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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 17:56

PSA Aulnay : Lutte ouvrière à la manoeuvre

Jean-Pierre Mercier lors de l'occupation du siège de l'UIMM.

 

Depuis que la direction de PSA à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a officialisé, en juillet 2012, sa volonté de fermer l'usine, Jean-Pierre Mercier ne lâche rien. Lundi 18 mars, le délégué syndical CGT a mené la fronde contre le plan de sauvegarde de l'emploi proposé par la direction et approuvé par une majorité de syndicats, hormis le sien et la CFDT. Dix jours plus tôt, il était parmi les grévistes qui ont occupé le siège parisien de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM). Formules chocs et actions coup de poing : Jean-Pierre Mercier promet de se battre "jusqu'au bout".

Avant lui, Roland Szpirko, leader des ouvriers de l'équipementier automobile Chausson dans l'Oise, avait utilisé des méthodes similaires pour décrocher au final des conditions de départ très avantageuses au bout d'un conflit de près trois ans, entre 1993 et 1996. C'est d'ailleurs lui que les "Conti" étaient allés chercher pour les conseiller. La ressemblance n'a rien de fortuite : MM. Mercier et Szpirko sont militants de Lutte ouvrière et conseillers municipaux - le premier à Bagnolet (Seine-Saint-Denis), le second à Creil (Oise).

"Militants extrêmement dévoués"

Depuis près de soixante ans, la stratégie du parti trotskiste, qui revendique 8000 adhérents, n'a guère changé. C'est au sein des entreprises que LO cherche à s'implanter. Un rapide tour de la liste des ses porte-parole régionaux confirme l'ancrage industriel. Le secteur automobile est particulièrement bien représenté (PSA, Renault, Toyota) mais on retrouve aussi des militants de LO à La Poste, à la SNCF ou dans le secteur bancaire - Arlette Laguiller travaillait au Crédit Lyonnais. Le parti tente aussi de s'ancrer dans les hôpitaux. "Dans les villes  moyennes, c'est quasiment devenu la plus grosse usine", confie Nathalie Arthaud, l'ex-candidate à la présidentielle qui a obtenu 0,56 % des voix.

"Ce sont des militants extrêmement dévoués", reconnaît Eric Corbeaux, chargé des "lieux de travail" au Parti communiste. Quand des membres de Lutte ouvrière sont présents dans une usine, on voit fleurir des "bulletins d'entreprise". Distribués tous les quinze jours, ces tracts présentent au recto un éditorial national et au verso des informations propres à chaque entreprise. Il en existe plus de 300, selon Mme Arthaud. "C'est primordial, souligne M. Mercier. Ca permet voir comment nos idées sont reçues." Leurs idées ? Interdiction des licenciements, indexation des salaires sur les prix ou encore contrôle des salariés sur les comptes des entreprises.

"Fiefs locaux"

Malgré ce travail de fourmi, les effectifs de LO dans les entreprises restent limités. Avec une petite vingtaine de militants, notamment à la tête de la CGT du site, PSA-Aulnay fait figure d'exception. Mais la stratégie du parti demeure la même. Il encourage ses adhérents à occuper des postes de délégués du personnel ou de délégués syndicaux. Le plus souvent à la CGT, le syndicat "le plus combatif", selon Mme Arthaud.

Etre actif au sein du syndicat n'est pas pour LO une fin en soi mais un moyen d'organiser les salariés. Pour Thierry Choffat, professeur en sciences politiques à l'université de Lorraine, "le but est d'avoir des fiefs locaux pour être présents au moment où il y a aura un conflit dans l'entreprise". Dès que c'est le cas, un "comité de lutte" est mis en place dont les travailleurs sont censés être moteurs. "Ce n'est pas aux responsables syndicaux de décider à la place des grévistes", juge Mme Arthaud.

Les conflits menés par des militants de LO sont-ils pour autant plus musclés ? "Quand on est responsable syndical, il faut créer un rapport de force mais aussi donner des suites en ouvrant des négociations, considère Didier Le Reste, ancien leader cheminot de la CGT, encarté au PCF. Les militants de LO, eux, ont tendance à maintenir les salariés dans la colère et l'exaspération." Mi-février, la direction et le syndicat maison de PSA à Aulnay, le SIA, ont dénoncé une "montée de violence" sur le site. En octobre, un cadre de l'usine avait été retenu plusieurs heures par des salariés.

Mais à LO, on se défend de toute radicalité excessive. "La violence est avant tout du côté des patrons, souligne M. Mercier. Faire brûler un pneu, ça devient un summum au niveau médiatique mais quand il y a des luttes, il faut les mettre en valeur." Pour lui, séquestrer un patron ou poser des bonbonnes de gaz n'est cependant pas une solution. "C'est une preuve de faiblesse, affirme-t-il. Ca veut dire qu'on est mal barré dans la lutte." " Je n'appelle pas ça de la violence, estime de son côté Mme Arthaud. Je comprends que les gens expriment leur colère quand ils n'en peuvent plus."

Source http://gauche.blog.lemonde.fr


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Published by Cyril LAZARO - dans politique générale
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