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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 18:51

Retranscription de l’Accord Medef : Parisot aux anges, les syndicats mobilisés

C’est passé inaperçu, ou presque. La retranscription de l’accord Medef, présentée par le gouvernement le lundi 11 février, est jugée satisfaisante par le Medef. Cet accord avait été signé le 11 janvier dernier, sans la CGT et sans FO. Tous les partis politiques de gauche se sont, depuis, prononcés contre cet accord alors que les partis de droite se terrent dans un silence qui révèle leur approbation. L’aile gauche du Parti Socialiste, quant à elle, espérait que le gouvernement entendrait son mécontentement. Ce n’est pas le cas.

Le Medef, après avoir haussé le ton une fois de plus, a obtenu satisfaction. Le gouvernement présentera bien au parlement un texte conforme à ce que les rédacteurs du Medef ont couché sur le papier au mois de janvier. Du reste, le communiqué de presse du mouvement présidé par Laurence Parisot ne laisse planer aucun doute. Ainsi peut-on y lire :

Les syndicats représentatifs des salariés et majoritaires sont d’un avis contraire et s’unissent pour dénoncer une future loi qui sera particulièrement néfaste aux salariés, à leurs conditions de travail, à leurs droits les plus élémentaires. Ainsi, la CGT et FO appellent à une grande mobilisation le 5 mars prochain dans le but d’empêcher que le texte du Medef ne soit voté en l’état par l’assemblée. C’est donc une première à laquelle on assiste : un gouvernement “de gauche” est soutenu par le patronat le plus libéral, il est contesté par les salariés.

La contestation ne s’arrête pas aux seuls syndicats de salariés, elle émane également des partis politiques de gauche. Toutes les formations du Front de Gauche dénoncent un texte qui fait la part belle aux licenciements et à la précarisation du monde du travail. Depuis l’annonce de cet accord, supposé freiner les licenciements et les plans sociaux, les fermetures de sites s’enfilent comme des perles. EELV, de son côté, estime inacceptable la remise en cause du rôle des comités d’entreprise ce qui rend impossible le contrôle des licenciements économiques.

L’aile gauche du Parti Socialiste est, une fois de plus, désavouée. Cela avait déjà été le cas avec le projet de loi qui instaurait la TVA anti sociale et le crédit d’impôts de 20 milliards accordé aux entreprises. Cette aile gauche avait exigé que les entreprises du CAC 40 ne soient pas concernées par le dispositif. Le gouvernement lui a donné tort. Cette fois ci l’affaire est plus grave encore. Elle été persuadée que Michel Sapin, le ministre du travail en charge de ce dossier, édulcorerait l’accord Medef. Elle s’est manifestée à plusieurs reprises en précisant que cet accord Medef était, en l’état, intenable, espérant que ses prises de position auraient une influence. A l’arrivée, le Medef est entendue, pas elle. Il faut dire que sa capacité à tenir une ligne politique cohérente à gauche laisse à désirer. A gauche pour de vrai ! rappelle qu’elle avait voté contre le TSCG et dès le lendemain voté en faveur de la loi organique qui gravait dans la constitution la règle d’or. Face à une telle versatilité, le gouvernement social libéral de Jean-Marc Ayrault n’a, en définitive, aucune raison de tenir compte de ses positions pour le moins “instables”.

Pas un député de gauche ne peut voter pour la retranscription de l’accord Medef que présentera le gouvernement à l’assemblée. Pierre Laurent, en personne, le déclarait ici mêmeA gauche pour de vrai ! Il s’agira finalement d’un test grandeur nature pour cette aile gauche du Parti Social Libéral. Sera-t-elle en capacité de former un bloc cohérent de gauche, aux côtés des députés du Front de Gauche à l’assemblée, pour rejeter cette retranscription ? Elle démontrerait ainsi son réel désir d’oeuvrer en faveur de l’union de la gauche. Ou bien, se contentera-t-elle de quelques amendements pour rentrer dans le rang ?

Sydne93 Source agoravox.fr

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 17:26

4 syndicats de PSA favorables à un projet d'accord sur les mesures d'accompagnement des salariés Des salariés de PSA en grève sur le site d'Aulnay-sous-bois

Ces mesures de sauvegarde de l'emploi touchent les sites du constructeur à Rennes et Aulnay-sous-Bois. La CFE-CGC, la CFTC, FO et le Syndicat indépendant de l'automobile (SIA), majoritaire à Aulnay-sou-Bois, mais pas la CGT, ont jugé que des avancées positives avaient été faites sur les mesures d'accompagnement, à l'issue d'une nouvelle rencontre avec la direction.

Les syndicats ont toutefois précisé, que le projet devait être encore soumis à l'approbation des salariés et ne pourrait, le cas échéant, être adopté définitivement qu'au cours d'un prochain CCE qui devrait se tenir au printemps. Ce projet d'accord intervient à l'occasion de l'ultime séance de négociations sur l'accompagnement social de la restructuration.  Cette dixième réunion syndicats-direction depuis l'automne s'est tenue au siège de PSA à Paris, devant lequel une trentaine de militants du SIA, majoritaire à Aulnay, site voué à la fermeture en 2014, rejoints par des membres de la CGT, ont manifesté. Ils ont placardé des affiches contre la fermeture d'Aulnay sur la vitrine du constructeur. Des pétards et des fumigènes ont été lancés contre le bâtiment, dont l'accès était fermé. Entre 2012 et 2014, 11.214 suppressions de postes sont envisagées chez le premier constructeur français, dont 3.000 à Aulnay et 1.400 à Rennes, avec une phase de départs volontaires ouverte jusqu'au 31 décembre.

A l'issue de la réunion, les délégués syndicaux ont évoqué les points positifs de ces négociations
Notamment le traitement des seniors, qui bénéficieront de 36 mois de congés de reclassement avant leur retraite, le traitement des personnes fragiles, les mesures en faveur des salariés qui veulent retrouver un CDI dans une autre entreprise et les dispositifs de transition professionnelle.
La CGT, qui représente 23% des salariés, avait déclaré avant cette réunion que la signature d'un tel accord serait "une honte".

Source auto.rtl.fr

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 17:39

Air France/CCE : procédure de sauvegarde

Le tribunal de grande instance de Bobigny a approuvé mardi l'ouverture d'une procédure de sauvegarde pour le comité central d'entreprise (CCE) d'Air France, écartant le risque de cessation de paiement qui menaçait l'organisme du personnel de la compagnie aérienne.

Cette procédure avait été réclamée à la fin janvier par le secrétaire général du CCE, Didier Fauverte (CGT), en raison des problèmes financiers rencontrés par ce CCE, engagé dans un difficile plan de restructuration. "Le tribunal a fait droit à cette demande", a indiqué Me Philippe Blériot, administrateur judiciaire du CCE. Selon Me Blériot, le CCE a démontré qu'il faisait face à des difficultés qu'il n'était pas en mesure de surmonter, et de nature à le conduire à la cessation de paiement. "Cette décision va nous donner un peu d'oxygène, de temps pour terminer la mise en place du plan de redressement voté en juillet 2012", a réagi M. Fauverte. "Avec la procédure de sauvegarde, l'administrateur judiciaire a des moyens plus importants pour trouver des fonds", a-t-il ajouté.

Le CCE d'Air France, qui gère les activités sociales et culturelles des 49.300 salariés de la compagnie aérienne, est en proie à de fortes turbulences depuis la découverte en 2009 d'un déficit cumulé de 15 millions d'euros. Il avait été sauvé in extremis de la cessation de paiement en juillet 2012, grâce au vote d'un plan de départs volontaires (PDV) associé à un emprunt, via une fiducie (transfert de biens à un tiers jusqu'à leur vente, en échange de lignes de crédit).

Mais seuls 12 millions d'euros sur les 17 prévus ont été débloqués, une majorité d'élus ayant refusé d'accorder davantage de moyens financiers au CCE, arguant du fait que le bureau n'avait pas mis en place suffisamment de départs volontaires dans le cadre de son plan de restructuration. Selon Me Blériot, 52 départs volontaires ont pour l'instant été enregistrés, dont une quarantaine sont à ce jour financés. "D'après nos calculs, il faudrait procéder à une vingtaine de départs supplémentaires", a-t-il dit.

"La procédure de sauvegarde va permettre de faire avancer les choses. Nous allons désormais travailler pour essayer d'obtenir des ressources financières supplémentaires", a-t-il expliqué, évoquant notamment le possible "recours au fonds national de garantie des salaires".

Source lefigaro.fr du 05/02/2013

 

La longue agonie du comité d'entreprise d'Air France

Sur fond de guerre syndicale et d'erreurs de gestion, le troisième CE le plus riche de France s'enfonce depuis dix ans dans la crise. Mis sous sauvegarde judiciaire mardi, l'organisme n'est même plus en mesure de financer son plan de départs volontaires. Retour sur un naufrage collectif.

