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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 19:10

Il n'est pas dans mes habitudes de m'immiscer dans l'actualité du patronat et ses déboires internes (ce ne sont pas les plus à plaindre), mais il y a un combat qui m'interpelle et que je désire soumettre au lecteur car au-delà des apparences, il y a un débat de fond qui nous concerne tous, celui du choix politique de l'indépendance énergétique de la France, et du démantèlement de la filière énergie.

Je me contente donc d'attirer l'attention sur ce dossier qui mérite toute notre attention. On ne change pas un grand patron par plaisir, mais pour assurer une nouvelle orientation stratégique en adéquation avec la politique que l'on mène.

Je laisse donc le lecteur se faire son opinion en l'invitant à pousser plus loin ses investigations.

Bien souvent l'information n'est donnée que pour nous mettre la puce à l'oreille, et si nous avons un peu de flair, nous pouvons remonter des pistes insoupçonnées...

Amitiés à tous et à toutes

Cyril LAZARO

 

Comment Areva a enquêté sur Anne Lauvergeon

LE MONDE | 21.01.2012

 

Anne Lauvergeon,l'ex-patronne du groupe Areva, a porté plainte pour espionnage et atteinte à la vie privée.

Anne Lauvergeon,l'ex-patronne du groupe Areva, a porté plainte pour espionnage et atteinte à la vie privée.

 

Dans la ténébreuse "affaire UraMin", l'accusation s'est déplacée en quelques jours d'Anne Lauvergeon vers un des dirigeants d'Areva, dont elle a été évincée en juin 2011 par le président Nicolas Sarkozy.

Sébastien de Montessus, 37 ans, l'un des quatre membres du directoire présidé par Luc Oursel, successeur de Mme Lauvergeon à la tête du groupe nucléaire, est désormais au coeur de la tourmente. Mme Lauvergeon va écrire aux membres du conseil de surveillance pour leur demander de faire toute la lumière sur son comportement.

Sur l'Intranet d'Areva, le 16 janvier, M. Oursel a reconnu qu'en mars 2011 le groupe "a fait appel à une société d'intelligence économique pour traiter un certain nombre de sujets", mais il n'a "jamais commandé l'utilisation de moyens illégaux". M. Oursel n'était pas informé de la commande faite à Alp Services, chargée d'enquêter sur plusieurs sujets sensibles : Greenpeace (finalement exclu du champ de l'enquête), l'environnement du secteur minier, le pouvoir des deux sociétés américaines fixant le cours de l'uranium (UX Consulting et Tradetech) et les conditions d'acquisition d'UraMin.

M. de Montessus, un "homme de Lauvergeon" Ce diplômé de l'Ecole supérieure de commerce de Paris (ESCP) est entré chez Areva en 2002, et Mme Lauvergeon l'a nommé patron du secteur minier en juillet 2007. "C'est-à-dire après l'acquisition d'UraMin", précise-t-il dans Le Figaro du 20 janvier, pour se dédouaner de toute responsabilité dans l'échec de l'opération UraMin, même s'il a eu son mot à dire sur les coûteux investissements réalisés pour développer le gisement de Trekkopje (Namibie). Une telle trajectoire-éclair est rare dans le nucléaire, où être X-Mines ou au moins "mineur" est un meilleur sésame. Mais Mme Lauvergeon reconnaît au jeune homme, qui n'a alors que 32 ans, un véritable don d'entraînement.

Un premier rapport "alarmant" sur l'acquisition d'UraMin Début 2010, M. de Montessus commande d'abord une première enquête à une obscure officine, Apic, sur l'achat de cette société canadienne pour 1,8 milliard d'euros en 2007. L'opération s'est soldée par un fiasco financier et industriel, puisque Areva a dû provisionner 1,9 milliard d'euros en 2010-2011. Il l'a fait, dit-il, "en coordination avec la direction de la protection d'Areva" chargée de la sécurité et de l'intelligence économique. Mais sans en référer à la présidente du groupe, qui affirme n'avoir eu "ce rapport indigent" que fin 2011, six mois après son départ d'Areva.

M. de Montessus ne s'explique pas sur le choix d'Apic, petite société ayant pour seuls employés son gérant Marc Eichinger et son épouse, avec un résultat négatif de 34 120 euros en 2010 (pour 55 000 euros de chiffre d'affaires) et des références inexistantes dans le monde de l'intelligence économique. Apic lui indique qu'UraMin n'a, contrairement à Paladin ou Uranium One, que des "ressources sans valeur commerciale" et qu'il flaire "opération très douteuse", voire "frauduleuse", avec "délit d'initié". Des conclusions suffisamment "alarmantes", selon M. de Montessus, pour confier une nouvelle enquête à Alp Services, société d'intelligence économique ayant pignon sur rue à Genève

La "chasse à l'homme" d'Alp Services La mission de son patron, Mario Brero, est de savoir dans quelles conditions UraMin a été racheté. M. de Montessus souhaitait "anticiper les attaques contre Areva sur d'éventuelles opérations douteuses" et "pouvoir répondre en connaissance de cause à toute attaque sur les conditions de cette acquisition", explique M. Brero. C'est à ce stade que les choses dérapent, car le patron du secteur minier cherche aussi à savoir, selon M. Brero, si Olivier Fric, époux de Mme Lauvergeon, et Daniel Wouters, directeur du développement minier d'Areva, "pourraient être impliqués" dans l'acquisition d'UraMin. Et même s'en être enrichis personnellement.

