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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 18:22

Sapin : les syndicats lui disent merci !

À partir de 2015, les organisations syndicales et patronales vont être financées grâce à de l'argent public, en plus de tout le reste...

Les pouvoirs publics vont verser plus de 30 millions d'euros aux syndicats. Les pouvoirs publics vont verser plus de 30 millions d'euros aux syndicats

 

À partir de 2015, l'État va ajouter une nouvelle ligne à ses dépenses : le financement des organisations syndicales et patronales. Eh oui ! Incroyable, mais vrai : en période de prétendues économies budgétaires, les pouvoirs publics vont, pour la première fois, verser plus de 30 millions d'euros à des syndicats qui, de plus en plus, ne représentent plus qu'eux-mêmes. C'est Michel Sapin qui l'a voulu ainsi, quand il était encore ministre du Travail, au nom de la "transparence".

En vérité, il a accouché d'une usine à gaz plus coûteuse que par le passé, et dans laquelle, il l'a assuré, "il n'y aura pas de perdants". Autrement dit, même ceux qui connaissent une hémorragie de leurs adhérents, ou qui ne font rien pour en attirer de nouveaux, ne verront pas leurs moyens baisser.

Une nouvelle ligne de cotisations sur les fiches de paie

Jusqu'au 31 décembre 2014, c'est sur l'argent de la formation professionnelle que se servaient la CGT, la CFDT, FO, la CGC, la CFTC mais aussi le Medef ou la CGPME. Rien d'illégal à cela : c'est inscrit dans le Code du travail. En gros, le dispositif, en vigueur depuis longtemps, rapporte chaque année 70 millions d'euros en moyenne. À partir du 1er janvier 2015, c'est fini. Les salariés verront apparaître sur leurs fiches de paie une nouvelle ligne de cotisations patronales. Son nom est encore à l'étude. Mais son taux est fixé : 0,014 %. Elle doit rapporter, selon les estimations, environ 75 millions d'euros par an. Une note interne au Medef évalue le total à 107,6 millions d'euros pour 2015, dont 32,6 millions de subventions publiques. Ces dernières serviront à financer "la participation aux politiques publiques" et surtout "la formation économique, sociale et syndicale des représentants des syndicats de salariés".

Évidemment, c'est promis juré : les pouvoirs publics surveilleront de près l'emploi de cet argent. Pour gérer cette manne, une nouvelle instance paritaire est créée, où seront représentés tous les bénéficiaires mais aussi l'État, par le truchement d'un commissaire du gouvernement. Si celui-ci, par extraordinaire, prend sa mission au sérieux et choisit d'exercer un contrôle rigoureux, on peut d'avance lui souhaiter bonne chance.

Source lepoint.fr

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Published by Cyril LAZARO - dans Pensée du jour
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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 18:20

Bureau rénové de Lepaon : Berger, patron de la CFDT, passe la deuxième couche

Laurent Berger (CFDT) et Thierry Lepaon (CGT)

Laurent Berger (CFDT) et Thierry Lepaon (CGT)

Les affres de la CGT «ne le regardent pas». Laurent Berger, numéro un de la CFDT, a quand même adressé ce mercredi matin sur Europe 1 une pique à son homologue cégétiste Thierry Lepaon, empêtré dans une nouvelle affaire de dépenses disproportionnées, cette fois au siège du syndicat, à Montreuil (Seine-Saint-Denis).

Le Canard Enchaîné révèle ce jour que le syndicat a déboursé 62 000 euros pour rénover le bureau de 50 m2 de son secrétaire général , un an après qu'il a succédé à . Rien que pour le remplacement du mobilier, 21 000 euros ont été facturé. L'hebdomadaire avait déjà révélé le mois dernier que la CGT avait dépensé 105 000 euros pour rénover l'appartement de fonction du même Thierry Lepaon, aux abords du bois de Vincennes, ce qui avait suscité une vague d'indignation.

«Je n'ai pas changé de bureau», a malicieusement commenté Laurent Berger, qui a succédé à Laurent Chèrèque à la tête de la CFDT il y a deux ans. «Je n'y suis pas beaucoup, je suis beaucoup sur le terrain avec les militants et les salariés». 

CGTet CFDT s'affrontent dans les urnes

Ce commentaire aigre-doux est lancé au moment où CFDT et CGT s'affrontent dans les urnes. Vendredi dernier, la CGT a été détrônée chez Orange par... la CFDT. Du jamais vu dans l'histoire de l'entreprise. La centrale a perdu sa première place, chutant de trois points à un peu moins de 20% contre plus de 30% il y a dix ans. C'est le troisième scrutin d'ampleur où la centrale a récemment perdu des plumes, après EDF (près de 4 points perdus) et la SNCF (-1,69%). En attendant un nouveau revers dans la fonction publique? 

Les yeux sont braqués sur le scrutin du 4 décembre, lors duquel 5 millions de fonctionnaires sont appelés à voter. La CGT est aujourd'hui en tête (25,4% des voix) avec plus de 6 points d'avance devant la CFDT. Ses bastions sont la fonction publique Territoriale (FPT) et l'Hospitalière (FPH), mais à l'Etat, qui compte bien plus de cadres (53%, en catégorie A), le syndicat n'est que troisième derrière FO et la FSU. Autre défi la semaine prochaine: les élections à La Poste, où le syndicat est aussi en tête.

 

 

Source leparisien.fr

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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 18:11

Médecine du travail : les syndicats «atterrés» par les projets du gouvernement

La médecine du travail est en grand danger et avec elle la santé de tous les salariés: c’est en substance le message qu’ont fait passer mercredi cinq syndicats en réaction aux projets de «simplification» du gouvernement via la loi Macron.

