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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 17:52

Les jours de Thierry Lepaon à la tête de CGT semblent comptés

Le secrétaire général de la CGT Thierry Lepaon à Bordeeaux, le 9 octobre 2014 Le secrétaire général de la CGT Thierry Lepaon à Bordeeaux, le 9 octobre 2014

 

Les jours de Thierry Lepaon à la tête de la CGT semblent comptés: en pleine tourmente, liée notamment à des indemnités perçues, sa démission est réclamée par une partie de la direction à la veille d'une réunion cruciale de l'exécutif de la centrale vendredi.

La démission du secrétaire général de la CGT, un an et demi après son élection en mars 2013, serait un «coup de tonnerre», et du jamais vu dans ce syndicat, depuis le début du vingtième siècle, selon des experts.

Déjà sur la sellette pour des faux-pas - travaux onéreux réalisés dans son appartement de fonction et dans son bureau - les révélations par l'Express sur les indemnités reçues par M. Lepaon du comité régional CGT de Normandie qu'il dirigeait avant de prendre la tête de la centrale, ont suscité une indignation à tous les étages de la CGT, de la direction aux militants.

«Là c'est très grave. On touche aux valeurs de la CGT, c'est inexplicable, incompréhensible, toute l'organisation demande une réponse forte», a indiqué jeudi un cadre dirigeant.

Selon lui, Thierry Lepaon «a pris la mesure» de l'événement et désormais «tout est envisageable». La crise intervient au plus mauvais moment pour le syndicat qui défend jeudi sa première place chez les fonctionnaires lors des élections professionnelles.

Le numéro un pourrait être amené à annoncer sa démission lors du bureau confédéral (exécutif de dix membres) vendredi matin ou devant la Commission exécutive (exécutif élargi) mardi prochain. Son sort pourrait être scellé lors d'un Comité confédéral national extraordinaire (CCN, «parlement») qui a le pouvoir décisionnel.

Selon Libération jeudi, «il a quasiment tout le bureau contre lui, même ceux qui le soutenaient jusqu'ici l'ont lâché».

«La réunion de vendredi s'annonce tendue, le bureau est assez unanime» pour lui demander des comptes, confirme une source interne alors que, selon la presse, le montant des indemnités perçues serait de l'ordre de 100.000 euros.

A l'issue du précédent bureau mardi, une note de la permanence confédérale avait promis «la transparence complète» sur l'affaire et précisé que la prochaine Commission exécutive prendra «toutes les dispositions nécessaires».

Pour Serge Plechot, secrétaire général de la Fédération de la construction, le constat en interne est qu'«une faute sur nos valeurs» a été commise. «Elle doit être corrigée et il y a des décisions à prendre, elles doivent l'être le plus rapidement possible», a-t-il affirmé.

«Il y a un véritable trouble dans l’esprit des militants et des dirigeants, il y a des choses qui ne passent pas», renchérit une dirigeante CGT qui fait «confiance au débat collectif» de la commission exécutive «pour prendre les meilleures décisions».

 

- «Revenir aux sources sans les apparatchiks» -

 

Le départ du numéro un ouvrirait une nouvelle période d'incertitudes à la CGT qui souffre encore des séquelles de la crise de succession de Bernard Thibault en 2012.

«On trouvera une solution», indique un cadre dirigeant alors que des noms circulent déjà dont celui de Phillipe Martinez, numéro un de la fédération de la métallurgie, évoqué par Libération.

Selon les statuts, la Commission exécutive peut convoquer rapidement le CCN (parlement) qui a le pouvoir de destitution. Un congrès extraordinaire doit être alors réuni.

Une révocation du numéro un serait une première depuis 1909, lorsque «Victor Griffuelhes, secrétaire général depuis 1901, a été contraint à la démission», rappelle Dominique Andolfatto, professeur à l'université de Bourgogne.

Mais «ce n'est pas la première fois que la CGT éprouve des difficultés pour trouver son chef», ajoute ce chercheur qui rappelle la succession «dans des conditions peu claires» de Georges Séguy par Henri Krasucki en 1982.

