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13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 19:15

Chantage à l’emploi et accords piégés : les précédents

http://www.convergencesrevolutionnaires.org/IMG/png/cadences_accords_competitivite.png

Ce type d’accords de Flexibilité / Compétitivité, dont Sevelnord est un des pires exemples, a-t-il jamais sauvegardé le moindre emploi ? Il n’y a qu’à regarder ceux qui ont précédé.

- Renault-Vilvorde (Belgique) : en 1993, les syndicats négocient un plan de flexibilité et d’investissement visant prétendument au maintien de l’emploi. En 1997, Renault annonce la fermeture.

- Sur le site PSA de Ryton en Angleterre, de 4 500 salariés en 2003, il n’en reste plus que 2 300 en 2007. Entre-temps, la direction impose sacrifices sur sacrifices à coup d’accords de flexibilité : baisse de 20 % les salaires, suppression de l’équipe de nuit en 2004 (700 licenciements), de l’équipe VSD en 2005 (850 licenciements). PSA (qui avait touché 20,8 millions d’euros de subventions depuis 2003) annonce la fermeture du site : 2 300 licenciements et suppression de 12 000 emplois induits.

- Bosch à Vénissieux (Rhône) est menacé de fermeture en 2005. Les syndicats signent un accord de réduction des coûts salariaux en échange d’investissements. Après la perte de six jours de RTT, une diminution de la rémunération du travail de nuit et le blocage des salaires durant trois ans, les syndicats obtiennent l’engagement de la direction au maintien et au développement du site. L’accord est renouvelé en 2010, pour l’investissement dans de nouvelles chaînes de montage. 400 postes ont été perdus en cinq ans, soit la moitié de ses effectifs.

- General Motors à Strasbourg (Bas-Rhin) : en juillet 2010, la direction de l’usine veut baisser ses coûts de main-d’œuvre pour une reprise de l’activité. En échange d’un carnet de commandes dont elle prétend qu’il est assuré jusqu’en 2014, elle obtient l’abandon de six jours de RTT sur seize, le gel des salaires durant deux ans et la suppression de la prime d’intéressement jusqu’en 2013. Les salariés se prononcent à 70 % pour. Les syndicats soutiennent le compromis, exceptée la CGT majoritaire sur le site. Aujourd’hui GMS est un des sites menacé de fermeture.

- Goodyear. En 2007, la direction demande des « efforts » sur ses deux usines pour faire face à la crise avec le passage d’équipes des 3×8 aux 4×8. Les 35 heures seront ainsi calculées annuellement. Le PDG s’engage à augmenter ses investissements et à garder les emplois. Si l’accord n’est pas signé, il menace de fermer les deux usines. Ceux du site d’Amiens-Sud acceptent et quatre syndicats signent l’accord début 2009. Les ouvriers d’Amiens-Nord, refusent le chantage à 87 %. La direction tente de fermer le site depuis deux ans. Jeudi 27 septembre, Henry Dumortier, directeur général de Goodyear Dunlop France, déclare que « un retour à un plan social avec licenciements est une option parmi d’autres ».

- Continental à Clairoix (Oise). En 2007, la direction veut baisser de 8 % le coût de sa masse salariale. Le syndicat CFTC, majoritaire, accepte (contre l’avis de la CGT et d’autres syndicats minoritaires) de signer l’accord, qui fait passer le temps de travail de 35 à 40 heures avec une hausse de salaire de 92 euros. Le groupe promet que le site sera maintenu et ses carnets de commandes remplis jusqu’en 2012. Mais, en 2009, la direction annonce la fermeture du site. Les Conti entament la longue lutte que l’on sait, derrière leur porte-parole Xavier Mathieu.

- Peugeot Motocycle (2 sites : Doubs et Haut-Rhin). Le groupe menace de délocalisation. Pour maintenir la « compétitivité » des sites français, la direction propose aux syndicats, en 2008, un accord qui revient sur les 35 heures. Les syndicats acceptent la suppression de la moitié des RTT, et de la totalité du temps de pause, le tout sans compensation salariale. En échange, la direction promet un nouveau modèle de scooter un an plus tard. En 2012, la direction a délocalisé quand même une partie de la production, fermé un site et supprimé des emplois sur l’autre.

Voilà le genre de grande « négociation nationale » à laquelle le gouvernement socialiste appelle les confédérations syndicales, qui s’y prêtent avec complaisance. Mais c’est cela que les travailleurs de toutes les entreprises qui licencient auront raison de refuser, en coordonnant leurs ripostes.

Source convergencesrevolutionnaires.org

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Published by Cyril LAZARO - dans Réflexions
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