Fin octobre, l’exécutif a présenté 50 nouvelles mesures destinées à simplifier l’activité des entreprises face à la lourdeur administrative. L’une d’elle entend revoir la notion d’inaptitude et une autre simplifier les règles concernant les visites médicales des salariés au motif que «la visite médicale obligatoire n’est réalisée que dans 15% des cas» du fait notamment d’un manque d’effectifs médicaux.

Le projet de loi Macron, qui doit être présenté en conseil des ministres le 10 décembre, prévoit d’autoriser le gouvernement à procéder sur ce sujet par ordonnance.

Réunis en intersyndicale à la Bourse du Travail mercredi soir, la CFE-CGC, la CFTC, FO, la CGT et le SNPST ont vivement dénoncé ce projet.

«Face à la violence des mesures qui sont annoncées, un certain front syndical s’est constitué», a relevé Bernard Salengro (CFE-CGC). «On va espacer la possibilité pour les médecins de rencontrer les salariés et d’avoir leur vécu», redoute le médecin du travail. «Nous sommes inquiets pour la protection des salariés».

Martine Keryer, secrétaire nationale du syndicat en charge des conditions de travail a indiqué que les syndicats avaient été «atterrés» en découvrant les intentions du gouvernement.

Pour Jean-Michel Sterdyniak (SNPST), ces mesures sont «profondément déstabilisantes» et annoncées «sans concertation alors qu’elles concernent des millions de personnes».

«Elles sont mises sur le même plan que la possibilité de faire des télés sans prise Péritel ou la possibilité de mettre des WC où l’on veut chez soi», s’est-il offusqué, y voyant «une forme de mépris de la santé au travail».

«Ces mesures, si elles étaient mises en oeuvre constitueraient une atteinte aux droits des salariés», a-t-il affirmé, sa collègue de la CGT dénonçant elle aussi des dispositions «totalement ahurissantes qui sont une régression totale».

«C’est une simplification simpliste», a renchéri Pierre-Yves Montéléon (CFTC), tandis que pour Jacques Delon (FO), il s’agit rien de moins que d’une «mise en cause à la hussarde du code du travail». Pour le syndicaliste, vouloir adapter la visite d’embauche en la confiant au médecin généraliste, revient «à terme à la supprimer».

Aujourd’hui, les salariés doivent passer une visite médicale avant l’embauche ou, au plus tard, avant la fin de la période d’essai. Ils bénéficient aussi de visites médicales périodiques, au minimum tous les 2 ans (sauf exceptions), certains ayant une surveillance renforcée.

Selon les dernières données disponibles, l’Hexagone comptait au 1er janvier 5.694 médecins du travail, ceux-ci ayant un âge moyen de 54,8 ans (source Drees).

Pour les syndicats, l’argument de la pénurie de médecins ne tient pas, «l’élasticité» permise par une réforme de 2011 qui a notamment espacé les visites, permettant de «faire face». Ils estiment aussi qu’il n’y a «aucune source fiable» permettant de dire que la visite médicale n’est réalisée que dans 15% des cas.

Les syndicats prévoient de lancer une pétition et espèrent, en alertant l’opinion publique, que «le gouvernement va retenir la plume ou le stylo».

Source paris-normandie.fr

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 18:54

Chers camarades,

De la visite de Lepaon  en passant par la petite sortie festive des congressistes, ce jour, pour manifester dans les rues du Vichy, avec en final le visu de la triste réalité.

Je vous laisse découvrir les trois articles de presse qui font l'actualité de ce congrès dans les moteurs de recherche.

J'osais encore croire à un sursaut du syndicalisme cégétiste, mais nous assistons à une descente aux enfers où les mauvaises nouvelles succèdent aux mauvaises nouvelles.

Ceux qui ont donné leur vie pour que le monde ouvrier soit uni dans la lutte contre l'exploitation des puissants doivent se retourner dans leur tombe, mais c'est peut-être moins pire que de le voir de son vivant.

Demain aura lieu le vote pour élire la nouvelle commission exécutive de cette Fédération.

Il n'y a, à priori, rien à attendre, si ce n'est le départ de l'actuelle secrétaire Michèle Chay qui ne devrait pas se représenter, mais le grand chamboulement pour un retour aux valeurs fondamentales de la CGT ne semble pas être d'actualité, hélas.

L'accompagnement et le réformisme devraient l'emporter.

Amitiés à tous et à toutes

Cyril LAZARO

 

CGT : Lepaon affaibli par de nouvelles révélations
Leïla de Comarmond / Journaliste | Le 25/11 à 20:30, mis à jour le 26/11 à 15:49

La rénovation de son bureau a coûté quelque 65.000 euros. La commission de contrôle rendra ses premières conclusions début décembre.

Thierry Lepaon n’en a pas fini avec l’affaire du coût prohibitif de la rénovation de son appartement de fonction qu’une nouvelle polémique s’ouvre. Après son logement, le secrétaire général de la CGT s’est aussi entièrement fait refaire son bureau. Le devis, cette fois-ci, s’est monté à 62.179,44 euros, révèle « Le Canard enchaîné ».

La nouvelle a fuité dès mardi dans la confédération, alors que sa commission exécutive (direction élargie de 50 membres) était réunie comme tous les quinze jours.

