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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 17:50

Une négociation sensible qui ouvre une année charnière pour les syndicats

La réforme de la représentativité va entrer en vigueur au printemps. Les nouveaux leaders CFDT et CGT sont attendus au tournant.

Ils jouent gros. L'année qui s'ouvre s'annonce cruciale pour les syndicats sur de nombreux tableaux. A commencer par celui de leur avenir : au printemps, le gouvernement doit publier l'audience nationale de chaque organisation. En vertu de la réforme de la représentativité adoptée en 2008, seules celles dépassant la barre de 8 % des voix aux élections professionnelles sur le cycle 2009-2012 seront autorisées à négocier au niveau interprofessionnel et dans les branches.

La CGT, la CFDT et FO passeront aisément ce cap et la CGC (cadres) est protégée par son statut catégoriel. Mais quatre-vingt-quatorze ans après sa création, la CFTC est clairement menacée de disparaître et se prépare à une guérilla juridique contre la réforme. L'Unsa, elle, devra patienter avant d'espérer gagner sa place à la table des négociations : en dépit de son dynamisme, sa quasi-absence dans le BTP est rédhibitoire, cette branche faisant partie de celles où la loi impose d'être représentatif pour prétendre le devenir au niveau national.

Si la réforme ne promet donc pas de gros bouleversements immédiats, elle pourrait relancer des projets de fusion et marquer un premier pas vers la bipolarisation du paysage syndical, objectif en filigrane de la loi de 2008. Selon leurs résultats, la CFTC, qui a jusqu'ici repoussé les approches de la CFDT et de FO, et l'Unsa, dont le projet d'union avec la CGC a capoté en 2009, pourraient décider de relancer les réflexions sur d'éventuels rapprochements avec d'autres syndicats.

Ce sentiment de page qui se tourne et de nouveau départ est accentué par une vague de renouvellement à la tête des centrales. Laurent Berger a pris la tête de la CFDT fin novembre et Thierry Lepaon prendra les rênes de la CGT en mars. Ce n'est a priori pas une bonne nouvelle pour François Hollande : en dépit de la proximité de sa centrale avec le gouvernement, Laurent Berger, soucieux d'imprimer sa marque pugnace, n'est pas enclin à lui faire de cadeaux. Thierry Lepaon, lui, devrait continuer à durcir le ton, comme le fait déjà depuis plusieurs semaines Bernard Thibault, pour s'affirmer publiquement et ressouder une CGT meurtrie par la guerre interne engendrée par la course à la succession.

Du changement pourrait aussi intervenir à la CGC où la numéro deux, Carole Couvert, défiera l'actuel président, Bernard Van Craeynest, lors du congrès du syndicat en avril, dans un climat interne si tendu qu'une explosion de la centrale n'est pas à exclure.

Les syndicats, et le patronat, jouent enfin gros dans le cadre des très difficiles négociations sur la sécurisation de l'emploi (lire ci-dessus). Un accord conforterait le gouvernement dans sa volonté de replacer le dialogue social au coeur des réformes, renforçant ainsi le poids des partenaires sociaux. A l'opposé, un échec soulignerait cruellement leur incapacité à être force de proposition et de modernisation face à la crise et contribuerait à accentuer auprès des Français leur image d'organisations menacées par l'obsolescence.

Derek Perrotte, Source lesechos.fr

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Published by Cyril LAZARO - dans Réflexions
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