Les caisses sont vides. Ou sur le point de l'être. Conclusion prévisible d'une longue dérive financière, le tribunal de grande instance de Bobigny a accepté mardi soir la mise sous sauvegarde du comité central d'entreprise (CCE) d'Air France, au bord de la cessation de paiements. La demande en avait été faite jeudi dernier par son secrétaire général, Didier Fauverte (CGT), pour protéger l'instance de ses créanciers. Désormais, la direction du CCE devra donc cogérer l'organisme avec un administrateur judiciaire qui n'est autre que Philippe Bleriot, le mandataire désigné en 2011 par le même tribunal pour sauver ce qui pouvait l'être.

La longue agonie du CCE d'Air France est l'histoire d'un naufrage collectif. Celui des différentes organisations syndicales qui, depuis une dizaine d'années, se sont succédé pour assurer la gestion du troisième comité d'entreprise le plus riche de France, derrière celui des électriciens-gaziers et celui de France Télécom. Sur fond de guerre syndicale, d'accusations de fraudes et d'erreurs manifestes de gestion, aucune des équipes dirigeantes, qu'elles soient issues de la CFDT ou de la CGT, comme c'est le cas depuis près de deux ans, n'est parvenue à enrayer la spirale infernale. Résultat, malgré un budget supérieur à 90 millions d'euros (dont environ 35 millions versés chaque année par la direction d'Air France), l'organisme est criblé de dettes et ne peut plus faire face à ses engagements. Dès 2005, un premier audit avait pointé des écarts de gestion. Cinq ans plus tard, un nouveau rapport du cabinet INA s'inquiète de la situation financière du CCE : en dépit du soutien indéfectible de l'entreprise, la trésorerie de l'organisme social est systématiquement déficitaire dès le troisième trimestre de chaque année. Facteur aggravant : le même rapport évoque un certain nombre de « dysfonctionnements » : logements de fonction indûment attribués, achats par Carte Bleue, documents comptables détruits… L'affaire attire l'attention de la brigade financière, qui perquisitionne des locaux et enchaîne les auditions. On évoque alors l'achat d'une trentaine d'ordinateurs portables dont personne ne retrouve la trace ainsi que la location de voitures de luxe (Chevrolet, Mercedes…), alors que le comité d'entreprise dispose de sa propre flotte de véhicules… Des « dérapages » qui n'ont donné lieu, à ce jour, à aucune poursuite judiciaire ou mise en cause formelle. Mais qui ont contribué à alourdir un peu plus l'atmosphère au sein du CCE. Car, dès lors, chacun se renvoie la responsabilité de la débâcle. En 2009 - la CFDT était alors aux commandes -, le comité d'entreprise d'Air France affichait déjà une perte de 11,6 millions d'euros. Chargé, l'année suivante, de revoir l'ensemble des pratiques comptables du CCE, le cabinet Mazars constate « une absence de pilotage d'ensemble de la partie financière ». Et, en 2011, le mandataire nommé par le tribunal de Bobigny calcule que le CCE doit récupérer au plus vite 20,5 millions d'euros pour poursuivre ses activités.

« Le modèle actuel a vécu »

Face à l'urgence de la situation, l'équipe dirigeante s'est résolue à lancer un plan de départs volontaires, visant à ramener les effectifs de 265 à 175 salariés. Sur le papier, les 90 volontaires étaient censés partir à la fin février. Problème : seuls 71 salariés se sont manifestés et, même dans ces conditions, il s'avère que le CCE n'a plus les moyens de financer sa restructuration… C'est cette impasse qui a conduit son secrétaire général à demander la mise sous sauvegarde du comité d'entreprise.

« Le modèle actuel de comité central d'entreprise a vécu à Air France », tranche Michel Salomon, secrétaire adjoint du syndicat CFDT Air France). Au Dôme de Roissy, dans les locaux du CCE, l'ambiance est électrique, comme en témoignent des pancartes rageuses accusant les syndicats maison d'être « pire que le Medef »… Pour la CGT, le comité central d'entreprise serait en réalité victime « d'une tentative d'assassinat » par « trois coupables et un complice ». Les coupables désignés sont « la CGC, la CFDT et l'alliance PN (SNPL, SNPNC et Unsa) » ; le complice, lui, serait le comité d'entreprise opérations aériennes (CEOA), élu par les personnels navigants (pilotes, stewards…). Une instance qui a pris son autonomie fin 2002, et dont la sécession a sérieusement compliqué l'équation financière du CCE d'Air France. Car, depuis lors, cet organisme prélève directement sa subvention auprès de la direction (36 millions d'euros en 2012, plus 7 millions d'euros pour les cantines). A lui seul, il touche désormais autant que le CCE et les sept autres CE réunis (personnel au sol, du siège etc.). A l'origine de cette scission, déjà, la mauvaise gestion du comité central d'entreprise… Il y a dix ans, c'est elle qui a conduit le comité d'entreprise des personnels navigants à couper le cordon. La séparation a provoqué un traumatisme dans les milieux syndicaux d'Air France et nourrit, depuis, un ressentiment qui n'a fait que s'accentuer avec les difficultés financières du comité central. Pilote de ligne et ancien secrétaire général du CCE, Jean-Yves Quinquenel rappelle que, s'il est le mieux doté des CE d'Air France, le CEOA dépense plus de 90 % de son budget pour les personnels (culture, voyages, colonies pour les jeunes et cantine). Une façon de souligner la faiblesse des frais de fonctionnement (de 2 à 3 % de l'enveloppe globale) et de sa masse salariale (5 %). « Tout le contraire du CCE, où un vingtième de ce qu'il perçoit aujourd'hui est consacré aux oeuvres sociales des salariés d'Air France », enchaîne-t-il. Le reste serait englouti par les frais de fonctionnement, la masse salariale et les frais financiers, précise le représentant du SNPL (Syndicat national des pilotes de ligne). A la différence près que « le CCE assume aussi les coûts d'entretien des actifs physiques », tempère Philippe Bleriot, le mandataire, ce qui n'est pas le cas des autres comités d'entreprise maison.

Aujourd'hui, la CGT prétend toutefois que la situation s'est améliorée : l'objectif de baisse de 30 % de la masse salariale du CCE est presque atteint et le résultat est redevenu bénéficiaire (près de 4 millions d'euros, contre une perte de 4,8 millions d'euros). Mais la trésorerie est presque à sec et les frais financiers pèsent lourd sur les épaules de plus en plus fragiles du comité central. Outre le plan de départs volontaires - « un plan très généreux », note le mandataire -, le CCE a cherché l'an dernier à desserrer sa contrainte financière, en gageant un certain nombre d'actifs immobiliers, via une fiducie. L'opération lui a permis d'obtenir une ligne de crédit de 17 millions d'euros auprès de deux établissements bancaires : la BRED et BESV (Banque Espirito Santo et de la Vénétie). « Ce fut très difficile. Personne ne voulait donner de l'argent au CCE », raconte Philippe Bleriot. Une première tranche de 12,5 millions d'euros a été prêtée par les deux banques après l'été. Mais « les deux tiers de cette somme ont déjà été consommés à la fin décembre », affirme Michel Salomon, de la CFDT.

Dans ce contexte déjà tendu, un nouvel épisode de la guerre syndicale est venu compliquer la donne : voilà deux mois, les élus du CCE ont refusé par 8 voix contre 7 de valider la dernière tranche de la fiducie (4,5 millions d'euros de crédit). Une somme indispensable au redressement de l'organisme. Refus confirmé le 14 janvier dernier, au prétexte que l'objectif du plan de départs volontaires ne sera pas atteint. Plusieurs représentants des salariés redoutent que les biens gagés au prix fort - à ce jour, 34 millions d'euros d'actifs physiques ont été immobilisés, auxquels s'ajoute 1 million d'intérêts et de frais par an jusqu'en 2015 - ne suffisent pas « à redonner au CCE sa vocation de prestataire de vacances jeunes et familles ». Pis, si malgré cette injection de fonds, le CCE se retrouvait à nouveau dans le besoin d'emprunter, il ne pourrait plus compter que sur quelque 40 millions d'euros de collatéral : de quoi lever une vingtaine de millions, tout au plus…

« Cette hypothèse extrême n'est pas à l'ordre du jour, mais elle pourrait le devenir à plus long terme si les coûts structurels de fonctionnement du CCE ne baissaient pas au même rythme que la subvention d'Air France, or celle-ci va nécessairement diminuer du fait de la réduction de la masse salariale des personnels au sol », estime Michel Salomon. Lequel souligne l'anomalie expliquant en grande partie les problèmes actuels : entre 1997 et 2007, les effectifs du CCE sont passés de 184 à 308 salariés ; dans le même temps, ses ressources ont diminué de moitié. Dès lors, à l'instar de la CFDT et de la CGC, certains voient difficilement comment le comité central d'entreprise pourrait échapper à des mesures plus radicales, avec sans doute à la clef des licenciements.