Déplacement maintenu

« Les gens s’en foutent  ! » avait estimé Thierry Lepaon samedi sur France Inter, à propos de la polémique sur son logement de fonction. Fidèle à sa stratégie depuis le début de la crise, il est resté aux abonnés absents. Prévenu dès lundi de l’article de ce matin, il a maintenu son déplacement le lendemain au congrès de la Fédération du commerce CGT, où il est intervenu le matin, avant que la nouvelle n’arrive jusqu’à Vichy. C’est Agnès Naton, en charge de la communication au bureau confédéral et soutien inconditionnel de Thierry Lepaon, qui est montée au créneau à la commission exécutive, affirmant que la somme avait été utilisée pour rénover trois bureaux. Elle a omis de préciser qu’en réalité, les travaux réalisés dans ceux des secrétaires et de la directrice de cabinet de Thierry Lepaon ont consisté en une pose de parquet pour assurer la continuité du sol du secrétariat général. D’après nos informations, les travaux auraient en définitive coûté au total 65.413,20 euros TTC, dont 7.000 euros environ hors bureau du secrétaire général. Agnès Naton a refusé de soumettre à la commission exécutive un projet de communiqué en réaction à l’article du « Canard enchaîné », renvoyant sa rédaction à plus tard. Elle a diffusé hier soir un texte qui n’a pas recueilli l’aval des instances de direction. Il évoque de « prétendues révélations » et un programme de travaux d’entretien, de rénovation, de modification et de mise aux normes des bâtiments, faisant le parallèle entre la rénovation du bureau de Thierry Lepaon et les travaux engagés pour l’accessibilité aux handicapés du complexe de Montreuil qui abrite la confédération et les fédérations de la CGT. Prochain rendez-vous dans quinze jours : la commission financière de contrôle devrait présenter de premières conclusions à la commission exécutive.


Source lesechos.fr

Les militants nationaux de la CGT du commerce manifestent à Vichy

Les congressistes ont tous participé à la manifestation dans les rues de Vichy -

 

Entre 200 et 250 militants de la CGT ont manifesté, en début d'après-midi dans les rues de Vichy.

Réunis au Palais des Congrès dans la cadre du congrès national de la fédération CGT du commerce et des services, qui se termine vendredi, ils avaient décidé de mener une action symbolique, en manifestant dans les rues commerçantes.

 

 

Une motion a également été déposée à la sous-préfecture de Vichy, avant le retour au Palais des Congrès, à 15h30.

La CGT du commerce et services a décidé de mener des actions dans les semaines qui viennent contre le projet de loi du ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, qui vise, entre autres sujets, à développer les dérogations exceptionnelles à l'interdiction du travail le dimanche et en soirée.

C'est le principal sujet d'inquiétude des salariés.
Source la montagne.fr

La CGT patron voyou

Publié le 1 novembre 2014 dans Syndicalisme

Les litiges du syndicat avec ses salariés se multiplient.

Par Didier Laurens.
Un article des Enquêtes du contribuable

cgt credits bernard blanc (licence creative commons)

Évidemment la CGT ce n’est pas le PS où, selon des rumeurs persistantes, une bonne partie du service communication a travaillé 40 heures par semaine, jusqu’à… l’été 2012 ! Mais la centrale de Montreuil, même si elle reste dans les clous en ce qui concerne les 35 heures, est parfois un employeur pire que les patrons voyous qu’elle voue aux gémonies.

Les litiges du syndicat avec ses salariés se multiplient. Après trois ans de lutte, Serge Crimet, un ancien du syndicat vient de gagner le procès qui l’opposait à la fédération CGT commerce-distribution-services. L’affaire est révélatrice du peu de cas que la Confédération réserve aux salariés dont elle veut se débarrasser. Comme dans une firme de Wall Street, Crimet entre en guerre contre la CGT après s’être fait débarquer pour « manquement à ses objectifs ». Lesquels ? L’histoire ne le dit pas. Ce qu’elle raconte, c’est qu’après plusieurs tentatives de licenciement, l’homme se rend un jour à son travail sans parvenir à pénétrer dans les locaux CGT de Coutances. C’est un peu comme s’il était en prison, sauf qu’il est bouclé dehors : ses camarades ont ajouté une fermeture supplémentaire à la porte pour qu’il ne puisse pas entrer. Ambiance !

Estimant qu’il s’agit d’une rupture de son contrat de travail, l’ex syndicaliste traîne alors la CGT aux prud’hommes. En première instance, il décrochera d’abord une maigrelette indemnité de 1 700 € au titre d’un reliquat de salaire et de congés payés. C’est en appel que le tiroir de la caisse enregistreuse s’ouvrira en grand. Crimet obtient 54 mois de salaire ainsi que 12 000 € de dommages et indemnités. Au total la CGT est condamnée à lui verser 132 000 €.

Vexations, intimidations, stress permanent et flicage

Trop de coups de knout : la CGT est également en bisbille avec des salariés du CE de la SNCF, dirigés d’une poigne de fer. Le syndicat-patron qui pratique une gestion humaine prédatrice comme en atteste un turn-over élevé, leur aurait parfois proposé des salaires en dessous du Smic. Ici comme ailleurs, la CGT ne sait pas négocier. L’affaire a fini par une multitude de procédures prud’hommales et de plaintes pour harcèlement.

Autres récriminations, à Montreuil cette fois, au siège de la CGT ! La Centrale a été en bisbille fin 2010 avec le personnel « de la confédération, des associations et organismes ». Une soixantaine de salariés ont écrit à leur patron pour protester contre un « déni de reconnaissance » et une « entrave à l’activité syndicale ». C’est l’arroseur arrosé… Les frondeurs fulminaient contre leurs conditions de travail et appelaient leurs dirigeants à assurer « des rapports sociaux de loyauté, de respect et aussi de reconnaissance vis-à-vis des salariés des organisations CGT ».

Ils rappelaient aussi que, lors de la préparation du congrès 2009 de la CGT, le bureau confédéral s’était engagé à bâtir « un vrai projet commun sur l’organisation du travail, le contenu du travail, la définition du rôle et de la place de chacun ». Manifestement ce grand chantier est resté en l’état.

Parmi les autres griefs des frondeurs de Montreuil : le stress permanent dû à une administration « agressive » et le flicage qui est si fort que les salariés n’osent pas raconter ce qui se passe dans certains services du siège de la Confédération.