Les noms de M. Fric et de M. Wouters lui ont été communiqués par M. de Montessus. M. Brero reconnaîtra par la suite que "le mandat est problématique et délicat, car il pourrait impliquer Olivier Fric et/ou Daniel Wouters". Le commanditaire du rapport affirme, dans Le Figaro, n'avoir "à aucun moment demandé d'enquêter sur la vie privée des personnes, et encore moins d'utiliser des procédés illégaux". C'est pourtant ce qu'a fait Alp Services. Pour Mme Lauvergeon, "M. de Montessus a basculé dans la délinquance".

En vain. "Les recherches préliminaires sur M. Fric et sur M. Wouters ne nous ont pas permis d'obtenir d'informations pouvant laisser penser qu'ils auraient pu bénéficier, de manière illégitime, du rachat d'UraMin par Areva", conclut M. Brero. M. Wouters, qui a été espionné au même titre que M. Fric, par le biais de ses relevés d'appels téléphoniques, a déposé une plainte, à Paris, pour violation du secret des correspondances.

Des rapports cachés aux instances d'Areva Fin mai 2010, les conclusions du rapport d'Apic sont "transmises à la direction générale", assure M. de Montessus. Mme Lauvergeon affirme n'en avoir jamais eu connaissance. Il en est de même pour le rapport d'Alp Services, qui ne lui sera communiqué que mi-décembre 2011, ce qui la poussera à déposer une plainte avec son époux auprès du procureur de la République de Paris, notamment pour "complicité et recel de violation desecret professionnel" et "atteinte à l'intimité de la vie privée".

M. de Montessus n'a saisi ni le conseil de surveillance, ni le comité d'audit, ni le comité d'éthique, pointent ses détracteurs. Et pas davantage l'expert René Ricol. A la demande du chef de l'Etat, qui veut la tête de Mme Lauvergeon, ce proche de M. Sarkozy essaye alors de faire la lumière sur les comptes d'Areva et la transparence de son information financière.

"J'ai eu de nombreux entretiens avec les dirigeants, et je leur ai réclamé une information complète", précise-t-il au Monde. Notamment à M. de Montessus. Il va jusqu'à lui promettre la protection de l'Elysée au cas où Mme Lauvergeon le sanctionnerait pour avoir dévoilé des informations sur UraMin. En vain. M. de Montessus, qui lui a caché le rapport d'Apic, s'"étonne" aujourd'hui qu'il n'ait pas été communiqué à M. Ricol.

M. de Montessus dit avoir rompu avec Alp Services et suspendu ses paiements le 26 septembre 2011, quand il a appris que M. Brero "avait pu franchir la ligne rouge". Ce dernier indique qu'après cette date il a eu deux entretiens avec lui à Paris et un troisième à Val-d'Isère, le 22 décembre, "pour faire le point sur la crise qui s'annonçait".

Jean-Michel Bezat Source lemonde.fr

 

Lauvergeon dépose une nouvelle plainte pour espionnage

Le Monde.fr | 01.05.2012

 

http://archives-fr.novopress.info/wp-content/uploads/2010/10/Anne-Lauvergeon-2.jpg

 

L'ex-patronne d'Areva, Anne Lauvergeon, a déposé une nouvelle plainte lundi pour de présumés faits d'espionnage, a indiqué mardi son avocat, Jean Pierre Versini-Campinchi, confirmant une information du Canard enchaîné.

"Elle a été piratée sur ses ordinateurs personnels", qu'elle a fait vérifier après avoir eu des doutes à l'occasion de la publication de son livre Une femme qui résiste en avril, selon son avocat. Les vérifications menées par une société spécialisée ont permis de constater qu'elle a fait "l'objet d'une attaque, avec 23 000 tentatives d'intrusion en dix jours", selon Me Versini-Campinchi.

"C'est l'espionnage dans toute son horreur", a poursuivi l'avocat, qui dit avoir porté plainte lundi pour "violation du secret des correspondances et intrusion dans un système informatique". "J'espère que cette deuxième preuve d'un espionnage va mobiliser le parquet de Paris", a souligné Me Versini-Campinchi, en référence à une précédente plainte déposée par Mme Lauvergeon.

Elle avait déjà porté plainte en décembre 2011 pour des faits présumés d'espionnage dont elle et son mari, Olivier Fric, auraient été victimes en 2011. Le parquet de Paris a ouvert le 21 décembre une enquête préliminaire pour tenter de vérifier si le couple a effectivement été la cible d'écoutes illégales par des officines privées dans une enquête qui portait notamment sur les conditions de l'acquisition en 2007 par Areva de la société minière canadienne Uramin.

Le mandat d'"Atomic Anne" n'avait pas été renouvelé en juin 2011 après plus de dix ans à la tête d'Areva, se heurtant à ses mauvaises relations notoires avec le président Nicolas Sarkozy et avec le patron d'EDF, Henri Proglio.

Source lemonde.fr

 

Anne Lauvergeon charge Proglio et tacle Sarkozy

11 avril 2012

Dans un long entretien publié mardi sur L’Express.fr, Anne Lauvergeon, l’ex-patronne d’Areva, affirme qu’Henri Proglio, le PDG d’EDF, "est arrivé en se proclamant capitaine", tout en "en taclant ses coéquipiers". Quant à Nicolas Sarkozy, elle confie qu’en 2007, celui-ci souhaitait la nommer au ministère de son choix. A ses yeux, le chef de l’Etat "ne composait pas un gouvernement", mais "recrutait pour un casting".

