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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 19:15

Les ex-Lejaby mettent en cause les banques dans leur faillite

"Les Atelières", une coopérative d'ex-ouvrières du fabricant de lingerie Lejaby, vont se placer en liquidation judiciaire à la fin de cette semaine. Les commandes sont au rendez-vous, mais la frilosité des banques a provoqué l'arrêt des machines.

Les Atelières vont mettre la clé sous la porte. Vendredi 7 mars, Muriel Pernin, la présidente fondatrice de la coopérative d'intérêt collectif (SCIC) va demander son placement en liquidation judiciaire auprès du tribunal de commerce de Lyon.

Ce petit atelier, implanté à Villeurbanne, dans le Rhône, a une certaine notoriété. Il a été créé il y a deux ans par cinq ouvrières licenciées par Lejaby. Leur volonté était de faire perdurer le savoir-faire français dans la corseterie haut de gamme. Mais aussi de créer des emplois : les Atelières comptent 30 salariés.

Et les clients sont là : Philippe Solze, directeur administratif et financier des Atelières, reconnaît avoir déjà reçu des commandes de 14 à 15.000 pièces depuis le début de l'année, pour un total de 35.000 pièces prévues dans l'année. Et l'atelier compte parmi ses clients la maison Lejaby, reprise par Alain Prost lors de sa liquidation judiciaire en 2011. 

La BPI mise en cause

Mais le financement ne suit pas. Muriel Pernin voulait récolter 500.000 euros pour sauver sa société, via un fonds de revitalisation. Peine perdue, l’argent n’est jamais arrivé.

La faute surtout à des banques frileuses, qui n’ont validé aucun prêt. Dans son viseur, aussi, la Banque Populaire d’investissement (BPI), qui soutient financièrement l’innovation technique, et non la création de nouveaux modèle d’organisation et de production.

"Les banques sont plus fortes que la République, ce sont elles qui décident d'exécuter des PME et des chefs d'entreprise tous les jours", regrette Muriel Pernin. Mais elle garde l'espoir d'un rebondissement de dernière minute qui lui permettrait de relancer l'atelier.

Source bfmtv.com

 

Espoir des ex-Lejaby pour sauver leur "vraie" production française

Le carnet de commandes est plein, les machines à coudre tournent, les couturières continuent leur ouvrage: à Villeurbanne, les "Atelières" dont une poignée d'ex-Lejaby, sont hébétées à l'idée de devoir fermer, juste par manque de financement des banques.
Dans leur usine aux murs blancs, discrètement installée au fond d'une cour à Villeurbanne, près de Lyon, un calme studieux règne mardi matin, hormis le bruit de fond des machines à coudre.

Comme si de rien n'était ou presque, les couturières travaillent, ici la dentelle, là sur le patron d'un futur maillot de bain. Des jeunes femmes, ciseaux à la main, naviguent d'un poste à l'autre, la règle d'or étant la polyvalence. Un "atout" indéniable pour être réactif et assurer les commandes de lingerie haut de gamme, souligne Micheline Rodriguez, formatrice aux Atelières, passée par de grandes maisons de couture en France et à l'étranger.

Mais, ajoute Micheline, "C'est du gâchis, voilà. On y croyait, on espérait et on a été trompés parce qu'on a pas été soutenus".

L'annonce, la veille, par leur patronne de devoir demander la liquidation de cette société coopérative d'intérêt collectif (SCIC), née il y a un peu plus d'un an, a été un choc. La SCIC compte 30 salariés dont 5 ex-Lejaby.

"Je suis une ex-Lejaby, ici depuis le début de l'aventure. Après mon licenciement de Lejaby, Muriel Pernin (fondatrice des Atelières, ndlr) a tout fait pour sauver notre emploi, et malheureusement, aujourd'hui...", soupire, les larmes aux yeux, Jacqueline, 50 ans.

A ses côtés, Kim 24 ans, coupe des prototypes de maillots de bains, que sa collègue Gladys va ensuite monter. L'entreprise "privilégie les fournisseurs français et la proximité avec les clients", explique-telle.

L'annonce de la liquidation a été "vraiment un gros coup. On n'avait plus trop de motivation pour travailler mais, ce matin, on relativise. On est pas à l'abri d'un miracle!", ajoute la jolie brune.

- "Fumisterie" -

"Je ne veux plus que nous nous battions tout seuls comme une sorte d'icône française du courage. Est-ce que l'Etat a envie que la filière corsetière existe en France ?", enrage Muriel Pernin, présidente et fondatrice des Atelières.

Elle estime que la filière de la lingerie haut de gamme est "anéantie" par la délocalisation. "Cela fait trente ans que les marques travaillent avec des ateliers au Maghreb ou en Asie, elles ne savent plus du tout ce que c'est une relation humaine avec les ateliers. Est-ce qu'elles ont envie de faire de la fabrication française ?", interroge cette femme, en larmes devant des caméras de télévision. "Le +made in France+ est la plus grande fumisterie qui soit", lance-t-elle furieuse.

Elle dénonce aussi l'attitude des banques qui ont refusé de les financer via un fonds de revitalisation de près de 600.000 euros, pourtant monté par le préfet du Rhône, Jean-François Carenco. "Et aujourd’hui les banques nous exécutent avec de l'argent qui ne leur appartient pas!", ajoute Muriel Pernin.

Une absence de soutien fatale, alors que depuis le début de l'année, soit en deux mois, explique Philippe Solze, directeur administratif et financier, la société coopérative a déjà reçu des commandes de 14 à 15.000 pièces, pour un total de 35.000 pièces prévues dans l'année.

"On peut pas lâcher, on mobilise nos dernières énergies cette semaine en allant devant le tribunal de commerce", assure M. Solze.

Ironie du sort, parmi les clients des Atelières figurent Courrèges et... Lejaby, qui défile en ce moment sur les podiums parisiens. Cette marque, qui ne perd plus d'argent, emploie quelque 200 personnes et en a récemment embauché treize pour perpétuer "le savoir faire des couturières-corsetières".

"Si Maison Lejaby est une entreprise indépendante des Atelières, la fin de leur aventure est une triste nouvelle", a d'ailleurs réagi dans un communiqué la société Lejaby, reprise en 2012 par l'homme d'affaires Alain Prost.

Lejaby, qui passe "des commandes régulières" aux Atelières, se désole de perdre "un partenaire précieux, ancré dans sa stratégie industrielle du Made in France et dans sa volonté de promouvoir un savoir-faire français d’exception".

Source news.fr.msn.com

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Published by Cyril LAZARO - dans politique générale
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