Viré comme un malpropre

imgscan contrepoints 208 CGT

Autre lieu, même grief contre la CGT et son comportement de patron voyou : en Alsace, l’ancien secrétaire fédéral de la Fédération CGT du commerce, Yucel Basarslan a demandé aux prud’hommes l’annulation de son licenciement par l’Union départementale CGT du Haut-Rhin. Victime d’une chasse aux sorcières depuis qu’il s’est présenté, en 2011, sur une autre liste que celle de la secrétaire générale mandatée par le comité central, il assure avoir été mis au goulag idéologique. Puis viré comme un malpropre. Cette situation en a ému plus d’un, y compris au sein même de la mouvance cégétiste. Il aurait reçu 250 signatures de soutien dont celles de l’ensemble des syndicats et sections CGT du commerce d’Alsace et du syndicat des cheminots.

Dans son blog spécialisé sur les déviances sociales de la CGT, Cyril Lazaro note que l’on pourrait aller vers une validation du droit à la discrimination syndicale, grâce à une jurisprudence que le syndicat est en passe de créer contre un de ses militants, tant elle est désireuse de museler les salariés ne partageant pas ses oukases…

Source contrepoints.org

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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 17:06

Claude Lévy, le militant cégétiste qui dérange les patrons d’hôtels et… la CGT

« Cette fois, j’ai emporté mon casque », lance Claude Lévy, responsable du syndicat CGT des hôtels de prestige et économiques (HPE), à Paris, qui est implanté dans une vingtaine d’établissements. Le casque, ce n’est pas pour aller soutenir, comme il l’a beaucoup fait ces derniers mois, une manif de femmes de chambre en grève dans un palace, où l’ambiance est plutôt aux danses africaines. M. Lévy se rend en réalité au congrès de la fédération CGT du commerce, des services et de la distribution, qui se tient à Vichy jusqu’au 28 novembre, et auquel est rattaché son syndicat HPE.

Le coup du casque, « c’est une blague », rigole-t-il aussitôt. Mais une blague qui n’a rien d’anodin. Lors du précédent congrès fédéral, en 2011, à Poitiers, lui et une cinquantaine d’autres militants « opposés à la ligne fédérale » avaient dû prêter main-forte à des délégués qui s’étaient vu refuser l’entrée. « Le service d’ordre de la fédé nous a balancé des gaz lacrymo ! », s’enflamme encore M. Lévy.

Le syndicat CGT HPE compte 600 adhérents dans une vingtaine d’hôtels

Né en 2001, le syndicat CGT Hôtels de prestige et économiques (HPE), qui compte près de 600 adhérents, ne couvre pas tous les hôtels de la capitale. Il est issu des sections d’entreprise des établissements de l'empire Taittinger.

Lorsqu'ils ont été vendus en 2005 au fonds américain Starwood Capital, la CGT HPE a conservé le même périmètre d'implantation, soit une vingtaine d'hôtels. Elle comprend un pôle hôtels de prestige, incluant les sept palaces Hyatt, le Crillon, le Lutetia, l'Ambassador etc., et un pôle hôtels économiques, ceux du groupe Louvre Hôtels (Première Classe, Campanile, Kyriad, etc.). Ce dernier est en voie d'acquisition par le Chinois Jing Jiang.

Tous les autres adhérents individuels CGT ou les sections des autres hôtels parisiens sont, eux, rattachés à l'Union syndicale du commerce et des services de Paris. C'est le cas par exemple du Royal Monceau, où les femmes de chambre ont mené avec succès une grève de plus d'un mois en octobre.

Des conflits internes à la CGT, voire des « dérives », M. Lévy peut en relater d’autres, comme les « pratiques mafieuses et de corruption » du syndicat d’un secteur, qu’il a dénoncées. L’homme n’est donc pas seulement un militant syndical très engagé. C’est aussi une grande gueule qui « ne supporte pas l’injustice et la malhonnêteté » au sein de la CGT, ni sa « bureaucratisation ». « Au printemps 2013, nous avons été à deux doigts de l’'exclusion de la CGT, se remémore-t-il. Parce que nous avions eu le culot d’alerter la confédération CGT sur le fait que la fédération n’avait pas voulu que notre syndicat HPE soit représenté au congrès confédéral alors qu’on pèse 600 adhérents ! »

Dans son courrier à la confédération, la CGT HPE ne mâchait pas ses mots, comparant les dirigeants de la fédération « aux Poutine, El Assad et autres dictateurs, le sang en moins ».

L’exclusion éventuelle de la CGT n’est pas vraiment un souci pour lui, porté par le soutien de salariés d’hôtels où, ensemble, ils ont remporté pas mal de victoires. En septembre, au Park Hyatt Vendôme et au Hyatt Paris Madeleine, des grèves ont ainsi permis de conquérir une hausse du salaire horaire des personnels du nettoyage de 2 euros.

La rencontre de Claude Lévy, 55 ans, né au Maroc, avec les petites mains des grands hôtels est née d’une suite de rencontres en zig-zag. Arrivé du Maroc où il est né, il vit à Nice jusqu’en 1981. « A 18 ou 19 ans, j’ai connu dans le vieux Nice des amis très engagés au Parti communiste, raconte-t-il. J’ai travaillé environ 18 mois comme cuisinier dans une coopérative qui faisait restaurant-librairie-théâtre… C’était très sympa. » Une première vision du monde du travail, qui va ensuite être complètement chamboulée.

Mardi 4 novembre: débrayage au Hyatt Regency (ex-Concorde Lafayette) contre le licenciement d'un salarié.

Venu à Paris, en 1981, il est embauché par « Le nouveau courrier de la Presse Lit Tout », en tant que « lecteur de presse ». Son travail consiste à « surveiller » la presse pour des clients intéressés par tel ou tel sujet. Il prend sa carte à la CFDT, seul syndicat présent et est élu délégué du personnel. Il commence aussi à devenir défenseur syndical devant les conseils des prud’hommes.