Le CCE pourrait être privé de la totalité de ses fonctions sociales

Désormais sous sauvegarde, le CCE joue en tout cas son avenir. « Le comité central ne fera pas faillite. La loi l'interdit », avance Jean-Yves Quinquenel. « En revanche, l'activité des oeuvres sociales du CCE pourrait en dernière instance être arrêtée par la justice pour cause de défaillance financière », complète-t-il. Le CCE n'assurerait plus, alors, que sa fonction de contrôle des comptes de l'entreprise, léguant aux différents CE d'Air France la totalité de ses fonctions sociales. Combattue par la CGT, FO et SUD-aérien, cette perspective pourrait se solder par la création d'un comité interétablissement des huit CE de la compagnie aérienne, uniquement chargé de coordonner les actions sociales communes. Mais, pour cela, il faudrait que l'on parvienne à un accord sur la représentation de chaque CE en son sein. Ce qui est loin d'être acquis, compte tenu des rivalités syndicales. Pierre Contesenne, de SUD-aérien, ne se fait guère d'illusion : « La bataille est perdue. Le CCE en tant qu'instance de production d'activité pour les salariés est mort. »

 

Les points à retenir

Entre 1997 et 2007, les effectifs du CCE sont passés de 184 à 308 salariés ; dans le même temps, ses ressources ont diminué de moitié.
Logements de fonction indûment attribués, achats par Carte Bleue, documents comptables détruits… la gestion du CCE est pointée du doigt.
Résultat : malgré un budget supérieur à 90 millions d'euros, l'organisme est criblé de dettes et ne peut plus faire face à ses engagements.
Pour rétablir sa situation financière, le CCE n'échappera sans doute pas à des mesures plus radicales, à commencer par une refonte de sa gouvernance.

 

Massimo Prandi, Source lesechos.fr


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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 16:48

La vie de château pour la mairie de Pessat-Villeneuve


01 février 2013

"C'est signé !" écrit fièrement le maire de Pessat-Villeneuve, Gérard Dubois à ses 507 administrés. Ces quelques mots ont ravi les Villeneuvois, même s'ils savent que cette signature vaut 1,9 million d'euros...

Situé à quelques kilomètre de Riom, dans le Puy-de-Dôme, la commune de Pessat-Villeneuve n'avait jamais fait parler d'elle. Mais depuis quelques semaines, le nom de ce village est cité régulièrement dans la presse écrite ou à la radio pour une grosse dépense. Qu'on se rassure ! Pas de malversation à l'horizon ! Plutôt une très belle opération que le maire a pu mener à bien après des mois d'attente.
Le 13 décembre 2012, Gérard Dubois a officiellement signé l’acte authentique d’acquisition par l’EPF-Smaf Auvergne de la propriété du Château de Villeneuve. Un château qui abritait une colonie de vacances d'Air France et que le groupe avait décidé de mettre en vente. Depuis le 21 juillet, dernier jour de la colonie du CCE d’Air France, la municipalité était dans l’attente de cette signature. "Pour des raisons administratives celle-ci a pris du retard, mais voilà, c’est fait, une page se tourne, et c’est désormais la commune de Pessat-Villeneuve qui va changer de visage", commente le maire.

Situé en plein coeur du village, le château va être réaménagé pour accueillir la mairie, mais aussi des salles pour les associations et une nouvelle salle des fêtes. Le reste du bâtiment - parce qu'il va forcément rester des pièces non utilisées ! - sera proposé à la location pour répondre à l'objectif de la municipalité : faire de cet endroit un lieu animé tout au long de l'année.
A ceux qui pensent que les Villeneuvois vont sentir la répercussion de cet achat sur leurs impôts, le maire rétorque : "pas question de les augmenter car nous misons sur la location pour des séminaires, mariages, anniversaires, pour arriver à financer un emprunt étalé sur 10 ou 15 ans."

Source journal-des-communes.fr

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 20:12

Mediator : les experts truquent les dossiers des victimes

Les experts retoquent les demandes en ayant seulement vu les photocopies de l'échographie du cœur.
Les experts retoquent les demandes en ayant seulement vu les photocopies de l'échographie du cœur.

Le fonds d'indemnisation sous-évalue les pathologies de nombreux malades.

L'Agence de presse médicale (APM) a soulevé jeudi un véritable lièvre. Alors que l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (Oniam) rendait publiques les résultats de ses expertises (64 victimes du Mediator seront indemnisées sur les 863 dossiers étudiés, soit un très faible nombre de malades), l'APM relevait que les experts minimisent la gravité des dossiers en réinterprétant les comptes-rendus des examens.

Le cas de monsieur P. constitue un véritable cas d'école. En 1999, cet homme qui a alors 63 ans fait une échographie du cœur, parfaitement normale. De 2000 à 2006, il prend du Mediator. En 2011, quand l'Agence du médicament recommande à tous les patients qui ont pris du Mediator de faire une échographie, il en passe une. Bilan: la valve aortique de son cœur fuit, le médecin qui fait l'examen estime qu'il s'agit d'une fuite de grade 2 (les fuites sont numérotées de 0 à 4, selon la gravité de la maladie). Il envoie alors un dossier à l'Oniam pour une demande d'indemnisation.

Mais son dossier est retoqué par les experts qui notent en ayant seulement vu les photocopies de l'échographie: «l'atteinte valvulaire aortique sans retentissement ventriculaire, sans épaississement des valves et sans hypertension artérielle pulmonaire associée (…) ne peut être considérée en lien direct et certain», avec la prise de Mediator. Circulez, il n'y a rien à voir! Mais monsieur P. est du genre têtu. En décembre dernier, il fait 200 km en voiture et se rend à Amiens pour faire une nouvelle échographie chez le Pr Christophe Tribouilloy, un expert mondialement reconnu de l'échographie, un cardiologue qui connaît bien le Mediator pour avoir écrit plusieurs publications sur le sujet.

La conclusion du Pr Tribouilloy est sans appel: «il existe une fuite aortique de grade 2 (…). À mon avis, cette fuite aortique modérée est probablement liée à l'exposition au Mediator et justifie la réalisation d'une échographie dans un an». Du coup, les discussions s'enveniment un peu à l'Oniam. Au point qu'un des experts du collège, le Dr Jean-Jacques Blanc, un cardiologue mais qui ne pratique pas d'échographies, n'hésite pas à dire pour justifier la décision de ne pas indemniser ce patient: «ce n'est pas une fuite mais un postillon» (sic).

Légitimité scientifique et éthique

Retoquer des dossiers en minimisant la gravité de la pathologie dont souffrent les victimes explique pourquoi seules 7,7% d'entre elles sont indemnisées pour l'instant. Mais cette façon de faire pose une double question de légitimité scientifique et d'éthique: comment peut-on rétrograder une fuite cardiaque en se basant uniquement sur des photocopies d'examen (voire seulement les comptes-rendus) alors que l'échographie du cœur doit justement observer un muscle en fonctionnement? C'est comme si un gynécologue qui réalise une échographie disait que le fœtus présente des malformations, et qu'à partir des seules photocopies de cet examen, un autre médecin décidait que le bébé se porte parfaitement bien.

Le Dr Philippe Hervé, pneumologue, a fait partie des experts de l'Oniam pendant un an avant de démissionner. «Il s'agit de pratiques usuelles qui se produisent plusieurs fois par semaine, confie-t-il au Figaro. De toute façon,il n'y a aucun échographiste parmi ces experts.»

L'ancien ministre de la Santé Xavier Bertrand, qui avait mis en place le fonds d'indemnisation, ne cache pas sa colère et se dit «choqué» par ces requalifications de pathologies: «Je me pose des questions sur le fonctionnement de ce collège d'experts. À mes yeux, les préjudices liés au Mediator doivent tous être couverts par un principe: le doute doit toujours bénéficier à la victime. Là, c'est plutôt l'inverse.» Pour ne pas «ajouter au scandale du Mediator le scandale de la non-indemnisation des victimes, je demande à la ministre de la Santé de rappeler au collège d'experts quelles doivent être ses missions. Il n'est pas une machine à dire non», ajoute-t-il.

Le philosophe Pierre Le Coz, ancien vice-président du conseil d'éthique évoque «une impression de malaise» et parle de «grave crise de l'expertise». Quand un dossier est validé par l'Oniam, c'est le laboratoire Servier qui paie la victime. Les montants varient de 3 000 à 30 000 euros dans de très rares cas.


Un nombre de cas retenus étonnamment faible

Sur les 697 dossiers rejetés par l'Oniam, 238 (soit 34%) ne concernaient pas une valvulopathie ou une hypertension artérielle pulmonaire, aujourd'hui seules maladies potentiellement imputables au Mediator.

Par ailleurs, la proportion de dossiers retenus par le collège d'experts comme étant des valvulopathies (atteintes des valves cardiaques, souvent une fuite généralement accompagnée d'un épaississement de la valve) causées par le Mediator est très largement inférieure à ce que l'on attendrait à partir des connaissances scientifiques actuelles disponibles notamment dans les revues scientifiques.

