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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 20:40

Harcèlement sexuel, racket, au nom d'un syndicat, pressions pour étouffer les affaires : scandale à la gare du Nord

Des plaintes sont déposées pour harcèlement sexuel, racket et escroquerie, à l'encontre d'un chef d'équipe  d'une société de nettoyage des trains, mais aussi un ex- représentant syndical.

Il a fallu des mois pour que l'affaire, révélée par l'Express.fr, sorte au grand jour. Les salariés concernés, femmes et hommes, ont eu beaucoup de mal à se faire entendre de leur employeur, la société H. Reinier, société de nettoyage, filiale du groupe Onet, et sous traitant de la SNCF pour le nettoyage des trains.

Ce sont d'abord trois femmes qui ont porté plainte pour harcèlement sexuel contre leur chef d'équipe. Ce dernier se serait livré à des attouchements fréquents sur ces femmes, accompagnés d'insultes.
Une première démarche, déja pas facile, mais lors de laquelle ces femmes s'aperçoivent que le responsable d'équipe est "soutenu" et même "protégé" par un délégué syndical, sous l'étiquette " Sud-Rail ".
Et ce délégué syndical est également bien connu dans l'entreprise pour des pratiques de racket, d'extorsion de fonds auprès d'employés de la société pour obtenir ou conserver un emploi. Selon l(Express, cet homme réclamait 100 euros pour l'obtention d'un CDD, et 2000 euros pour un CDI!!! Et ce délégué décidement escroc, empochait directement et pour lui même, les cotisations syndicales des adhérents, sans les reverser au syndicat "Sud-Rail". Plusieurs plaintes ont été déposées à l'encontre de cet homme sans scrupules. Et le syndicat "Sud-Rail" l'a exclu de ses rangs... qu'à cela ne tienne: il est immédiatement devenu délégué Force Ouvrière, retrouvant ainsi un mandat de salarié protégé.

La "bienveillance" de la société de nettoyage à l'égard de ce délégué syndical est largement dénoncée aujourd'hui. Plusieurs salariés qui avaient tenté de mettre ses pratiques en lumière auprès de la direction avaient immédiatement été réduits au silence.

Pour l'instant, bien sûr, chacun nie tout dans cette affaire assez nauséabonde.

Source paris-ile-de-france.france3.fr

 

Scandale syndical à gare du Nord: des plaintes pour racket et harcèlement sexuel

Des plaintes pour escroquerie et harcèlement sexuel visent un ex-délégué Sud-Rail d'une société de nettoyage des trains à Paris et l'un de ses soutiens. Révélations.

Sa voix déborde d'émotion lorsque cette Algérienne de 44 ans témoigne de ce qu'elle subissait, le samedi matin, quand elle travaillait, gare du Nord, à l'entretien des TGV ou des Thalys. "Un jour, Mourad (*) a pris ma main pour y introduire son doigt plein de crachat en simulant un coït. Lorsque je me suis baissée pour nettoyer les toilettes, il m'a attrapée par la taille et a frotté son bas-ventre sur mes fesses, puis il s'est caressé devant moi en hurlant comme s'il avait un orgasme. "Halima, elle, affirme avoir vu ce même collègue toucher les seins ou les fesses d'autres salariées. Quant à Boussaïna, elle assure l'avoir entendu crier: "Les femmes du nettoyage, c'est toutes des putes!" 

Le 12 décembre dernier, Kheïla, Halima et Boussaïna (*) se sont rendues ensemble au commissariat du Xe arrondissement de Paris, où elles ont porté plainte pour harcèlement sexuel ou moral. Depuis quelques jours déjà, l'affaire faisait grand bruit dans les coulisses de la gare. Avant tout parmi les employés de la société H. Reinier (3000 salariés), filiale du groupe Onet et sous-traitant de la SNCF pour le nettoyage des trains, mais également auprès des cheminots, qui ont fini par en être informés. 

 

Les femmes du nettoyage,c'est toutes des putes! 