C’est dans cette entreprise qu’il vit son « premier choc avec le monde du travail » et que naît sa révolte. « On était exploités. On lisait les journaux toute la journée avec un éclairage inadapté. J’en suis devenu myope. Pour changer une chaise, c’était la croix et la bannière. » En 1985, il perd son emploi mais gagne son procès pour licenciement abusif.

Il rend sa carte à la CFDT en 1986, à l’occasion de la loi Delebarre de 1986 sur l’aménagement du temps de travail, « que la CFDT soutenait plus ou moins. ». Il ira manifester avec la CGT. Début 1987, « on me propose de renforcer l’équipe de l’Union locale (UL) CGT du 17ème arrondissement de Paris, où se trouvent beaucoup d’hôtels, et de m’occuper du secteur du nettoyage ». L’UL lui demande de prendre en charge le secteur juridique.

Le droit social, Claude Lévy l’apprit sur le tas. « Quand j’ai tenu mes permanences juridiques, j’ai eu mon second choc avec le monde du travail. Je recevais des salariés du nettoyage exploités, qui avaient des horaires impossibles, recevaient des sanctions pour un oui ou un non. Comme beaucoup étaient des immigrés illettrés, le patron leur faisait signer n’importe quoi, par exemple une lettre de démission en leur disant qu’il s’agissait d’un avenant à leur contrat de travail. J’ai été révolté de voir qu’il existait des syndicalistes corrompus qui permettaient aux patrons de continuer cette politique. »

Ce « refus de la corruption » est sa marque de fabrique. Elle a permis dans certains hôtels de donner un essor à son syndicat, à l’occasion de conflits. Comme au Concorde Lafayette, porte Maillot à Paris, devenu récemment le Hyatt Regency Paris Etoile. C’est là que se trouve le siège de la CGT HPE. Dans cet établissement, le syndicat compte 40 délégués, 210 adhérents (dont des sous-traitants) sur un effectif total de 700 salariés. Aux élections professionnelles, il réalise un score de 70 %. L’implantation de la CGT dans les hôtels de luxe, qui peut surprendre, a aussi une explication sociale. « Elle est liée au déphasage entre le niveau de vie de clients milliardaires et celui des salariés, explique M. Lévy. Et avec le phénomène de la sous-traitance du nettoyage, qui était impensable à la fin des années 80/début des années 90, peu à peu, les salariés ont commencé à se rebeller. »

Depuis 1987, Claude Lévy est un permanent CGT, rémunéré par son syndicat HPE. « Mon salaire est payé par les adhésions à la CGT HPE et par les frais de justice (article 700) accordés par les juges prud’homaux quand on gagne un procès. Et on fait beaucoup de dossiers. » Ces ressources financières ont aussi permis à ce syndicat de se constituer « un bas de laine », avec « une caisse de grève, un cas quasi unique à la CGT », selon le militant.

Sa plus belle lutte ? C’est la grève de 34 jours en septembre 2012 des personnels de nettoyage sous-traitants des hôtels Campanile et Première classe à Suresnes (Hauts-de-Seine), appartenant au groupe Louvre Hôtels. Elle a abouti à ce qui est l’objectif central de la CGT HPE : l’intégration dans les effectifs des salariés sous-traitants, le 1er août 2013. Une épopée que retrace le film documentaire « On a grèvé », de Denis Gheerbrant, sorti en salle en septembre 2014. De plus, Louvre Hôtels a élaboré une charte de la sous-traitance. qui bannit le paiement des salariés à la chambre -et non à l’heure-, une modalité illégale mais très répandue. Elle prévoit aussi l’internalisation progressive des femmes de chambre dans 5 établissements de la chaîne, entre le 1er novembre 2014 et le 1er janvier 2015. Sans qu’un jour de grève ait été nécessaire.

Francine Aizicovici
Journaliste au Monde

Source lemonde.fr

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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 19:18

Chers camarades,

Du 24 au 28 novembre 2014 à Vichy, aura lieu le congrès de la Fédération du Commerce et des services de la CGT.

Je viens d'être informé que le risque de voir se répéter le congrès de Poitiers de 2011 est bien réel. Pour ceux qui ont oublié, les militants opposés aux dérives de cette Fédération avaient été gazés à l'entrée par le service d'ordre, sous l'oeil bienveillant du représentant de la Confédération.

Nous sommes au XXIème siècle, et le scénario semble prêt à se reproduire.

Réagissez via vos blogs, via vos syndicats, via vos comptes Tweeters et Facebook pour exiger la victoire de la démocratie.

Ce qui s'est passé en 2011 ne doit pas se reproduire, et la démocratie doit l'emporter.

De toutes les façons, je le dis comme je le pense, la CGT joue son avenir sur ce congrès.

Soit elle en sort grandie, soit elle coule.

Vous trouverez ci-dessous un article de presse de janvier 2014, concernant un des membres de la commission exécutive de cette Fédération qui sera sans doute réélu.

Vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas!

Amitiés à tous et à toutes

Cyril LAZARO

 

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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 18:31

Je vous invite à découvrir l'art de la castagnette.

Que cet article serve à prouver à tous, que même les plus petites choses élèvent l'être humain, lorsqu'elles sont pratiquées avec amour et assiduité.