"Atomic Anne" n’a pas pris de gants. Alors qu’elle publie un livre, La femme qui résiste, où elle revient sur son parcours à la tête d’Areva et son éviction en 2011, l’ex-patronne d’Areva s’est lancée dans une violente fronde envers Nicolas Sarkozy et Henri Proglio dans un long entretien publié mardi sur L’Express.fr. Celle-ci s’en prend vivement au chef de l’Etat. Anne Lauvergeon confie d’abord avoir décliné en 2007 une offre du président de la nommer au ministère de son choix. "Il ne composait pas un gouvernement, il recrutait pour un casting!", estime-t-elle. Avant de livrer son analyse : "Je crois au volontarisme du temps long, pas au volontarisme de l'instant, prétexte à une agitation médiatique."

Anne Lauvergeon égratigne ensuite le président-candidat à travers la nomination d’Alexandre de Juniac à la tête d'Air France, en novembre 2011. Sachant que celui-ci était auparavant le directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy. Anne Lauvergeon souligne que, lors d'un entretien, Nicolas Sarkozy lui a d’abord proposé la direction de la compagnie aérienne. Elle affirme avoir refusé "en s’étonnant", puisque "Alexandre de Juniac, un de ses grands amis, était candidat pour le poste". Puis de préciser que Nicolas Sarkozy lui a glissé qu’"Alexandre est un ami, mais il n'a pas le niveau, il ne sera jamais président d'Air France. Il faut être sérieux".

Les piques ne s’arrêtent pas là, puisque l’ancienne sherpa de François Mitterrand (chargée de mission pour l’économie internationale et le commerce extérieur) fustige les relations d’Henri Proglio, le chef de file d’EDF, avec Nicolas Sarkozy : "Saura-t-on un jour pourquoi le patron d'EDF a eu ainsi table ouverte à l'Elysée durant tout ce quinquennat?" Et d’illustrer son propos : "Regardez encore, la semaine dernière, les résultats de l'appel d'offres de l'Etat pour 10 milliards d'euros dans l'éolien offshore", s'interroge-t-elle.

"Un système de clan"

Enfin, elle affirme qu’"Henri Proglio est arrivé en se proclamant capitaine, en refusant systématiquement de passer le ballon et en taclant ses coéquipiers". Pour mémoire, celui-ci a pris les rênes du groupe public fin novembre 2009. "A peine nommé, il a critiqué publiquement la filière, qu'il connaissait fort peu, prônant le démantèlement d'Areva", poursuit celle qui est surnommée "Atomic Anne".

De plus, elle l’accuse d’avoir favorisé "un système de clan, de bande et de prébendes" qui a "proposé de transférer [les] droits de propriété intellectuelle mondiaux [du nucléaire] aux... Chinois, et de vendre du nucléaire à des pays où ce n'est pas raisonnable". Et en guise d’exemple, de citer la Libye et le "colonel Kadhafi". "Imaginez, si on l'avait fait, de quoi nous aurions l'air maintenant!", cingle encore l’ex-patronne d’Areva.

En réaction, Valérie Pécresse, porte-parole du gouvernement, a rétorqué qu'elle n'imaginait "pas un seul instant" que ce "scénario de fiction" ait "pu se produire", en rendant compte mercredi des travaux du Conseil des ministres. "Je crois que Mme Lauvergeon règle clairement des comptes avec le gouvernement et qu'elle fait campagne, aujourd'hui. Je le regrette", a-t-elle cinglé.

Source lejdd.fr

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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 11:16

29 avril 1720. Paris étripe ses flics accusés d'arrestations arbitraires. Ah, le bon temps !

Depuis des mois, enfants, femmes, vagabonds sont arrêtés arbitrairement et expédiés dans la colonie du Mississippi.

La colère parisienne couve depuis plusieurs semaines, voire depuis plusieurs mois, avant d'éclater ce lundi 29 avril 1720. Des centaines d'artisans, de portefaix, de domestiques, de commerçants se rassemblent aux carrefours armés de bûches, pavés, bâtons, outils et épée pour leur servir d'armes. La chasse aux archers du guet et aux exempts de l'armée est ouverte. Le gibier devient chasseur. Dès que l'un d'eux est attrapé, il est massacré. Tiens ce pavé dans la gueule, tiens ce bâton dans les côtes ! À la fin du jour, une dizaine de représentants de la loi font déjà la queue devant saint Pierre. Et bien davantage encore s'échappent, heureux de n'être que blessés par la foule en colère. La rue Saint-Antoine et le pont Notre-Dame ont connu les plus sanglantes échauffourées. La description de cette journée nous a été laissée par De Lisle, greffier au Parlement de Paris : "La populace s'était soulevée dans différents quartiers de la ville contre un grand nombre d'archers ou gens préposés pour prendre les vagabonds et gens sans aveu pour les conduire à Mississipi (orthographe du XVIIIe siècle, NDLR) parce que sous ce prétexte ils arrêtaient depuis quelques jours toutes sortes de personnes sans distinction, hommes, femmes, filles, garçons, et de tous âges, pour les y faire conduire aussi pour peupler le pays."