En effet, le taux d'acceptation par l'Oniam des dossiers de valvulopathies est de 12% (et de 17% si on exclut les valvulopathies par rétrécissement des valves, celles qui a priori ne sont pas imputables au Mediator). Or, curieusement, ces chiffres sont très éloignés de ceux qu'observe notamment le Pr Christophe Tribouilloy dans la revue internationale Circulation, dans une publication scientifique parue en 2012 et qui étudie d'ailleurs le même type de population que les dossiers reçus par l'Oniam. Dans cette étude, 76% des fuites de la valve aortique (quel qu'en soit le grade) sont attribuables au Mediator.

Source lefigaro.fr

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 07:30

Comment faire pour que le boulot ne devienne plus un boulet

Stress, harcèlement, pression économique, précarité... L'entreprise cristallise les souffrances d'une société en crise. Et elle se montre tout sauf exemplaire, comme l'illustre un livre choc sur les DRH dont L'Express publie des extraits. Pourtant, une autre vie au travail est possible.


Comment faire pour que le boulot ne devienne plus un boulet

Depuis vingt ans, le rapport à l'emploi s'est dégradé en Europe. D'après un sondage, 58% des salariés ne font plus confiance à leurs dirigeants ni à leurs syndicats.

 

Depuis le vendredi 14 décembre, Astrid Herbert-Ravel ne parle plus à la presse. Après avoir défrayé la chronique en assignant au pénal son employeur -La Poste- pour harcèlement, cette directrice des ressources humaines (DRH) a, semble-t-il, décidé de suivre le conseil de ses avocats: temporiser jusqu'au procès, prévu fin janvier. Et les laisser négocier, d'ici là, un accord amiable. Celui-ci permettrait à La Poste, contre réparation du préjudice, de faire taire une fois pour toutes cette employée gênante. Et à la plaignante de retrouver un peu de sérénité après dix ans de cauchemar. 

DRH du réseau grand public de La Poste en Ile-de-France, Astrid Herbert-Ravel "régnait" en 2001 sur 35 000 personnes et semblait, à 30 ans, promise à une belle carrière lorsqu'un nouveau directeur est venu la chapeauter. D'après l'intéressée -puisque La Poste refuse de communiquer sur le sujet-, son patron la prend alors en grippe. Et la casse. Il lui demande des tâches dépassant ses compétences, avant d'exiger qu'elle serve le café, l'invite à le remplacer au pied levé avant une intervention devant 200 personnes, lui fixe des objectifs inaccessibles. Jusqu'à ce 13 juin 2002, où elle demande sa mutation.

La suite, Astrid Herbert-Ravel l'a révélée lors de son dépôt de plainte, en 2011: "A ce moment-là, il me pousse contre le mur, lève la main et met son genou entre mes jambes. Il me hurle au visage: 'Vous n'aviez pas à parler de ce qui se passe entre vous et moi ici. Vous n'irez nulle part, vous m'appartenez!'" Depuis, la vie de la jeune femme s'apparente à une descente aux enfers. Traumatisée, puis désavouée par sa hiérarchie, elle n'a cessé d'enchaîner les congès maladie, les missions bidon et les humiliations. Son désarroi déteint sur sa vie de famille; elle culpabilise et devient si fragile qu'elle se taillade les veines

On achève bien aussi les DRH

Seule cette attaque en justice contre trois dirigeants de La Poste, dont le PDG, Jean-Paul Bailly -une première!-, pour harcèlement, discrimination, mise en danger, non-respect des obligations de santé et de sécurité au travail, lui a rendu espoir. Ce cas de burn-out -maladie du siècle liée à la souffrance professionnelle- serait, hélas! banal s'il ne touchait une responsable des ressources humaines... la fonction censée justement prévenir de telles dérives. 

Mais on achève bien aussi les DRH, comme le montre DRH. Le Livre noir, de Jean-François Amadieu (Seuil), dont L'Express publie d'éloquents extraits. Abîmé, usé, déréglé, ce rouage essentiel à la santé au travail est en train de se gripper. Un peu comme si le médecin, subitement, tombait malade. Plus qu'un symptôme, un symbole! 

Certes, le constat peut sembler sévère quand, selon un sondage CSA publié l'an dernier dans La Croix, 57 % des Français se disent heureux d'aller au travail. Une bonne nouvelle à relativiser, puisque 62% des sondés s'y rendent "d'abord pour gagner de l'argent", et seulement 37% voient dans leur emploi un moyen de s'épanouir. Les Français et le boulot, vaste sujet. "Le travail, c'est bon pour ceux qui n'ont rien à faire!" crânait l'écrivain Henri Jeanson, comme s'il résumait l'opinion nationale sur la question. 

Objectifs contradictoires, déshumanisation, infantilisation

Mais, par-delà les idées reçues, il y a les faits. Or, ceux-ci montrent que, depuis vingt ans, le rapport à l'emploi s'est dégradé en Europe. D'après l'institut de sondages Opinionway, 58% des salariés ne font plus confiance à leurs dirigeants ni à leurs syndicats, et 73% s'offusquent du salaire des grands patrons. Alors que les PME sont plébiscitées, les grandes entreprises, elles, cristallisent les souffrances d'une société en crise. 

Objectifs contradictoires, déshumanisation, infantilisation, perte de sens, stress, individualisme, obsession du chiffre, pression des actionnaires, précarité... Face aux congés maladie qui explosent -mais aussi aux suicides-, inspecteurs et médecins du travail flanchent eux aussi.

Dans leur Manifeste pour sortir du mal-être au travail (Desclée de Brouwer), le sociologue Vincent de Gaulejac et le journaliste Antoine Mercier citent ce témoignage de Juliette, infirmière: "A mes débuts, je m'étonnais d'être payée pour faire ce métier que j'adorais. Et puis un jour, on m'a assise sur une chaise et on m'a demandé de produire. On m'a parlé de statistiques, de fréquentation, de visiteur unique. Aujourd'hui, je traîne mon travail comme un boulet." 

Que s'est-il passé, exactement? "La révolution managériale!" répondent les deux auteurs. Née il y a vingt ans des défis de la compétition mondiale, elle se fonde notamment sur l'idée qu'un travailleur est plus efficace s'il innove en permanence. Avec pour corollaire ces mots -flexibilité, mobilité, responsabilité, créativité, productivité- synonymes de modernité pour certains. Et d'insécurité pour beaucoup d'autres. Malheur aux vaincus! 

Ce ne sont plus les travailleurs qui sont fragiles, mais l'organisation

Yves Clot, psychologue et professeur au Cnam (Le Travail à coeur, la Découverte), estime qu'il faut tout repenser: "Ce n'est pas le travail qui tue, mais la gouvernance. Et si l'on se mettait à considérer que ce sont les organisations qui n'ont plus les ressources nécessaires pour répondre à l'exigence des salariés de faire un travail de qualité? Alors ce ne sont plus les travailleurs qui sont fragiles et à soigner, mais l'organisation." L'entreprise est-elle prête à s'appliquer à elle-même les conseils qu'elle prodigue à ses salariés en souffrance: s'interroger sur ses modes de fonctionnement, se réformer, évoluer? 

La plupart des spécialistes plaident en ce sens et se veulent rassurants lorsqu'ils expliquent que d'autres modes de management, plus vertueux et plus efficaces, sont possibles. L'économiste Guillaume Bigot, à la tête d'un groupement d'écoles de commerce et auteur de La Trahison des chefs (Fayard), voit le salut des entreprises dans l'art de "réapprendre le commandement". 

La journaliste Bénédicte Manier montre, elle, dans Un million de révolutions tranquilles (éd. les Liens qui libèrent), pourquoi le modèle des petites coopératives -100 millions de salariés dans le monde, soit 20% de plus que les multinationales- fonctionne mieux que les structures classiques. Mais, plus pragmatiques, les 20-30 ans de la génération Y comptent d'abord sur eux-mêmes pour réinventer le travail au quotidien, et en tirer davantage de plaisir. Comme si précarité rimait enfin avec inventivité. Au boulot aussi, un autre monde est possible.

Par Olivier Le Naire, publié le 10/01/2013 Source lexpress.fr

 

Harcèlement à La Poste : une ex-DRH prend la tête de la fronde

Ancienne de La Poste, Astrid Herbert-Ravel, 42 ans, recueille les témoignages de salariés afin de porter une plainte collective pour « harcèlement institutionnalisé ».


Astrid Herbert-Ravel chez elle à Paris, en novembre 2012

 

La première phrase est toujours la même à l’autre bout du fil :

« Est-ce que vous êtes bien Astrid Herbert-Ravel, l’ancienne DRH qui a porté plainte au pénal ? »

Dans la salle de jeux de ses enfants, Astrid Herbert-Ravel a installé un bureau. A gauche, sur les étagères, s’accumulent méthodiquement les dossiers, un par coup de fil. A droite, l’élégante quadragénaire a installé un téléphone sans fil, pour pouvoir se déplacer dans son grand appartement parisien du Sentier :

« Je reçois des dizaines d’appels, souvent le soir ou le week-end. Ça dure une heure, deux heures, parfois plus. Certains veulent faire passer pour du harcèlement ce qui n’en est pas, mais je reconnais les signes, la cassure. Certains ont fait des tentatives de suicide. Certains, je les rattrape par le col. »

Astrid Herbert-Ravel a porté plainte en avril 2011 contre trois dirigeants de La Poste – dont le président Jean-Paul Bailly – pour harcèlement, discrimination, mise en danger, non-respect des obligations de santé et de sécurité au travail.