L'affaire a déclenché des suspicions: «les problèmes de fond ne seront pas résolus par le simple départ de Thierry Lepaon» car «quand quelqu'un a ce type d'avantages, c'est qu'il n'est pas le seul», estime un cadre CGT. Il relève que si le secrétaire général a touché un chèque, «quelqu'un l'a signé», en l’occurrence le comité régional de Normandie.

«C'est tout le syndicalisme qui est à revoir, il faut revenir réellement aux sources, sans les apparatchiks», renchérit la déléguée CGT d'une entreprise de distribution.

Source 20minutes.fr

 

Les premiers faux pas de Thierry Lepaon en Normandie

Appartement et bureau rénovés, indemnités de départ... Les "égarements" du cégétiste ne surprennent qu'à moitié ses anciens collègues de Moulinex.

Chemise blanche, costume noir, Thierry Lepaon, 54 ans, fils de maçon et de cuisinière de lycée, s'est fait connaître comme "le" syndicaliste de Moulinex. Après son embauche comme serrurier en 1983 à l'usine de Cormelles-le-Royal, près de Caen, il s'est rapidement imposé comme leader de la CGT au sein du groupe de petit électroménager français (5 000 salariés, 13 usines en Basse-Normandie).

La montée en puissance de la CGT, qui passe de 15 % à 40 % des voix aux élections professionnelles à Cormelles, se réalise avec la bénédiction de la direction générale de l'entreprise, soucieuse de mettre fin au monopole de la CFDT dans les usines Moulinex. Fin 1979, une grève de quinze jours avait paralysé la production. Alors chef du personnel de Moulinex, l'ancien militaire Alfred Sirven, que l'on retrouvera plus tard chez Elf, avait fait intervenir un commando musclé pour évacuer l'usine.

Et le recrutement, le 3 janvier 1983, de Thierry Lepaon, qui a bénéficié d'une rare et petite prime d'embauche (600 francs pour un salaire de 5 477,16 francs), serait l'un des derniers "coups" d'Alfred Sirven chez Moulinex. D'autant que le nouvel embauché voit son ancienneté prise en compte au 3 octobre 1982. Affichant un an de présence dans l'entreprise, il peut se présenter dès novembre 1983 aux élections professionnelles. Cette bienveillance patronale s'est prolongée : à l'usine de Cormelles, on se souvient des whiskies amicaux entre Thierry Lepaon et Pierre Blayau, P-DG de Moulinex de 1996 à 2000, dans les locaux de la CGT, et même du cadeau offert par le patron lors de la naissance de la fille du syndicaliste.

Signe de pouvoir

Quels rapports le cégétiste entretient-il avec sa base ? Lors de la négociation annuelle sur les salaires, il évoque "ses boeufs qui ne sont pas d'accord avec la direction". Pour autant, il s'impose parmi le personnel. "Des syndiqués de base se pressaient pour garer sa voiture lorsqu'il arrivait", assure une ouvrière.

L'automobile constitue d'ailleurs un signe de pouvoir : devenu délégué central CGT, Thierry Lepaon se rend aux réunions parisiennes dans sa voiture alors conduite par un militant volontaire. Le syndicaliste, également adhérent du parti communiste, s'est rendu aux obsèques de Georges Marchais, ancien secrétaire général du PCF, en novembre 1997 en région parisienne, dans une voiture de location avec chauffeur. Des élus du comité d'entreprise de l'usine de Cormelles-le-Royal, qui avec prudence souhaitent conserver l'anonymat, assurent que ce même comité d'entreprise aurait réglé la location de la limousine.

"Thierry Lepaon a toujours rêvé d'être cadre sup. Il s'est trompé de syndicat : il était plus fait pour la CGC que la CGT", témoigne un ancien militant de Caen. Présidente d'une association d'anciens de Moulinex, Maguy Lalizel ajoute en 2012 au micro de France 3 Basse Normandie : "Thierry Lepaon, c'est comment je me fais voir, comment me placer. Avec une seule préoccupation : où sont mes propres intérêts ? Loin de l'intérêt collectif."

Source lepoint.fr

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Published by Cyril LAZARO - dans cgt
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