Voici le fond de l'affaire, la raison de l'ire parisienne : la Compagnie des Indes (ou encore Compagnie de Mississipi) appartenant au financier John Law a besoin de centaines, de milliers de colons. Or, l'appel au volontariat ne donne pas grand-chose. La Compagnie a beau soudoyer les journalistes de son temps pour publier des articles vantant la vie de colon, le rêve américain ne prend pas. Un autre témoin du temps, Mathieu Marais écrit : "Il semble que l'on veuille faire sortir tous les Français de leur pays pour aller là. On ne s'y prend pas mal pour faire de la France un pays sauvage et en dégoûter les Français." S'il n'y a pas de volontaires, il y a toujours la possibilité de déporter les pauvres bougres croupissant dans les prisons ! Ils ne sont pas suffisamment nombreux ? Pas grave, c'est tellement facile de remplir les prisons. Bien avant Sarko, on connaissait déjà la recette pour traquer les indésirables.

Des dizaines de milliers de SDF

Copain comme cochon avec Philippe d'Orléans, régent de France, John Law obtient la publication de l'ordonnance royale du 10 mars 1720 prescrivant l'arrestation de tous les pauvres hères de la capitale sans domicile fixe. Ils sont des dizaines de milliers dans ce cas ! À l'époque, les SDF grouillent dans la ville et le droit opposable au logement est encore moins respecté par l'État qu'aujourd'hui (oui, c'est possible !) Les archers du guet ne savent plus où donner de la tête. Mais cela ne suffit pas. Le 28 mars, une nouvelle ordonnance menace les domestiques, les gens sans aveu et les artisans qui agiotent rue Quincampoix d'être expédiés, eux aussi, en Louisiane et dans le Mississippi s'ils continuent à spéculer en bas du domicile de Law. Il faut dire qu'une spéculation effrénée se déroule dans la rue où les esprits enfiévrés par l'espoir d'un gain d'argent achètent et vendent les actions de la Compagnie des Indes. En une journée, des domestiques deviennent bien plus riches que leur maître, tandis que d'autres spéculateurs sont ruinés. Pour stimuler l'ardeur des archers et exempts, la Compagnie des Indes offre une pistole par personne livrée outre leur solde quotidienne de vingt sols. Inutile de dire que les arrestations se multiplient. Et tant qu'à faire, autant attraper des gosses pour ménager sa peine. D'où la colère des Parisiens.

À la date du 14 août 1719, dans le Journal de la régence, Jean Buvat écrit : "On tira des hôpitaux de Bicêtre et de la Salpêtrière cinq cents jeunes gens des deux sexes pour les embarquer à la Rochelle et les transporter au Mississipi. Les filles étaient dans des charrettes et les garçons allaient à pied, avec une escorte de trente-deux archers." Les charters de l'époque, sauf qu'en ce temps-là la France exportait ses propres ressortissants... En septembre, Buvat note encore : "On apprit aussi de la Rochelle que les cent cinquante filles qu'on y avait envoyées de Paris pour être transportées au Mississipi s'étaient jetées comme des furies sur les archers, leur arrachant les cheveux, les mordant et leur donnant des coups de poing, ce qui avait obligé les archers de tirer leurs fusils sur ces pauvres créatures, dont six avaient été tuées et douze blessées ; ce qui avait intimidé les autres de telle sorte qu'elles se laissèrent embarquer." Les prostituées, très nombreuses à cette époque, constituent également un gibier très recherché. Jean Buvat indique encore que les autorités parisiennes ont offert la possibilité à 180 filles ramassées sur le pavé de Paris de se choisir un époux parmi les hommes de la prison du même prieuré. "Après laquelle cérémonie, on les fit partir liés d'une petite chaîne deux à deux, le mari avec la femme, suivis de trois charrettes chargées de leurs hardes, et pour les soulager de temps en temps, ou pour voiturer ceux ou celles qui se trouveraient malades en chemin, escortés par vingt archers, pour les conduire à la Rochelle et de là être transportés au Mississipi, dans l'espérance d'une meilleure fortune."

Arrestations arbitraires

On comprend que ces arrestations arbitraires et les déportations de masse révoltèrent le bon peuple de Paris. "Personne n'osait sortir pour ses affaires ou pour gagner sa vie, même les gens de métier et les domestiques dont plusieurs avaient été arrêtés, n'étant pas en sûreté hors de chez soi", ajoute Buvat.

Le mardi 30 avril, les émeutes reprennent. Des archers sont pris à partie rue du Roi-de-Sicile. L'un est tué et les autres blessés. Le procureur général du roi se rend dare-dare au Parlement pour expliquer aux magistrats que les archers et les exempts avaient reçu l'ordre "d'arrêter les vagabonds et gens sans aveu, dont le nombre augmentait tous les jours dans la capitale". Il admet aussi que des arrestations arbitraires ont pu être faites. Du coup, un projet d'ordonnance royale est rédigé à la hâte pour permettre aux personnes victimes d'une arrestation arbitraire d'être entendues dans leur prison par un commissaire ou officier de police, tous les jours à midi. Et c'est le garde des Sceaux, en personne, qui statuera sur le bien-fondé de la plainte. L'ordonnance prévoit aussi une réorganisation des conditions d'arrestation par les archers. Le lieutenant de police demande également aux corps des artisans et des marchands de Paris de lui fournir la liste exacte des "enfants, des garçons de boutique et des apprentis" afin d'éviter toute erreur lors des arrestations à venir. Ces décisions font revenir le calme dans Paris. Mais cela ne fait que déplacer le problème, car les archers et les exempts se mettent alors à écumer les campagnes ceinturant la capitale pour continuer à alimenter les colonies. Le 15 juin, une nouvelle ordonnance "portant défense d'arrêter et d'inquiéter les habitants de la campagne et gens de profession" est publiée. L'histoire de France est un éternel recommencement...