La démarche est alors inédite, et médiatisée. Les « postiers » – c’est ainsi qu’on appelle les employés de La Poste dans la maison – se mettent à chercher le numéro d’Astrid dans l’annuaire. Les voix racontent les humiliations, les mises au placard, les intimidations, la désillusion.

Astrid écoute, note, retranscrit, s’imprègne, absorbe. A chaque histoire, elle revit la sienne. A chaque histoire, elle conjure la sienne.

A les voir défiler, et tellement se ressembler, il lui est même venu une idée avec quelques collègues postiers : porter plainte contre La Poste pour harcèlement collectif.



Astrid Herbert-Ravel dans son bureau (Audrey Cerdan/Rue89)

La DRH de 35 000 postiers

Astrid Herbert-Ravel a toujours été « postière ». Après une école de commerce à Reims et un cursus d’administrateur des PTT, elle rejoint le service de ressources humaines du siège. Jusqu’à devenir la responsable RH de 35 000 personnes.

Elle est ambitieuse. On lui propose, en 2001, d’intégrer « un vivier pour se préparer à devenir cadre stratégique », raconte celle qui est aujourd’hui en arrêt longue maladie. « Mais tout a été stoppé net ! » Astrid se met à parler sans plus reprendre son souffle :

« Fin 2001, l’un de mes directeurs change. Rapidement, son remplaçant se montre méprisant, me casse devant les autres, me disant que je n’ai aucun avenir, que La Poste n’est pas une auberge espagnole. Il cherche à me déstabiliser. Il est capable de m’appeler à 11h55 pour me demander d’aller le représenter à midi en salle de réunion. Je découvre alors qu’on m’attend pour exposer la stratégie du métier devant 200 personnes, sans filet.

Il souffle le froid et le chaud : il m’encense sur des dossiers où je me trouve moyenne, mais me lamine là où je suis excellente. Il peut tout aussi bien me demander de faire des choses très difficiles qui ne relèvent pas de mon niveau, que me demander de servir le café.

 

Petit à petit, il se met à me fixer des objectifs sans concertation et sans moyens, en décrétant au moment de les rédiger que, de toute manière, je ne les atteindrai pas. Il veut par exemple que j’organise des séminaires dans des grands hôtels mais sans budget. Je n’ai qu’à “me débrouiller”. »

Au bout de quelques mois, Astrid prévient sa hiérarchie qu’elle souhaite changer de poste :

« La hiérarchie se dit “consciente du problème” – le nouveau directeur a un passif lourd – mais, contrainte par le siège, elle ne peut “pas faire de miracle”. »

La jeune femme trouve finalement une place, à la direction des centres financiers. Elle doit négocier son départ avec le directeur qu’elle fuit.



Des dossiers dans le bureau d’Astrid (Audrey Cerdan/Rue89)

« Vous m’appartenez ! »

L’entretien a lieu le 13 Juin 2002 :

« Vers 18 heures, j’entre dans son bureau. Je lui dit que visiblement mon travail ne lui apporte pas toute satisfaction et que les relations de travail que nous avons dans son contexte ne me conviennent pas non plus. Dans ces circonstances, il vaut mieux prévoir une évolution professionnelle et je suis venue discuter avec lui des modalités de mon départ, à moyen terme.

Il ne me laisse pas aller plus loin, il se met en colère de suite. Il me pousse contre le mur, lève la main et met son genou entre mes jambes. Il me hurle au visage : “Vous n’aviez pas à parler de ce qui se passe entre vous et moi ici. Vous êtes à moi, vous n’irez nulle part, vous m’appartenez !”

Je me débats, je réussis à ouvrir la porte de son assistante pour quitter le bureau. Il hurle : “La Poste est petite. Si je vous retrouve, je vous règlerai votre compte.” »

Son mari la retrouve prostrée dans un coin de l’appartement. Elle est placée le soir même en arrêt maladie.

« Sûre de moi, je suis devenue une ombre »

L’ancienne DRH raconte son histoire comme elle raconte celle des autres postiers abîmés.

« C’est l’histoire de Jérémie, à Rennes, qui s’est défenestré devant les clients. »

« C’est ce postier que son supérieur a forcé à témoigner contre sa collègue, pour la faire passer pour folle. »

« C’est le cas de Fabiola, à qui on fait commettre des erreurs, pour les lui reprocher. Elle finit licenciée, et détruite moralement. »

Des dates, des phrases maintes fois répétées on dirait. Elle parle haut et nerveux, comme pour éloigner les faits, les faire résonner à bout de bras sous le haut plafond qui l’abrite. Elle parle au présent, comme pour convoquer le passé à volonté, reprendre le contrôle.

Astrid n’a qu’une peur, qu’on ne comprenne pas. Comment quelques secondes, quelques mots, quelques gestes ont-ils fait basculer sa vie ?

« J’étais sûre de moi, je suis devenue une ombre. Dans le harcèlement, il y a un avant et un après. C’est une attaque contre les fondations, l’identité. La personne que l’on était ne reviendra jamais. »

Depuis dix ans, Astrid fait des cauchemars. Elle rêve d’un couloir : derrière chaque porte, son ancien responsable. Elle rêve d’une benne à ordures, pleine de cartons : on l’y jette, elle n’arrive pas à en sortir.

Pourquoi n’a-t-elle pas quitté La Poste ?

« Il fallait au minimum quinze ans de service pour avoir une retraite à l’âge requis, sinon toutes les cotisations étaient perdues. »

Enfermée « dans une logique sans issue »

Astrid s’entête. La jeune femme s’est enfermée « dans une logique kafkaïenne sans issue possible », dans une « vaste toile d’araignée dont elle ne pourrait sortir », comprend le Dr Marie Pezé, qu’Astrid consulte hors de l’entreprise. Les rapports de la spécialiste de la souffrance au travail sont envoyés à La Poste, sans suite.



Astrid chez elle à Paris en novembre 2012 (Audrey Cerdan/Rue89)

 

Astrid a pourtant activé le « protocole harcèlement moral » prévu dans l’entreprise. En réponse, la direction constate, en 2004, un problème organisationnel et une « incompatibilité de fonctionnement et de caractère », à la source d’une « situation de souffrance au travail vécue comme du harcèlement moral ».

Des actions doivent être mises en œuvre : Astrid ne reprendra pas le travail dans les mêmes locaux, son rythme et ses horaires seront définis en fonction des préconisations du médecin de prévention, etc. Mais aucune n’a été suivie, constate l’ancienne DRH :

« On pousse le vice jusqu’à me faire reprendre le travail en 2005 sur le même lieu que mon harceleur.

Après des mois d’inactivité à la maison, et des missions bidons, je suis mutée au service logement de La Poste en 2008, que j’ai contribué à créer dix ans plus tôt. Mais cette fois-ci, je reviens par la petite porte : je dois m’installer dans un petit bureau isolé, à l’entresol dans l’escalier de secours à l’extérieur du service. J’y reste des mois sans boulot. »

Fin 2006, Astrid tente de se suicider.

Contactée à plusieurs reprises, La Poste n’a pas donné suite à nos demandes d’entretien sur le parcours de l’ancienne DRH.

« Des méthodes hors-la-loi »

En dix ans, Astrid a eu deux enfants. Elle a aussi peint, beaucoup, les murs de son appartement, transformé l’ancien atelier de couture décrépi en musée. Chaque objet rapporté – elle a vécu en Polynésie française et beaucoup voyagé, plus jeune, avec son mari – a sa place sur une table basse, une étagère, un coffre.

Amusée de constater un tel ordonnancement, Astrid pose la voix, reprend un débit fluide :

« Je suis encore plus maniaque depuis cette histoire, comme si c’était trop le foutoir dans ma tête. »

Quelques feuilles traînent sur son petit bureau, elle s’excuse encore de ne pas avoir eu le temps de tout ranger. Astrid replonge en ce moment dans les témoignages qu’elle a recueillis pour y mettre de l’ordre. Elle veut les faire sortir de son sage classement :

« Il y a trop de parallèles entre toutes ces histoires de harcèlement. Ce sont des gens compétents. Un jour encensés, puis leur situation dérape d’un coup. Ils gênent, ont le malheur de ne pas s’entendre avec leur supérieur, sont délégués syndicaux… On les isole, on les surcharge de travail, on les sanctionne abusivement…

Sans plan social, La Poste aura perdu 80 000 postes en dix ans et la moitié de ses effectifs d’ici à 2015, c’est de la magie  ! Je ne remets pas en cause la nécessité d’évoluer de l’entreprise. Mais ses méthodes indignes, hors-la-loi et contraires aux valeurs de la République. »

Parallèlement à sa plainte au pénal – qui passe au tribunal en janvier 2013 –, Astrid Herbert-Ravel travaille, avec d’autres « postiers » et des syndicats, pour porter une plainte collective pour « harcèlement institutionnalisé » contre les dirigeants de La Poste.