 

Il a fallu des mois pour que le scandale, révélé ici par L'Express, s'ébruite. Les femmes concernées affirment en effet avoir éprouvé bien des difficultés à se faire entendre de leur employeur, l'agence parisienne de H. Reinier (250 salariés). Elles ne pouvaient pas non plus compter sur la section locale de leur syndicat, Sud-Rail, majoritaire au sein de l'agence: son délégué, Ahmed Essadek, soutenait le chef d'équipe accusé de harcèlement! Le 3 décembre dernier, Kheïla, Halima et Boussaïna ont donc commencé par s'adresser à l'Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT). Sa déléguée générale, Marilyn Baldeck, se souvient les avoir vues "très émues, très éprouvées et régulièrement en larmes pendant un entretien de plusieurs heures". Avant cette rencontre, elle n'imaginait pas une affaire d'une telle ampleur. "Parallèlement au harcèlement sexuel, des faits très graves de racket étaient dénoncés", précise-t-elle. 

100 euros en liquide pour un CDD

Au moins une dizaine d'employés de H. Reinier disent avoir dû remettre à Ahmed Essadek, le délégué Sud-Rail, des sommes en liquide afin d'obtenir ou de conserver un emploi: de 100 euros par mois, pour des contrats à durée déterminée (CDD), à 2000 euros, pour une titula- risation en contrat à durée indéterminée (CDI). En mars, mai et juillet 2012, cinq plaintes pour escroquerie ont été déposées en Seine-Saint-Denis ou dans l'Essonne. Sur procès-verbal, un Marocain de 28 ans a raconté avoir été recruté sur le marché de Bondy (Seine-Saint-Denis) par Essadek lui-même, auquel il aurait remis 100 euros en liquide pour décrocher un CDD. "Ahmed Essadek m'a dit: "Pas d'argent, pas de travail", a pour sa part déclaré un autre plaignant, prénommé Mohamed. Ayant refusé de lui donner ce qu'il me demandait, je n'ai plus obtenu de CDD." 

Mohamed, comme ses collègues féminines, a eu du mal à se faire entendre avant de porter plainte. Ainsi, en janvier 2012, il écrit à la direction nationale de H. Reinier, à Marseille. Pour toute réponse, on l'oriente vers le directeur de l'agence parisienne, Boris Galindo. Ce dernier lui donne rendez-vous non pas à son bureau, mais dans un hôtel, porte d'Italie. "Il m'a proposé du travail contre mon silence, accuse Mohamed sur procès-verbal. Je lui ai répondu qu'il n'en était pas question s'il laissait Essadek continuer son trafic." Interrogé par L'Express sur ces accusations, Boris Galindo, ancien militaire de carrière, s'offusque: "Je ne mange pas de ce pain-là, c'est de la calomnie! Avec la responsable régionale des ressources humaines, nous lui avons proposé une rencontre discrète afin qu'il puisse se sentir libre de parler." 

Mohamed, lui, n'a pas eu le sentiment d'être pris au sérieux. La direction d'H. Reinier serait-elle trop flexible avec Essadek, leader syndical atypique qui compte parmi ses adhérents 20 délégués du personnel et membres du comité d'établissement sur 24? Un constat s'impose: hommes ou femmes, ses détracteurs ont eu maille à partir, à un moment ou à un autre, avec la direction. A commencer par Rachid Lakhal, un cariste, élu CFDT, qui, dès le début de l'hiver 2012, dénonçait une forme de racket. En septembre dernier, ce Français d'origine marocaine, devenu dépressif, distribue dans la gare un tract accusateur et menace de s'immoler avec une bouteille d'essence. Réaction de la hiérarchie: cinq jours de mise à pied pour avoir mis en danger les voyageurs. "Je ne pouvais le laisser agir ainsi, explique Boris Galindo. Je lui ai conseillé de prendre contact avec notre cellule d'assistance psychologique, ce qu'il n'a pas fait." 