Frédéric Lewino et Gwendoline Dos Santos Source lepoint.fr
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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 17:24

Argenteuil - Bezons : Elle porte plainte pour discrimination syndicale

 ARGENTEUIL, HIER. Ne retrouvant pas d’emploi après un licenciement économique, Nadia a décidé de tester les réponses de ses anciens supérieurs aux sollicitations de recruteurs potentiels. Ceux-ci auraient mis en garde contre son engagement syndical.

ARGENTEUIL, HIER. Ne retrouvant pas d’emploi après un licenciement économique, Nadia a décidé de tester les réponses de ses anciens supérieurs aux sollicitations de recruteurs potentiels. Ceux-ci auraient mis en garde contre son engagement syndical.

« Je paie mon engagement syndical et prud’homal. » Pour Nadia*, si elle ne trouve pas de travail, c’est le fait de son ancienne entreprise, Revlon France, où elle a travaillé dix ans comme assistante acheteur développement packaging, sur le site de Bezons. Elle vient d’ailleurs de déposer une plainte contre X pour discrimination en raison de l’activité syndicale auprès du parquet de Pontoise.


Licenciée économique en juillet dernier, Nadia recherche alors un emploi dans son domaine. « Mon CV étant disponible sur le Net, j’ai été contactée par des chasseurs de têtes à plusieurs reprises, détaille la quadragénaire, habitante des Coteaux à Argenteuil. J’ai rencontré cinq entreprises. Les premiers rendez-vous se sont très bien passés. Mais, au moment des vérifications de compétences, ça bloquait systématiquement. »

Elle fait alors appeler son ancienne société par une connaissance. « Mon contact s’est fait passer pour une agence de recrutement et a discuté avec deux de mes supérieurs, explique cette mère de famille. Dès les premières questions, ces personnes parlent de mes mandats de déléguée du personnel et de conseillère prud’homale à Pontoise. C’est une mise à mort professionnelle », s’insurge celle qui a fait enregistrer ces conversations. Dans la plainte, elle en rapporte des passages : « Elle a été pendant dix ans mon assistante […] elle a été très bien, très correcte, et un jour, elle a changé complètement d’attitude ; quand elle a fait partie d’un syndicat, j’ai eu les pires ennuis […] cela a fait de gros, gros soucis. » Lors d’un autre testing, un homme explique : « […] Je pense qu’elle ne pourra pas mener tout de front… et ses responsabilités en tant que conseillère au tribunal des prud’hommes… Il va falloir qu’elle choisisse. » Tous deux admettent pourtant qu’elle est « compétente ».

Pour Nadia, c’est la douche froide. « J’ai mis deux mois à me remettre de ces enregistrements, indique-t-elle. Et puis, je ne suis plus déléguée du personnel puisque je ne suis plus dans l’entreprise. Concernant mon mandat prud’homal à la section encadrement, je ne verrai pas pourquoi je devrais faire un choix… Maintenant, je comprends mieux la frilosité des recruteurs à m’embaucher », réagit-elle, agacée. Pour l’union départementale de la CGT, constituée partie civile dans cette affaire, « c’est inadmissible ». « La discrimination syndicale, ça existe. Mais, il est peu fréquent d’avoir à faire à ce genre d’attitude. Les propos tenus sont sans ambiguïtés, sans appel », s’insurge Melissa Allal, secrétaire générale de la CGT Cergy et membre de la direction de l’union départementale. « C’est totalement prohibé », renchérit l’avocate de Nadia, Véronique Lanes. Jointe par téléphone, la direction, basée à Paris, n’a pas souhaité s’exprimer.

* Le prénom a été modifié.

Par MAïRAM GUISSÉ Source leparisien.fr

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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 20:08

Vente des navires, création de la SCOP : le mois de mai s'annonce décisif pour SeaFrance

samedi 14.04.2012  - PAR BRUNO MALLET

 Philippe Brun, Eric Vercoutre et Didier Cappelle ont fait le point sur la situation. PHOTO JEAN-PIERRE BRUNET

Philippe Brun, Eric Vercoutre et Didier Cappelle ont fait le point sur la situation.

 

Au lendemain de la diffusion en avant-première du film documentaire sur leur combat (« SeaFrance, la dernière manche »), les ex-marins de SeaFrance favorables au projet de SCOP se sont réunis en assemblée générale, hier matin. Ils l'affirment : la dernière manche ne fait que commencer, et ils vont la gagner.

 

On avait quitté les troupes de la SCOP dépitées, presque démobilisées. C'était au bowling, le 23 mars, et leur avocat Philippe Brun avait clamé son « désarroi », son « pessimisme ». Le projet de SCOP était dans le vague, celui d'Eurotunnel dans le flou.

 

Hier, toujours au bowling, c'est au contraire un vent d'optimisme qui a soufflé. Par la voix de Didier Cappelle, d'abord, qui a fait le point sur la cession des actifs. Il semble qu'Eurotunnel est aujourd'hui le candidat le plus sérieux à cette reprise. « Ni Louis-Dreyfus, ni P&O ne se sont présentés à l'audience informelle du 3 avril devant le tribunal de commerce, a indiqué le secrétaire du syndicat maritime nord. Alors que Jacques Gounon était là en personne pour défendre la position d'Eurotunnel. Manifestement, son intervention a été appréciée à sa juste valeur par le juge.