Une telle procédure a abouti en juillet 2012 à la mise en examen de trois anciens dirigeants de France Télécom, suite aux suicides dans l’entreprise.

Source rue89.com du 10/12/2012

 

Suicides à La Poste: une ancienne DRH accuse la direction

Quelques semaines après deux suicides chez des salariés du groupe, une ex-responsable des ressources humaines dénonce un harcèlement moral "érigé comme mode de management".


Suicides à La Poste: une ancienne DRH accuse la direction

Astrid Herbert-Ravel, ancienne DRH des services financiers et du réseau grand public d'Ile-de-France, accuse de "harcèlement moral caractérisé" un "directeur récidiviste".

 

"J'ai moi-même traversé des moments suffisamment pénibles pour envisager le suicide." Dans une interview au magazine Challenges, une ancienne DRH de La Poste met en cause le management du groupe, quelques semaines après une suite de suicides dans l'entreprise

Astrid Herbert-Ravel, ancienne DRH des services financiers et du réseau grand public d'Ile-de-France, accuse de "harcèlement moral caractérisé" un "directeur récidiviste", et intente une action au pénal contre Jean Paul Bailly, le président de La Poste, ainsi que deux autres responsables des ressources humaines. 

"Silencieux et peu coûteux"

Mutations, intimidations, mises au placard... L'ancienne cadre dénonce un harcèlement moral "érigé comme mode de management, moyen silencieux et peu coûteux de se débarrasser des personnes gênantes". En arrière-plan, la réorganisation du groupe, accompagnée selon elle de dégraissages massifs et de licenciements abusifs. 

Pour Astrid Herbert-Ravel, les trois suicides des six derniers mois ne seraient que la face visible de l'iceberg: "Il y en aurait 73 identifiés l'an dernier, mais cela reste, selon moi, bien en deçà de la réalité", accuse-t-elle.

Source lexpress.fr du 30/03/2012

 

Suicides à La Poste : une ex-DRH accuse

INTERVIEW Astrid Herbert-Ravel, ancienne directrice des ressources humaines d'une division de La Poste, a porté plainte pour harcèlement moral contre son ex-employeur. L'audience au TGI de Paris est programmée pour janvier.

Ancien DRH à la Poste, Astrid Herbert-Ravel a porté plainte contre son ancien employeur pour harcèlement moral.L'audience à laquelle Jean-Pierre Bailly est convoquée doit se tenir en janvier. (SIPA)

Ancien DRH à la Poste, Astrid Herbert-Ravel a porté plainte contre son ancien employeur pour harcèlement moral.L'audience à laquelle Jean-Pierre Bailly est convoquée doit se tenir en janvier.

 

 

Ancienne DRH d’une grande division de la Poste, Astrid Herbert-Ravel a intenté une action judiciaire au pénal contre le président de la Poste. Elle vient d’obtenir une date d’audience de la 31e chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris. Jean-Paul Bailly est censé se rendre en personne, en janvier prochain pour y répondre de l’accusation de harcèlement moral. Elle a accepté de répondre aux questions de Challenges.

Quelle a été votre fonction au sein de La Poste ?

J’étais DRH des Services Financiers et du Réseau Grand Public d’Ile de France en 2002 quand je me suis retrouvée victime d’un harcèlement moral caractérisé, de la part d’un directeur récidiviste. Je suis alors entrée dans une longue et pénible période où j’ai été tour à tour mutée d’office, mise au placard, intimidée, renvoyée chez moi et poussée à la démission. J’ai moi-même traversé des moments suffisamment pénibles pour envisager le suicide.

Vous êtes toujours salariée de La Poste ?

Oui. Mais il m'est impossible d'y travailler, comme de très nombreuses personnes dont on ne sait que faire. J’ai ouvert une procédure de harcèlement, interne à l'entreprise, qui n’a pas été menée de façon objective. Voilà pourquoi, aujourd’hui j’ai décidé de passer la vitesse supérieure en attaquant nommément le président Jean-Paul Bailly ainsi que deux hauts responsables des ressources humaines pour harcèlement. C'est la seule façon aujourd'hui d'obtenir que les responsables viennent s'expliquer à la barre. L’audience de plaidoirie est prévue pour janvier 2013. Cela peut paraître lointain mais pour moi c’est enfin, peut-être la fin d’un long parcours.

N’est-il pas injuste de mettre en cause les dirigeants du groupe ?

Leur responsabilité est entière car ils ont l'obligation de prévenir et de traiter le harcèlement. Or, à La Poste, le harcèlement a été érigé comme mode de management, moyen silencieux et peu coûteux de se débarrasser des personnes gênantes, peu importe la raison. Quand La Poste est entrée dans une organisation par métiers, il y a quelques années, baptisée en interne "la métiérisation", des managers ayant des fonctions techniques sont devenus des directeurs à part entière, avec des responsabilités RH. Or ces responsables n’ont pas forcément été préparés alors qu’ils doivent eux-mêmes mettre en place de profonds changements à marche forcée avec des objectifs chiffrés.

Sachez que depuis 2003, 73.000 emplois ont disparu, sans l’ouverture du moindre plan social avec les outils d’accompagnement qui en découlent. Pendant ce temps, les règles RH sont devenues plus opaques et cloisonnées. Entre les mains de managers peu au fait des RH, c'est devenu le fait du prince, accentué sans doute par le passé de l'entreprise et ses coutumes.

Quelles sont les conséquences ?

On a dégraissé à la tronçonneuse, en poussant les salariés au départ. Les congés maladies et les cas d’inaptitude se sont multipliés, au point qu’un rapport de l’inspection du travail s'est ému de la tradition qui existe dans l'entreprise de pousser les salariés vers la maladie. Il y a aussi de nombreuses procédures disciplinaires abusives qui conduisent sans motif au licenciement. Autre méthode : l'incitation très forte à la retraite proposée en guise de sortie à des personnes en plein désarroi. Je dispose de nombreux témoignages de personnes qui m’ont contacté après m’avoir entendue à la radio.

Vous avez connaissance de cas de suicides ?

Oui, ça va bien au delà des 3 suicides médiatisés. Selon les syndicats, il y en aurait 73 identifiés l’an dernier, mais cela reste, selon moi, bien en deçà de la réalité. Et je ne compte pas les nombreuses tentatives, non comptabilisées ou alors considérées comme de simples malaises. Des tentatives de suicide, j'en ai vu quasiment dans tous les dossiers qu'il m'ait été donnés d'analyser.

Votre expérience et vos griefs personnels vous empêchent d’être objective sur le climat de stress et de mal-être au travail dénoncé par les syndicats.

La période difficile est derrière moi. Maintenant je ne me donne aucune chance de réintégrer l’entreprise, je porte un témoignage qui peut être utile. Je n’ai pas attendu les cas récents de suicides pour agir. J’ai écrit à Nicolas Sarkozy, François Baroin et Xavier Bertrand pour les alerter. L'Etat est l’actionnaire de référence de La Poste, il ne peut se désintéresser de cette affaire. La Poste est une bombe à retardement. On ne pourra pas dire qu'on ne savait pas.

 

Contacté par Challenges, le service de presse de La Poste nous a adressé cette réaction : "Madame Astrid Herbert Ravel communique de manière à soutenir sa procédure judiciaire en cours pour harcèlement moral contre trois dirigeants de La Poste dont deux qu’elle n’a jamais rencontrés et un, une seule fois, à sa demande. L’objet de sa procédure est d’obtenir de La Poste une transaction financière d’un montant astronomique au prétexte que ses dix dernières années professionnelles ne correspondent pas à ce qu’elle pense mériter. A ce stade La Poste réserve les éléments de ce dossier pour la justice."

Source challenges.fr du 29/03/2012

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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 18:10

Nathalie, ex hôtesse de l'air en invalidité, assiste au naufrage de son comité d'entreprise Le crash du CE d'Air France vécu depuis Saint-Memmie


La fin d'un style de vie. Cette Mengeote salariée de la compagnie aérienne se fait une raison, au fil des mails reçus sur son ordinateur.