Amitiés à tous et à toutes

Cyril LAZARO

 

 

 

 

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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 11:04

Retrouvez toute l'actualité de Disneyland Paris sur le site de la CNT SO Disney

 

Pour y accéder, cliquez sur l'image ci-dessous

 

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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 10:08

Révélation : Comment le patronat a prescrit à Valls la suppression de la médecine du travail
 

 

Dans son choc de simplification, le gouvernement s’est laissé dicter une réforme de la médecine du travail par le Cisme, lobby patronal des services de santé au travail. l’Humanité publie l'intégralité du document qui a servi à la dictée.
Un projet, une réforme, une politique du gouvernement « dictés par le patronat » : le propos peut parfois paraître caricatural. Las, la réalité confirme, jour après jour, que la caricature est bien du côté d’un gouvernement « de gauche » qui s’est engagé, bras dessus, bras dessous avec les employeurs, dans une campagne de destruction des acquis sociaux.
La preuve, cette fois, avec le projet de réforme, en forme de laminage, des services de médecine du travail, annoncé dans le cadre du « choc de simplification » la semaine dernière . Jeudi 30 octobre, très précisément, les médecins du travail ont découvert de manière totalement brutale, dans le chapeau des 50 mesures de simplification, deux items les concernant. L’un prévoyant de mettre fin à la visite périodique obligatoire pour chaque salarié chez le médecin du travail. L’autre suggérant de supprimer la possibilité pour ce médecin de demander l’aménagement d’un poste de travail pour un salarié ayant des problèmes de santé (voir notre édition du 4 novembre). Or, le contenu et la formulation de ces mesures s’avèrent directement inspirés d’un document patronal rédigé le 23 octobre, soit sept jours plus tôt, revendiquant cette réforme et appelant les employeurs à la « mobilisation », afin de saisir « l’opportunité » du choc de simplification pour obtenir satisfaction. Pari réussi. De quel patronat s’agit-il ? Du Cisme, pour Centre interservices de santé et de médecine du travail en entreprise, association qui regroupe et représente la majorité des services de médecine du travail en France, eux-mêmes associations à but non lucratif. Il s’agit en fait d’un syndicat patronal puisque, depuis leur création en 1942, les services de médecine du travail, financés par les entreprises à hauteur de 1,2 milliard d’euros par an aujourd’hui, sont dirigés et gérés par des employeurs. La réforme de 2011 prévoyait de rendre leur gestion paritaire – à 50-50 avec des représentants de syndicats de salariés –, mais un lobbying patronal intense a permis que la présidence du conseil d’administration, qui devait être alternée, soit réservée aux employeurs, qui gardent ainsi le gouvernail financier, mais aussi politique sur la question de plus en plus sensible des risques professionnels. Le Cisme, lié au Medef et à l’UIMM – le patronat de la métallurgie – est connu pour ses interventions régulières auprès des pouvoirs publics. Il milite depuis les années 1970 au moins pour réduire la place des médecins du travail dans les services, afin de lui substituer une panoplie d’intervenants (ergonomes, infirmiers, techniciens) à la fois moins coûteux, ne bénéficiant pas d’un statut protecteur, et de beaucoup moins de poids face aux employeurs. À la faveur d’une pénurie largement fabriquée de médecins du travail, cette évolution s’est déjà imposée à l’occasion des réformes de 2002 et 2011.
Des chiffres largement fantaisistes
Le 23 octobre dernier, donc, le Cisme prend la plume, et le porte-voix. Son président, Serge Lesimple, ainsi que 21 représentants régionaux de l’association signent un « appel » intitulé « Mobiliser pour traiter les difficultés des entreprises à mettre en œuvre un suivi individuel de l’état de santé des salariés adapté et conforme aux textes ». Ce document de quatre pages (à télécharger ci-dessous), transmis à l’Humanité par l’association Santé et médecine du travail, est aussi décliné sous forme d’un document « Powerpoint », reprenant le même argumentaire sous forme simplifiée.
Il dramatise la situation de la médecine du travail pour exiger sa refonte. L’alerte consiste à dire que la pénurie de médecins du travail rend impossible le respect de la visite périodique obligatoire. Selon le Cisme, le Code du travail implique la réalisation de 30 millions de visites par an, alors que les capacités actuelles sont de 8 millions, et qu’en 2020, elles seront de 4 millions (soit 13,3 %, nous y reviendrons), compte tenu des départs en retraite massifs des médecins du travail. Des chiffres largement fantaisistes, puisqu’ils ignorent les recrutements à venir de médecins. Et parce que la loi de 2011 a justement assoupli sans limites la périodicité des visites médicales. Une mesure néfaste évidemment aux salariés, mais qui rend impossible le type de calcul sur les « besoins » avancé par le Cisme. Mise en scène, donc, dont les motivations éclatent lorsque le document pointe « des risques juridiques pour les entreprises, que la jurisprudence étend progressivement aux services de santé interentreprises ». Deux jurisprudences concernant des condamnations d’employeurs pour défaut de visite médicale illustrent l’insécurité juridique. Une situation qui, selon le Cisme, « milite pour une modification des textes » : « Le mouvement de simplification pour les entreprises, initié dans notre pays, constitue une opportunité pour faire évoluer le Code du travail dans ce domaine. La première étape consiste à inscrire ce thème à la liste des sujets devant bénéficier d’une simplification. Des arbitrages sur cette liste pourraient intervenir dans les prochaines semaines », soulignent les auteurs, bien informés de l’actualité gouvernementale. Et d’ajouter que la « mobilisation des employeurs au niveau territorial est essentielle pour engager un travail d’élaboration des solutions en prise avec les réalités de terrain ». Avant d’inviter les employeurs à « s’adresser à leurs instances nationales et à leur environnement institutionnel (Direccte – directions régionales du travail, préfets, parlementaires) ». Le reste du texte souligne aussi que cette réforme serait « l’occasion de repenser les modalités de déclaration d’inaptitude, également source de difficultés dans l’entreprise ». Le 30 octobre, le message a visiblement été reçu par le gouvernement. La mesure 21 de son « choc », présenté en grande pompe, prévoit de « simplifier la visite médicale » et reprend l’argumentaire et les calculs du Cisme, prétendant qu’« aujourd’hui, la visite médicale n’est réalisée que dans 15 % des cas ». « C’est un chiffre bidon, d’où sort-il ? » se demandait, lundi, Bernard Salengro, médecin du travail CFE-CGC, pour qui le chiffre réel est de 70 % de visites honorées… Le document du gouvernement qualifie ces visites de « formalité impossible », un terme utilisé dans une brochure du Medef sur les services de santé au travail consultable sur le site du Cisme. Et il insiste aussi sur la « forte insécurité juridique » dans laquelle sont placés les employeurs. La mesure 22 vise aussi à « sécuriser l’employeur » en cas de salarié déclaré « apte avec réserves » par le médecin. Il s’agirait donc de supprimer cette possibilité, afin que l’employeur n’ait plus à s’embarrasser avec des aménagements de postes pour salariés abîmés par le travail. Mais, là encore, le document sent la rédaction sur un coin de table puisque la terminologie exacte est « apte avec restrictions » ou « avec aménagement de poste », pointe, agacé, Bernard Salengro.
Des arguments sur un plateau
« On aurait pu croire que ce gouvernement aurait un projet pour la médecine du travail, mais non, dénonce Dominique Huez, vice-président de l’association Santé et médecine du travail. Ce sont les employeurs qui font les mesures, à travers plein de groupes de pression. En l’occurrence, le Cisme a apporté l’argumentation sur un plateau au gouvernement, qui a repris son analyse et ses mots mêmes. C’est la première fois qu’un gouvernement de gauche considère la protection de la santé des salariés comme une insécurité juridique. » Hier, le cabinet du secrétaire d’État à la Simplification, Thierry Mandon, n’a pas donné suite à nos sollicitations. De son côté, le service de presse du Cisme n’a pas confirmé l’authenticité du document et affirme que l’association « n’a pas participé à la rédaction » du projet gouvernemental. Mais il développe l’argumentaire contenu dans le document, avec les mêmes chiffres…