Même si on n'est jamais à l'abri de rebondissements, le bébé se présente bien. » Tellement bien que les dates possibles d'accouchement sont désormais connues. Le 4 mai, Eurotunnel présentera au juge-commissaire son offre chiffrée. Le 10 mai, une audience aura lieu. Outre Eurotunnel pour la reprise des actifs, seront également présents des représentants des salariés, du comité d'entreprise et de la SCOP, pour présenter au juge le volet social de la reprise. Le juge-commissaire devrait rendre son ordonnance le 17 ou le 24 mai. « Le temps semble long, mais on sait désormais que dans un mois, les choses seront fixées », souffle Didier Cappelle. Jean-Michel Giguet, qui dirigera l'éventuelle société d'exploitation (SCOP ou autre), travaille déjà sur les arrêts techniques des trois navires, immobilisés depuis le 15 novembre. Au mieux, si Eurotunnel obtient les navires, et si la société d'exploitation (dont les contours et les liens qui la liraient avec l'armateur Eurotunnel restent à préciser) se monte rapidement, une nouvelle compagnie pourrait naviguer sur le détroit l'automne prochain.

Source lavoixdunord.fr

 

SeaFrance: le repreneur de trois navires connu en mai (avocat)

Le repreneur des trois navires appartenant à l'ancienne société de ferries SeaFrance, liquidée le 9 janvier, sera connu "le 17 ou le 24 mai", a indiqué vendredi Me Philippe Brun, l'avocat des ex-salariés de la compagnie.

Selon Me Brun, les candidats potentiels à la reprise de ces trois navires -- le Berlioz, le Rodin et le Nord-Pas-de-Calais -- doivent déposer leurs offres d'achat auprès du tribunal de commerce de Paris "le 4 mai", et la décision du juge-commissaire doit intervenir "le 17 ou le 24 mai".

La société d'exploitation du tunnel sous la Manche Eurotunnel, qui soutient le projet de reprise de SeaFrance par une Scop (coopérative ouvrière, ndlr), avait déclaré en mars qu'elle allait déposer une offre dans la "deuxième quinzaine d'avril" pour les trois navires.

Si celle-ci se concrétise, la Scop pourra "commencer l'exploitation des navires dès le début du mois de juillet, avec l'embauche de 500 anciens salariés pour les trois navires sur l'année qui viendra", a estimé Me Philippe Brun.

La décision du tribunal de commerce de Paris coïncidera avec une audience devant le tribunal de grande instance de Calais les 23 et 24 mai prochains, lors de laquelle quelque 200 dossiers de contestation de licenciement par d'anciens salariés seront étudiés, a rappelé l'avocat.

"A ce jour, 762 ex-salariés ont décidé de contester leur licenciement, parmi lesquels 350 à 370 licenciés lors du dernier plan de sauvegarde de l'emploi", a précisé Me Brun à l'issue d'une réunion d'information du syndicat Maritime Nord (majoritaire) à Calais.

Ces nouvelles requêtes "seront transmises prochainement au tribunal d'instance de Calais" et sont dirigées contre SeaFrance, filiale à 100% de la SNCF, mais aussi contre cette dernière, a expliqué l'avocat.

Elles visent "à mettre en cause la responsabilité solidaire de SeaFrance et de la SNCF" dans ces licenciements "sans cause réelle ni sérieuse", a-t-il encore dit.

"Notre ambition, c'est d'arriver à 1.000 dossiers de contestation, avec les près de 250 salariés qui n'ont pas encore été licenciés. Et notre ambition suprême, c'est que tous les anciens salariés de SeaFrance soient devant le tribunal d'instance", a lancé Me Brun.

Source calais.maville.com

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 19:04

Voici le lien d'un article qui vient de paraître et que je n'ose même pas reprendre tant le contenu est aux antipodes de ma conception du syndicalisme et décridibilise le sens même de l'action syndicale.

La bonne question étant : comment peut-on en arriver là!

Si des camarades ont envie de se faire du mal...

http://owni.fr/2012/04/03/le-train-de-vie-de-la-cgt-deraille/

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 17:32

Surmenés, surveillés, surchargés : le quotidien de 8 millions de salariés

Par Ivan du Roy (26 mars 2012)

Intensification du travail, surveillance accrue des salariés par leur hiérarchie, pénibilités physiques toujours très présentes... Tels sont les enseignements de la nouvelle étude sur l’exposition aux risques professionnels que vient de publier le ministère du Travail. Elle révèle un accroissement des situations de « tension au travail » dans un contexte où le Medef, au nom de la compétitivité, cherche à remettre en cause nombre de dispositions du droit du travail.

Les conditions de travail se dégradent-elles ? Quelles sont les contraintes et pénibilités qui pèsent sur les salariés ? Et les risques encourus ? L’enquête « Sumer » (Surveillance médicale des expositions aux risques professionnels) nous livre une photographie, bien plus étayée qu’un vulgaire sondage, de la situation des 22 millions de salariés français. Cette étude lancée par la direction générale du travail (DGT) et la Dares [1] est réalisée tous les 9 ans par 2 400 médecins du travail auprès de 48 000 salariés du privé et du public.