«J 'AI l'immense tristesse de vous annoncer que le Comité central d'entreprise d'Air France va être déclaré en cessation de paiement. C'est le fruit de 60 années d'histoire commune à tous les salariés de l'entreprise qui s'apprête à disparaître ».
Telles sont les deux premières phrases du mail rédigé par Didier Fauverte, secrétaire général du comité central d'entreprise (CCE) d'Air France, que Nathalie a reçu mercredi.
Autrefois hôtesse de l'air sur les longs courriers reliant les aéroports asiatiques, cette habitante de Saint-Memmie assiste, impuissante, au crash du CCE de la compagnie aérienne depuis son appartement. Car Nathalie a été victime d'une maladie rare qui l'empêche de travailler normalement depuis une dizaine d'années.
Après avoir étudié le chinois sur les bancs du lycée, à Reims, elle s'était ensuite perfectionnée jusqu'à obtenir une licence à Jussieu. Sa maîtrise de la langue lui a valu d'être recrutée comme personnel navigant. La maladie a soudain stoppé net son activité professionnelle. Malgré plusieurs essais à d'autres postes au sol, elle a dû se résoudre à son état sans toutefois parvenir à se séparer de son uniforme. Il l'a suivi dans tous ses déménagements, soigneusement rangé.
« Ils me disaient qu'il se passait quelque chose »
Le CCE lui permettait de partir en vacances, de faire bénéficier son enfant de l'arbre de Noël de l'entreprise ou de colonies de vacances à des tarifs défiant toute concurrence.
« Je partais en vacances uniquement avec le CE » raconte-t-elle, « mais maintenant, je ne me risquerai pas à faire l'avance pour réserver ». Les premiers trous d'air ont été perçus par le personnel il y a trois ans. « Lorsque j'allais à Roissy, mes anciens collègues me disaient qu'il se passait quelque chose avec le comité d'entreprise, ils me conseillaient de ne pas mettre trop d'argent dans les réservations », se souvient l'hôtesse de l'air.
C'est en 2010 qu'un audit avait dans un premier temps relevé des dysfonctionnements importants dans la gestion de cette structure.
À tel point qu'une enquête financière avait été diligentée. Cette semaine, ce long processus a abouti à une situation extrême, sur fond de dissensions syndicales.
« Les élus avaient voté un emprunt de 17 M€ pour maintenir l'activité du CCE et financer les premiers départs. Un premier versement de 12,5 M€ a été réalisé. Le solde, soit 4,5 M€, devait être débloqué par le vote de la session pour finaliser tous les départs de salariés en Plan de Départs Volontaires », explique le secrétaire général (CGT) du comité dans son mail, « c'est ce qui vient d'être refusé, pour la deuxième fois consécutive, par une partie des syndicats représentés à la session du CCE. Par ma qualité de secrétaire général du CCE, je suis contraint d'aller déclarer la cessation de paiement du CCE d'Air France devant le Tribunal de grande instance de Bobigny ».
Nathalie semble se faire une raison, comme les 49 000 salariés dont le CCE gère les activités sociales et culturelles.
La fin peut-être d'un style de vie, d'une époque. Depuis la fenêtre de son modeste appartement, elle aperçoit maintenant la neige qui recouvre les toits de l'agglomération châlonnaise.

Source lunion.presse.fr

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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 18:05

Air France: le CCE au bord de la faillite

Miné par des problèmes de trésorerie récurrents et par une gestion calamiteuse des organisations syndicales, le comité central d'entreprise d'Air France pourrait se retrouver en cessation de paiement à la fin du mois.

AERONAUTIQUE- Pour subvenir à ses besoins, le comité a obtenu en juillet une ligne de crédit de 17 millions d'euros dont 12 millions ont été perçus, en échange du gage de sites de villages de vacances.

AERONAUTIQUE- Pour subvenir à ses besoins, le comité a obtenu en juillet une ligne de crédit de 17 millions d'euros dont 12 millions ont été perçus, en échange du gage de sites de villages de vacances.

Le comité central d'entreprise (CCE) d'Air France pourrait se retrouver en cessation de paiement à la fin du mois en raison d'un désaccord interne sur sa gestion, a-t-on appris mardi de sources syndicales.

Le secrétaire général du bureau Didier Fauverte (CGT) a été mandaté pour déposer le bilan du CCE auprès du tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis) dès lors que les fonds viendront à manquer, ce qui pourrait intervenir d'ici la fin janvier, a-t-on précisé de mêmes sources, confirmant une information du site latribune.fr.

En cause, un désaccord entre plusieurs syndicats, dont la CFDT et la CFE-CGC, sur la gestion du CCE par le bureau dirigé par la CGT depuis mars 2011, a-t-on souligné.

Le CCE d'Air France, qui emploie 280 personnes, a lancé en mars 2012 un plan de restructuration visant une réduction de 30% de sa masse salariale par le biais d'un plan de départs volontaires de 90 personnes, un objectif qui semble aujourd'hui hors d'atteinte avec seulement une cinquantaine de candidats.

Pour subvenir à ses besoins, le comité a obtenu en juillet une ligne de crédit de 17 millions d'euros dont 12 millions ont été perçus, en échange du gage de sites de villages de vacances.

Le bureau a mis aux voix lundi une décision qui visait à définir d'autres villages de vacances à mettre en gage pour tirer les cinq derniers millions d'euros de la ligne de crédit.

Mais cette décision a été rejetée à huit voix contre sept, plusieurs syndicats, comme la CFDT, réclamant en préalable la poursuite des réductions d'effectifs via un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), ce que refuse la CGT.

Problème de confiance

"Il y a un problème de confiance", a déclaré à Reuters Michel Salomon, secrétaire général adjoint de la CFDT à Air France. "Le bureau donne l'impression depuis six mois de ne pas montrer sa volonté de restructurer et on arrive à des urgences. On n'est pas rassurés."

Ronald Noirot, secrétaire général de la CFE-CGC à Air France, dénonce une "gestion délirante" de la part de la CGT avec des frais de fonctionnement exorbitants qui grèvent l'essentiel du budget du CCE.

La CFE-CGC discute avec les syndicats de navigants et la CFDT sur un plan alternatif, espérant dégager une majorité pour obtenir la révocation de la CGT de la tête du bureau avant les prochaines élections, prévues en mars 2015.

Source lexpansion.lexpress.fr

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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 18:39

Licenciements, protection... : ce qui change

Accord « historique » ou « au rabais » ? Même s'il est rejeté par deux syndicats (CGT et FO), le projet d'accord sur la flexibilité et la sécurisation du travail signé vendredi rebat les cartes du jeu entre entreprises et salariés.

 

De nouveaux droits

- La taxation des contrats courts était un enjeu clé. Les cotisations d'assurance-chômage de certaines catégories de contrats à durée déterminée (CDD) seront majorées (sauf intérim, remplacements et activités saisonnières).

- Les entreprises doivent proposer à leur personnel une couverture collective complémentaire santé.

- Les chômeurs reprenant une activité gardent leurs droits à l'assurance-chômage non utilisée (« droits rechargeables »).

- Le temps partiel est mieux encadré (24 heures minimum par semaine, sauf pour particuliers employeurs).

- Les salariés ont gagné des représentants dans les conseils d'administration des entreprises de plus de 5 000 salariés en France, ou de plus de 10 000 salariés au niveau mondial.

Plus de flexibilité

- Les entreprises confrontées à de « graves difficultés conjoncturelles » peuvent baisser les rémunérations et/ou le temps de travail pour une durée maximale de deux ans, avec la garantie de ne pas licencier.

- La réglementation des licenciements économiques est assouplie. Désormais, la procédure et le contenu d'un PSE doivent faire l'objet soit d'un accord majoritaire, soit d'une procédure d'homologation par l'administration. Le salarié peut également contester la validité d'un plan social auprès de la justice, mais dans un délai plus court.

- Pour faciliter les restructurations, la mobilité interne est obligée (à salaire et qualification égale) si un accord d'entreprise l'organise.

- Il est prévu une simplification et une unification des dispositifs de chômage partiel.

Source lavoixeco.com

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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 20:40

Harcèlement sexuel, racket, au nom d'un syndicat, pressions pour étouffer les affaires : scandale à la gare du Nord

Des plaintes sont déposées pour harcèlement sexuel, racket et escroquerie, à l'encontre d'un chef d'équipe  d'une société de nettoyage des trains, mais aussi un ex- représentant syndical.

Il a fallu des mois pour que l'affaire, révélée par l'Express.fr, sorte au grand jour. Les salariés concernés, femmes et hommes, ont eu beaucoup de mal à se faire entendre de leur employeur, la société H. Reinier, société de nettoyage, filiale du groupe Onet, et sous traitant de la SNCF pour le nettoyage des trains.

Ce sont d'abord trois femmes qui ont porté plainte pour harcèlement sexuel contre leur chef d'équipe. Ce dernier se serait livré à des attouchements fréquents sur ces femmes, accompagnés d'insultes.
Une première démarche, déja pas facile, mais lors de laquelle ces femmes s'aperçoivent que le responsable d'équipe est "soutenu" et même "protégé" par un délégué syndical, sous l'étiquette " Sud-Rail ".
Et ce délégué syndical est également bien connu dans l'entreprise pour des pratiques de racket, d'extorsion de fonds auprès d'employés de la société pour obtenir ou conserver un emploi. Selon l(Express, cet homme réclamait 100 euros pour l'obtention d'un CDD, et 2000 euros pour un CDI!!! Et ce délégué décidement escroc, empochait directement et pour lui même, les cotisations syndicales des adhérents, sans les reverser au syndicat "Sud-Rail". Plusieurs plaintes ont été déposées à l'encontre de cet homme sans scrupules. Et le syndicat "Sud-Rail" l'a exclu de ses rangs... qu'à cela ne tienne: il est immédiatement devenu délégué Force Ouvrière, retrouvant ainsi un mandat de salarié protégé.