Source humanite.fr

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Published by Cyril LAZARO - dans Réflexions
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8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 13:22

Avant toute chose, je vous prierai de prendre le temps de lire l'article CGT : comment la toute puissance des Fédérations CGT tue le militantisme CGT et en particulier les commentaires, par respect pour des camarades en lutte et qui ont le droit d'être entendus.

De vraies questions se posent aujourd'hui, et il importe de les ramener au niveau de la base qui vit des moments très difficiles, ce qui crée un véritable fossé entre les évènements qui émaillent la vie des dirigeants de la CGT et la lutte des militants sur le terrain. La comparaison vaut le détour!

Vous trouverez ci-dessous l'excellent communiqué du Front Syndical de Classe sur la situation de "crise" qui traverse la CGT. A vrai dire, la crise elle même, on s'en fout, ce qui importe c'est que ça change, et que ça change vraiment!

Mettre des organes de contrôle pour contrôler l'organe de contrôle déjà en place, qui lui même était censé contrôler les décisions prises, c'est se fouttre de la gueule du monde, vous ne croyez pas?

Amitiés à tous et à toutes

Cyril LAZARO

 

CGT : transformer une mauvaise passe en crise salutaire!

 

  1. l'"affaire Thierry Lepaon" donne lieu à une incontestable opération contre la CGT au travers de la mise en cause de son secrétaire général à un mois d'importantes élections dans la fonction publique (5 millions de salariés concernés).

C'est que par-delà ceux qui actuellement en ont la direction, par delà les orientations prises il y a une vingtaine d'années, par son histoire et par les traditions de lutte qui la marquent en particulier dans ses bases et dans nombres de ses structures, la CGT demeure aux yeux de nombreux travailleurs une référence et un bouclier contre l'offensive généralisée de régression sociale du pouvoir, du MEDEF et de l'Union européenne.

C'est dire que nous appelons à déjouer cette opération et à renforcer l'influence de la CGT.

  1. Cette opération qui semble trouver sa source en interne illustre par ailleurs les luttes qui opposent différents clans sur des bases qui ont plus à avoir avec des règlements de compte personnels et des ambitions qu'au sain et franc débat que nous appelons de nos vœux.

  2. Pour sa défense T. Lepaon au dernier CCN développe un certain nombre d'arguments qui nous paraissent recevables en ce qu'ils révèlent les déformations médiatiques (choix du lieu par proximité, surface de l'appartement, montant des travaux) et la volonté de nuire en continuant à promouvoir un "tous pourris" dont on sait bien à qui il profite.

Nous ne nous délecterons donc pas de détails plus ou moins croustillants comme "nos  " médias ont pris l'habitude de s'en délecter au travers de "faits divers  " qui comme le disait si bien Pierre Bourdieu "font diversion  " afin de masquer l'essentiel de ce qui est en cause. Nos journaux télévisés en offrant tous les jours la déplorable illustration.


Force est cependant de constater :

le traitement à part de dirigeants de premier plan constitue un symptôme inquiétant et non une simple erreur banale qu'il suffirait de corriger à la marge.

C'est en effet en dehors de toute information et concertation collective que sont prises d'importantes décisions qui engagent les finances de l'organisation loin des exigences égalitaires longtemps en vigueur dans le mouvement ouvrier, gage de la confiance dans les dirigeants.
Loin de toute transparence.

Force est aussi de remarquer :

la mutation réformiste opérée il y a une vingtaine d'années va de paire avec une institutionnalisation et un financement qui marginalisent le rôle des adhérents et crée des comportements chez un certain nombre de dirigeants pour qui ce n'est plus l'expérience et la pratique du terrain qui compte, mais la capacité à être apprécié des patrons, de la puissance publique et des élus politiques!
Que dire par exemple du rôle du Conseil Économique Social et Environnemental qui outre une forte rétribution mensuelle des élus (plus de 3700 euros et au passage qu'en est-il du reversement à l'organisation de ces indemnités?) sert de SAS d'attente et de lieu de reclassement, de très nombreux dirigeants de premier plan y ayant appartenu ou y appartenant (A. Obadia, Lydia Brovelli, Gérard Alezard, T. Lepaon, M. Dumas …).