Une fois n’est pas coutume, commençons par quelques aspects positifs. Il y a vingt ans, près d’un salarié sur trois travaillait plus de 40 heures par semaine. Ils ne sont plus que 18 % aujourd’hui, grâce notamment aux 35 heures. Cette diminution du temps de travail demeure cependant virtuelle pour un cadre sur deux, au bureau plus de 40 heures par semaine (48 % aujourd’hui contre 63 % il y a vingt ans). Dans les ateliers ou sur les chantiers, les contraintes physiques intenses baissent légèrement. Elles concernent les personnes obligées de travailler debout, de porter des charges lourdes, d’effectuer des gestes répétitifs (le travail à la chaîne, par exemple) ou soumis à des vibrations. En 1994, près de 46 % des salariés étaient ainsi régulièrement confrontés à au moins une de ces contraintes [2]. Cette proportion descend en dessous de 40 % en 2010. Soit près de 9 millions de personnes. Sans surprise, ce sont principalement les ouvriers, les employés de commerce et de service, le secteur de la construction et le monde agricole qui sont les plus exposés, avec comme possible conséquence des problèmes de dos, des douleurs aux articulations et des troubles musculaires. Seule l’exposition au bruit progresse : un salarié sur cinq travail dans un environnement sonore supérieur à 85 décibels, soit le bruit d’un camion roulant à 50 km/h.


Intensification du travail

Malgré un recours de plus en plus grand aux molécules chimiques dans l’industrie, l’exposition globale aux produits chimiques diminue depuis 2003. Un salarié sur trois est exposé à au moins un produit dangereux dans le cadre de son travail avec, en cas de contact, des risques immédiats – brûlure irritation, réactions allergiques – ou différés dans le cas des cancérogènes. Ce qui concerne quand même plus de 7 millions de salariés, là encore principalement des ouvriers qualifiés et non qualifiés. Une « décrue » liée au « renforcement de la réglementation » depuis 2001, conséquence, entre autres, des grandes mobilisations sur l’amiante.

Ces légères améliorations se font cependant dans un contexte d’intensification du travail. Contraintes de rythme, quantité de travail excessive, polyvalence, objectifs irréalistes ou flous, ou instructions contradictoires se multiplient au sein des entreprises. Le nombre de salariés soumis à au moins trois contraintes de rythme – lié à la cadence automatique d’une machine, à la dépendance immédiate vis-à-vis du travail de ses collègues, aux normes et délais de production à respecter en moins d’une journée, ou au contrôle permanent de la hiérarchie… – passe de 28 % à 35,5 %. « L’intensité du travail est l’une des principales dimensions des facteurs psychosociaux de risque au travail », rappelle l’étude. Et ce risque concerne 7,7 millions de personnes, aussi bien les ouvriers, les employés et les cadres. Travailler plus en moins de temps, voilà un nouveau slogan…


Des salariés davantage surveillés

« La proportion de salariés contrôlés en permanence par leur hiérarchie s’est accrue entre 2003 et 2010, notamment pour les employés de commerce et de service », souligne encore l’étude. Cette surveillance permanente concerne plus d’un salarié sur quatre. Le contrôle informatisé, lui, continue de s’étendre partout, aussi bien dans l’industrie que dans les services, et touche autant les cadres que les ouvriers qualifiés. Si, globalement, le temps de travail hebdomadaire diminue, la flexibilité du temps de travail s’accroît. Le travail le dimanche et les jours fériés augmente, concernant 31 % des salariés, principalement dans le commerce. Ceux-ci sont également confrontés à la multiplication des horaires variables. Un salarié sur dix demeure soumis à des horaires imprévisibles d’une semaine à l’autre !

L’intensification du travail – davantage de sollicitations en moins de temps – s’accompagne d’un « net accroissement » des situations de « tension au travail » : lorsqu’un salarié est confronté à une forte demande (rythme, objectifs, diversité des tâches à accomplir…) sans disposer de la marge de manœuvre nécessaire pour y répondre. De plus, la part de salariés estimant rencontrer un comportement hostile (22 % des salariés) ou méprisant (15 %) au travail augmente de manière notable. Cette charge psychologique vient ainsi s’ajouter à des pénibilités physiques qui diminuent très lentement. À l’heure où l’on ne parle que de compétitivité ou de réduction des coûts, il serait peut-être temps que ces questions liées aux conditions de travail et aux conséquences qu’elles font peser sur la vie quotidienne des salariés émergent dans la campagne électorale.

Ivan du Roy

Notes

[1] Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques.

[2] Au moins 20 heures par semaine pour la manutention manuelle de charges, pour le travail debout, au moins 2 heures par semaine pour les autres contraintes posturales (position à genoux, maintien de bras en l’air, posture accroupie, en torsion, etc.).

 

Source bastamag.net

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 18:34

Un petit article divertissement qui met du beaume au coeur.

Je dis divertissement car à Disney on a plutôt l'impression que ce sont les grèvistes qui sont séquestrés... Imaginez dans quelle misère sociale nous nous trouvons!

Amitiés à tous et à toutes

Cyril LAZARO

 

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Avril 2010 Les salariés de l'équipementier automobile Sodimatex occupent leur usine à Crépy-en-Valois (Oise) et menacent de la faire sauter. Ils obtiennent une prime extralégale de licenciement de 21 000 euros. Ce scénario s'est produit de nombreuses fois depuis le début de la crise économique. La médiatisation des conflits sociaux a permis aux salariés de faire aboutir leurs revendications.

 

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Mars 2009 Les salariés de Sony France du site de Pontonx-sur-l'Adour (Landes) retiennent leur PDG pendant vingt-quatre heures. Deux semaines plus tard, 13 millions d'euros supplémentaires d'indemnités et des conditions de reclassement plus favorables sont octroyés aux salariés.

 

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Mars-avril 2009 Le directeur industriel de l'usine 3M de Pithiviers (Loiret) est séquestré le 24 mars dans son bureau pendant plus de trente heures. Le 2 avril, un plancher de 30 000 euros est fixé pour les indemnités de licenciement et les congés de mobilité sont allongés.