La "bienveillance" de la société de nettoyage à l'égard de ce délégué syndical est largement dénoncée aujourd'hui. Plusieurs salariés qui avaient tenté de mettre ses pratiques en lumière auprès de la direction avaient immédiatement été réduits au silence.

Pour l'instant, bien sûr, chacun nie tout dans cette affaire assez nauséabonde.

Source paris-ile-de-france.france3.fr

 

Scandale syndical à gare du Nord: des plaintes pour racket et harcèlement sexuel

Des plaintes pour escroquerie et harcèlement sexuel visent un ex-délégué Sud-Rail d'une société de nettoyage des trains à Paris et l'un de ses soutiens. Révélations.

Sa voix déborde d'émotion lorsque cette Algérienne de 44 ans témoigne de ce qu'elle subissait, le samedi matin, quand elle travaillait, gare du Nord, à l'entretien des TGV ou des Thalys. "Un jour, Mourad (*) a pris ma main pour y introduire son doigt plein de crachat en simulant un coït. Lorsque je me suis baissée pour nettoyer les toilettes, il m'a attrapée par la taille et a frotté son bas-ventre sur mes fesses, puis il s'est caressé devant moi en hurlant comme s'il avait un orgasme. "Halima, elle, affirme avoir vu ce même collègue toucher les seins ou les fesses d'autres salariées. Quant à Boussaïna, elle assure l'avoir entendu crier: "Les femmes du nettoyage, c'est toutes des putes!" 

Le 12 décembre dernier, Kheïla, Halima et Boussaïna (*) se sont rendues ensemble au commissariat du Xe arrondissement de Paris, où elles ont porté plainte pour harcèlement sexuel ou moral. Depuis quelques jours déjà, l'affaire faisait grand bruit dans les coulisses de la gare. Avant tout parmi les employés de la société H. Reinier (3000 salariés), filiale du groupe Onet et sous-traitant de la SNCF pour le nettoyage des trains, mais également auprès des cheminots, qui ont fini par en être informés. 

 

Les femmes du nettoyage,c'est toutes des putes! 

 

Il a fallu des mois pour que le scandale, révélé ici par L'Express, s'ébruite. Les femmes concernées affirment en effet avoir éprouvé bien des difficultés à se faire entendre de leur employeur, l'agence parisienne de H. Reinier (250 salariés). Elles ne pouvaient pas non plus compter sur la section locale de leur syndicat, Sud-Rail, majoritaire au sein de l'agence: son délégué, Ahmed Essadek, soutenait le chef d'équipe accusé de harcèlement! Le 3 décembre dernier, Kheïla, Halima et Boussaïna ont donc commencé par s'adresser à l'Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT). Sa déléguée générale, Marilyn Baldeck, se souvient les avoir vues "très émues, très éprouvées et régulièrement en larmes pendant un entretien de plusieurs heures". Avant cette rencontre, elle n'imaginait pas une affaire d'une telle ampleur. "Parallèlement au harcèlement sexuel, des faits très graves de racket étaient dénoncés", précise-t-elle. 

100 euros en liquide pour un CDD

Au moins une dizaine d'employés de H. Reinier disent avoir dû remettre à Ahmed Essadek, le délégué Sud-Rail, des sommes en liquide afin d'obtenir ou de conserver un emploi: de 100 euros par mois, pour des contrats à durée déterminée (CDD), à 2000 euros, pour une titula- risation en contrat à durée indéterminée (CDI). En mars, mai et juillet 2012, cinq plaintes pour escroquerie ont été déposées en Seine-Saint-Denis ou dans l'Essonne. Sur procès-verbal, un Marocain de 28 ans a raconté avoir été recruté sur le marché de Bondy (Seine-Saint-Denis) par Essadek lui-même, auquel il aurait remis 100 euros en liquide pour décrocher un CDD. "Ahmed Essadek m'a dit: "Pas d'argent, pas de travail", a pour sa part déclaré un autre plaignant, prénommé Mohamed. Ayant refusé de lui donner ce qu'il me demandait, je n'ai plus obtenu de CDD." 

Mohamed, comme ses collègues féminines, a eu du mal à se faire entendre avant de porter plainte. Ainsi, en janvier 2012, il écrit à la direction nationale de H. Reinier, à Marseille. Pour toute réponse, on l'oriente vers le directeur de l'agence parisienne, Boris Galindo. Ce dernier lui donne rendez-vous non pas à son bureau, mais dans un hôtel, porte d'Italie. "Il m'a proposé du travail contre mon silence, accuse Mohamed sur procès-verbal. Je lui ai répondu qu'il n'en était pas question s'il laissait Essadek continuer son trafic." Interrogé par L'Express sur ces accusations, Boris Galindo, ancien militaire de carrière, s'offusque: "Je ne mange pas de ce pain-là, c'est de la calomnie! Avec la responsable régionale des ressources humaines, nous lui avons proposé une rencontre discrète afin qu'il puisse se sentir libre de parler." 

Mohamed, lui, n'a pas eu le sentiment d'être pris au sérieux. La direction d'H. Reinier serait-elle trop flexible avec Essadek, leader syndical atypique qui compte parmi ses adhérents 20 délégués du personnel et membres du comité d'établissement sur 24? Un constat s'impose: hommes ou femmes, ses détracteurs ont eu maille à partir, à un moment ou à un autre, avec la direction. A commencer par Rachid Lakhal, un cariste, élu CFDT, qui, dès le début de l'hiver 2012, dénonçait une forme de racket. En septembre dernier, ce Français d'origine marocaine, devenu dépressif, distribue dans la gare un tract accusateur et menace de s'immoler avec une bouteille d'essence. Réaction de la hiérarchie: cinq jours de mise à pied pour avoir mis en danger les voyageurs. "Je ne pouvais le laisser agir ainsi, explique Boris Galindo. Je lui ai conseillé de prendre contact avec notre cellule d'assistance psychologique, ce qu'il n'a pas fait." 

Kheïla, l'une des femmes qui se plaignent de harcèlement, s'est trouvée dans une situation analogue. Après avoir alerté sa hiérarchie, elle a été convoquée, le 20 décembre, à un entretien préalable à une éventuelle "mesure de sanction disciplinaire". Boris Galindo lui reprochait de s'autoproclamer porte-parole de victimes sans leur demander leur avis. Elle est pourtant sortie du bureau sans être sanctionnée. Probablement parce qu'elle s'est présentée avec 12 cheminots aguerris de Sud-Rail, extérieurs à l'entreprise H. Reinier. "Nous avons dit à Galindo qu'il était aberrant de lui reprocher de signaler d'autres victimes, raconte l'un d'eux. Et que nous pourrions déclencher, au niveau de la SNCF, une grève de soutien aux femmes harcelées dans son entreprise." A l'évidence, l'argument a porté... 

Son mandat de délégué lui a été retiré

Sur le front syndical, la donne a donc changé ces derniers temps. A la suite des signalements de l'AVFT, et des premiers remous, le conseil syndical régional Sud-Rail Paris-Nord a auditionné, le 11 dé- cembre, 15 des victimes supposées, qu'il s'agisse de cas de harcèlement ou de racket. Les cheminots disent avoir été "effarés" par ce qu'ils ont alors entendu. Pour Ahmed Essadek, la sanction est tombée aussitôt: son mandat de délégué lui a été retiré; l'ensemble de la section Sud-Rail de H. Reinier a été dissoute.  

Qu'à cela ne tienne, il n'a falluque quelques jours à l'intéressé pour retrouver un statut de salarié protégé, cette fois sous l'étiquette... Force ouvrière! Sollicité par L'Express, il se dit victime d'une cabale: "Je n'ai jamais fait de racket, et les accusations contre Mourad sont mensongères. "Ce dernier, également sollicité, n'a pas donné suite à notre appel. Côté Sud-Rail, l'affaire ne devrait pas en rester là, puisque le syndicat, qui affirme disposer de preuves solides, soupçonne aussi un détournement de cotisations, exigées en liquide, évalué à plus de 3000 euros. Cette fois encore, Essadek conteste les faits, en précisant qu'il n'était pas chargé de la collecte. 

L'offensive de la direction de Sud-Rail contre son ancien délégué et aux côtés des victimes sera-t-elle de nature à modifier l'attitude de la direction de H. Reinier? Au printemps dernier, celle-ci s'était contentée d'auditionner Lakhal, le cariste CFDT, puis Essadek, le second accusant le premier "de pousser les salariés à faire de faux témoignages". "Pour nous, l'extorsion de fonds n'est pas prouvée, mais nous nous plierons aux décisions judiciaires, prévient Boris Galindo. Cette affaire à la fois complexe et nauséabonde m'a particulièrement affecté. "L'enquête de l'inspection du travail a dû se conclure, elle, par une forte suspicion délictuelle puisqu'à l'automne dernier son directeur départemental a transmis son rapport au procureur de Bobigny. La justice, également saisie à Paris, devrait se prononcer bientôt sur les suites qu'elle entend donner. 

(*) Les prénoms ont été modifiés.

Source lexpress.fr

 

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Published by Cyril LAZARO - dans Réflexions
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