d'avoir un actionnaire industriel qui s'inscrit dans le long terme. En outre, ce refinancement bénéficie à tous les actionnaires.

Philippe Gas : J'ajoute que ce refinancement nous redonne une capacité d'investissement que nous n'avions plus. Nous avions soixante-cinq banques, aujourd'hui nous avons un seul créancier, le groupe Disney, avec lequel nous avons les mêmes intérêts stratégiques. Or, notre croissance passe par l'amélioration du produit et la satisfaction de la clientèle.

 

Le départ d'Antoine Jeancourt-Galignani était-il lié à cette opération, comme cela a pu être écrit ?

Philippe Gas : Ne dramatisons pas... En 2010, alors qu'il était président du conseil depuis quinze ans, Antoine Jeancourt-Galignani avait exceptionnellement accepté de prolonger son mandat de trois ans en précisant qu'il ne le terminerait pas et souhaitait être remplacé. Ce qui est sûr, c'est qu'il a eu un rôle capital dans cette opération, afin que ses conditions soient les meilleures possibles pour les actionnaires. L'ensemble du conseil l'a ensuite approuvée.

 

La sortie de la Bourse d'Euro Disney n'est-elle pas l'étape suivante ?

Philippe Gas : C'est une question à poser au groupe Disney. Mais, ce n'est vraiment pas le sujet du moment. Le problème était celui de la dette de la société : le refinancement redonne à l'entreprise la flexibilité dont elle a besoin dans son développement... Les petits actionnaires sont par ailleurs attachés à cette marque, à cette relation de proximité avec Disney. N'oublions pas aussi que la cotation d'Euro Disney était à l'origine une demande de l'Etat français.

 

Dans un contexte de crise, comment se sont passées les fêtes de Noël et du Nouvel an, un moment traditionnellement important dans l'activité de l'entreprise ?

Philippe Gas : Je ne peux pas répondre de manière précise car nous allons prochainement publier notre bilan d'activité pour le premier trimestre [l'exercice d'Euro Disney démarre le 1er octobre, NDLR]. Nous sommes toujours portés par l'élan du vingtième anniversaire de Disneyland Paris . La demande est toujours là, en particulier en Grande-Bretagne. A contrario, le marché espagnol reste compliqué. Mais la fin d'année n'est pas une période de visite pour les Espagnols. Le véritable rendez-vous pour l'Espagne aura lieu à partir de la mi-février, début d'un grosse période de réservations par l'intermédiaire de notre partenaire El Corte Inglés.

 

Euro Disney n'a pas gagné d'argent depuis l'exercice 2000-2001. Pouvez-vous prendre un engagement sur un calendrier de retour aux bénéfices ?

Virginie Calmels : La stratégie suivie ces dernières années, ainsi que le refinancement de la dette d'Euro Disney, posent les bases d'une croissance pérenne d'un retour à la rentabilité. Mais, il est difficile de s'engager sur une date précise, compte tenu des nombreux facteurs exogènes dans le secteur du tourisme. Par ailleurs, ce n'est pas le rôle du président du conseil de prendre un tel engagement, mais j'ai confiance dans la stratégie mise en oeuvre pour y parvenir.

 

Quelles sont vos priorités pour l'exercice en cours ?

Philippe Gas : Le retour à une croissance pérenne guide toute notre action, effectivement. Cette année, nous continuons d'investir dans le produit, notamment dans l'hôtellerie. Pour mémoire, nous avons rénové 1.000 chambres au cours des deux dernières années. Nous travaillons aussi à l'augmentation des capacités hôtelières. Nous préparons également le lancement -l'an prochain-d'une attraction majeure sur le deuxième parc, Walt Disney Studios, dont l'extension est l'une de nos priorités. Il y a par ailleurs beaucoup à faire autour du vingtième anniversaire qui continue de susciter une forte demande. Nous l'avons lancé il y a seulement huit mois. Nous allons aussi continuer à nous mobiliser sur les réservations très en amont afin de réduire davantage les promotions de dernières minutes. Cela a bien fonctionné au premier trimestre, notamment en Grande-Bretagne.

Source lesechos.fr

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