Kheïla, l'une des femmes qui se plaignent de harcèlement, s'est trouvée dans une situation analogue. Après avoir alerté sa hiérarchie, elle a été convoquée, le 20 décembre, à un entretien préalable à une éventuelle "mesure de sanction disciplinaire". Boris Galindo lui reprochait de s'autoproclamer porte-parole de victimes sans leur demander leur avis. Elle est pourtant sortie du bureau sans être sanctionnée. Probablement parce qu'elle s'est présentée avec 12 cheminots aguerris de Sud-Rail, extérieurs à l'entreprise H. Reinier. "Nous avons dit à Galindo qu'il était aberrant de lui reprocher de signaler d'autres victimes, raconte l'un d'eux. Et que nous pourrions déclencher, au niveau de la SNCF, une grève de soutien aux femmes harcelées dans son entreprise." A l'évidence, l'argument a porté... 

Son mandat de délégué lui a été retiré

Sur le front syndical, la donne a donc changé ces derniers temps. A la suite des signalements de l'AVFT, et des premiers remous, le conseil syndical régional Sud-Rail Paris-Nord a auditionné, le 11 dé- cembre, 15 des victimes supposées, qu'il s'agisse de cas de harcèlement ou de racket. Les cheminots disent avoir été "effarés" par ce qu'ils ont alors entendu. Pour Ahmed Essadek, la sanction est tombée aussitôt: son mandat de délégué lui a été retiré; l'ensemble de la section Sud-Rail de H. Reinier a été dissoute.  

Qu'à cela ne tienne, il n'a falluque quelques jours à l'intéressé pour retrouver un statut de salarié protégé, cette fois sous l'étiquette... Force ouvrière! Sollicité par L'Express, il se dit victime d'une cabale: "Je n'ai jamais fait de racket, et les accusations contre Mourad sont mensongères. "Ce dernier, également sollicité, n'a pas donné suite à notre appel. Côté Sud-Rail, l'affaire ne devrait pas en rester là, puisque le syndicat, qui affirme disposer de preuves solides, soupçonne aussi un détournement de cotisations, exigées en liquide, évalué à plus de 3000 euros. Cette fois encore, Essadek conteste les faits, en précisant qu'il n'était pas chargé de la collecte. 

L'offensive de la direction de Sud-Rail contre son ancien délégué et aux côtés des victimes sera-t-elle de nature à modifier l'attitude de la direction de H. Reinier? Au printemps dernier, celle-ci s'était contentée d'auditionner Lakhal, le cariste CFDT, puis Essadek, le second accusant le premier "de pousser les salariés à faire de faux témoignages". "Pour nous, l'extorsion de fonds n'est pas prouvée, mais nous nous plierons aux décisions judiciaires, prévient Boris Galindo. Cette affaire à la fois complexe et nauséabonde m'a particulièrement affecté. "L'enquête de l'inspection du travail a dû se conclure, elle, par une forte suspicion délictuelle puisqu'à l'automne dernier son directeur départemental a transmis son rapport au procureur de Bobigny. La justice, également saisie à Paris, devrait se prononcer bientôt sur les suites qu'elle entend donner. 

(*) Les prénoms ont été modifiés.

Source lexpress.fr

 

Communique_de_presse_SUD-Rail.jpg

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Published by Cyril LAZARO - dans Réflexions
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Anonyme Patricia 10/01/2013 23:06


Sud s'est bien comporté en retirant son mandat à ce monsieur. C'est digne et courageux car ils ont aussi accepté de dissoudre la section et donc de perdre toute la visibilité qui intéresse tant
les syndicats.


Quant à FO, cette organisation récupère après la CSL (un syndicat d'extreme droite) toutes les poubelles. C'est d'une logique imparable et cohérente. Ce monsieur est très bien dans ce type de
syndicat ! Que l'on ne s'avise pas à salir les véritables organisations syndiclaes comme sud ou la cgt...

Cyril LAZARO 11/01/2013 07:24



Je ne connais pas les éléments du dossier, mais à mon avis, si cela est accablant, Sud n'avait pas d'autre choix que d'agir ainsi. Ne serait-ce que pour devancer le scandale.


Il n'empêche qu'il y a du y avoir des remontées bien en amont, et que cela a mis bien du temps avant de voir des réactions...


Amitiés



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