En n'oubliant pas que c'est dans ces lieux que se nouent les contacts directs entre responsables syndicaux, dirigeants politiques et patronaux (MEDEF) et grands patrons.

Au point que des rapports au diagnostic partagé en sont issus comme c'est le cas du rapport cosigné en juin 2012 par T. Lepaon et Jean-Marie GEVEAUX, président UMP du conseil général de la Sarthe préconisant l'expérimentation de l'ouverture à la concurrence des TER!

A partir de ces constats il est effectivement plus que temps de remettre de l'ordre dans la maison, en profondeur!

  1. Qu'est-ce qui est donc finalement en jeu dans la CGT ?

    Dans son argumentation au CCN des 3 et 4 novembre, T. Lepaon :
      

  • concernant l'aspect financier, il reconnaît une faute collective, ajoutant : "Cette opération visant la CGT révèle des failles majeures dans le fonctionnement interne de prise de décisions de notre maison" reconnaissant que "Les arbitrages et la décision finale, qui engagent le budget de la confédération n’ont été ni débattus ni validés par une instance ".

Comme solution immédiate il préconise le recrutement d’un Directeur administratif et financier.

  • concernant le fonctionnement de la direction confédéraleaprès avoir réaffirmé la volonté de "Faire vivre  notre démarche de proposition, de contestation, d’action et de négociation" il "considère que nous avons un problème de fonctionnement du Bureau confédéral qui handicape notre capacité collective" et envisagé de rencontrer individuellement chaque membre de l'actuel Bureau confédéral, il préconise le"renforcement de notre Bureau actuel par deux membres supplémentaires, une femme et un homme, issus d’une profession et d’un territoire".

 

C'est là que le bât blesse!

T. Lepaon se prévaut des orientations du 50e congrès pour justifier ses décisions.

Certes les orientations retenues à cette occasion sont dans la continuité des orientations prises notamment à l'occasion du 45e congrès en 1995 marqué par une mutation de type réformiste (abandon statutaire de l'objectif de la "socialisation des moyens de production et d'échange", primauté aux négociations, le départ de la FSM), dans un moment de désarroi idéologique.

Mais il fait l'impasse sur la contestation qui depuis s'est fortement manifesté dans l'organisation, non seulement dans de nombreuses bases combatives (syndicats d'établissements et UL notamment) mais aussi dans des structures de direction comme les fédérations et les unions départementales et jusqu'au bureau confédéral.

 

La contestation portant sur des questions aussi diverses que la tactique des luttes, le TOUS ENSEMBLE, la signature des accords (formation professionnelle par exemple), la participation aux conférences sociales, le rapport au "syndicalisme rassemblé "et aux dirigeants de la CFDT, le rapport au pouvoir socialiste et au PS comme la participation à des initiatives politiques de résistance aux politiques d'austérité du gouvernement et de l'union européenne… et à l'international la question du boycott des produits israéliens (campagne BDS).
Et pour s'en tenir à un seul exemple est-il conforme aux orientations du 50e congrès de la CGT que T. Lepaon en février 2014 puisse déclarer au
Nouvel économiste: « Il n’existe à la CGT aucune opposition de principe face au patronat. L’entreprise est une communauté composée de dirigeants et de salariés – là encore, je regrette que les actionnaires fassent figures d’éternels absents - et ces deux populations doivent pouvoir réfléchir et agir ensemble dans l’intérêt de leur communauté.  ».

En contradiction totale avec la réaffirmation du caractère antagoniste des rapports salariés/patronat!

En réaffirmant devant le CCN, sa volonté de poursuivre dans la démarche privilégiée de négociation et de proposition, en bunkerisant en quelque sorte la Bureau confédéral par le renfort de proches collaborateurs, en s'en tenant à de pures mesures techniques, T. Lepaon refuse de prendre à bras le corps la question essentielle pour la CGT et son avenir comme pour celui des travailleurs :
la question de son orientation et de sa stratégie qui passe par la remise en cause des orientations opérées il y a plus de 20 ans.

La poursuite de la recherche d'un lien privilégié avec la CFDT et Laurent Berger manifestée récemment encore par la rencontre du 8 octobre illustre l'impasse de la stratégie actuelle.

 

Au moment où la CFDT à l'occasion de son 50e anniversaire en présence de M. Valls, M. Rocard, Raffarin, Chérèque …. réaffirme ses ambitions hégémoniques sur le mouvement syndical en France et sa soumission aux objectifs du MEDEF et du pouvoir socialiste.


Plus que jamais les circonstances actuelles doivent pousser les militants et les organisations de la CGT à exiger que s'ouvre enfin un débat franc sur le bilan des 20 dernières années, les orientations retenues consécutives en particulier au départ de la FSM et l'adhésion à la CES.

La CGT traverse en effet une crise qui affecte sa direction et qui nuit au déploiement de l' influence et de l'activité de toute l'organisation.
Elle peut à l'inverse être l'occasion d'un rebond historique qui la mettrait en situation de conduire les luttes indispensables des travailleurs et du peuple pour faire face à l'offensive de régression sociale actuelle.
A condition que des profondeurs de la CGT monte l'exigence d'un véritable renouveau.

De divers côtés émerge l'idée d'un congrès extraordinaire qui ferait le point.
En tout état de cause c'est au CCN et aux militants de reprendre la main et de repositionner en grand la CGT sur des bases de classe, à l'offensive contre les régressions sociales et les politiques d'austérité mortifères!

 

Le Front Syndical de Classe

7 novembre 2014

 

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Published by Cyril LAZARO - dans cgt
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