 

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Mars-avril 2009 Le directeur des ressources humaines de Caterpillar France et trois autres cadres dirigeants sont retenus vingt-quatre heures à Grenoble (Isère), le 31 mars. Une semaine après, le nombre de licenciements est ramené de 733 à 600 "sous conditions", et l'enveloppe du plan social passe de 48,5 à 50 millions d'euros. Les syndicats veulent encore négocier.

 

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Avril 2009 Sur le site de Scapa à Bellegarde-sur-Valserine (Ain), quatre cadres sont séquestrés pendant la nuit du 7 au 8 avril. Le montant total des indemnités de départ passe de 890 000 à 1,7 million d'euros.

 

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Avril 2009 Les salariés de Molex de l'usine de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne) séquestrent deux de leurs dirigeants. Un accord de sortie de crise prévoit le report de quatre mois de la fermeture de l'usine et le paiement des jours de grève.


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Juillet 2009 Les 366 salariés de New Fabris, entreprise spécialisée dans la fonderie en aluminium pour l'automobile, à Châtellerault (Vienne), menacent de faire sauter leur usine, placée en liquidation juidiciaire. Ils obtiennent une prime de départ de 12 000 euros net, en plus des indemnités légales.


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Juillet 2009 Les salariés grévistes de Nortel, à Châteaufort (Yvelines), menacent pendant vingt-quatre heures de faire sauter leur entreprise avec des bouteilles de gaz. Ils réclamaient des indemnités de départ supralégales. Ils obtiennent gain de cause.


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Janvier 2010 Après des mois de conflit, quatre dirigeants du groupe métallurgique suédois Akers sont retenus, pendant plus de vingt-quatre heures, dans leur usine de Fraisses (Loire). Un accord est finalement trouvé avec la direction. Les syndicats réclamaient une prime extralégale de licenciement de 45 000 euros. La direction leur proposait 30 000 euros.


sullair europe

Mars 2010 Les salariés de Sullair Europe, usine d'outils pneumatiques menacée de fermeture, retiennent pendant une quarantaine d'heures leur nouveau directeur exécutif, Yves de Waroquier, le jour de sa prise de fonction. Les salariés réclament 50 000 euros par salarié à titre de "préjudice moral", arguant du fait que l'usine est "viable". Aucun accord n'a pour l'instant été conclu entre direction et salariés.


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Mars 2010 Après plus de six mois de négociations portant sur la restructuration de l'usine Siemens de Saint-Chamond (Loire), les salariés retiennent pendant deux jours des cadres dans les locaux. La direction accepte finalement que les indemnités supralégales bénéficient à l'ensemble des salariés licenciés. Par contre, la direction refuse de porter ces indemnités de 25 000 à 45 000 euros.


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Avril 2010 Les salariés de la société Poly Implant Prothèses menacent de mettre le feu aux locaux de leur entreprise placée fin mars en liquidation judiciaire. Ils réclament des "indemnités de licenciement décentes".

Source lemonde.fr


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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 20:12

 

 

tropvieux-copie-1.jpgParmi les candidats à l'emploi rencontrés à la 18ème édition de la Bourse de l'emploi, Joëlle, 52 ans. Son histoire n'est pas particulièrement singulière car une myriade de personnes se reconnaitront dans celle-ci. Le véritable problème, c'est qu'on n'en parle pas assez.

La discrimination selon l'âge, comme toute discrimination à l'embauche ne devrait pas exister.

"Je travaillais comme vendeuse dans un magasin de puériculture. La société française a fermé tous ses magasins en Belgique, il y a environ un an. Depuis, je suis à la recherche d'un emploi similaire. Souvent, j'essuye des refus...liés à mon âge. C'est difficile de s'entendre dire qu'on est trop vieux. Est-ce-qu'on est trop vieux quand on a atteint la cinquantaine ?".
"J'ai postulé pour un job dans un magasin de chaussures. Le propriétaire n'était pas très enthousiaste. Je pensais au départ que c'était parce que je ne suis pas tout à fait bilingue. Apparemment, ce n'était pas ça qui le dérangeait. Il m'a alors demandé mon âge. je le lui ai donné et tout de suite il a rétorqué que j'étais trop âgée". Une réponse indélicate et particulièrement difficile à digérer.

Autre histoire, autre malaise. Cindy, 35 ans, est en préavis non presté. ''J'espère avoir des réponses positives à la Bourse de l'emploi. Je ne possède pas de diplôme, mais j'ai une expérience dans l'administration et la réception, acquise dans une maison pour personnes âgées. A cause d'une restriction de personnel, je dois chercher un nouvel emploi. J'accepte tout sauf dans le nettoyage car j'ai de gros problèmes de dos. Je recherche intensément un nouveau boulot car je ne veux pas me retrouver au chômage d'autant que j'ai deux enfants âgés de 6 et 7 ans."

Motivée, Cindy l'est. Mais cette détermination est fragile et peut se briser à tout moment. Le plus difficile pour cette mère de famille, c'est l'attente d'une réponse...qui, trop souvent, ne vient jamais. "Je trouve que c'est la moindre des choses d'assurer le suivi de la candidature et d'annoncer si celle-ci est acceptée ou pas. C'est insoutenable de rester dans l'attente. On ne peut pas laisser les gens ainsi dans l'incertitude. On a besoin d'une réponse afin de ne pas espérer pour rien !"
                                                                               article de Thibaut Van DER NOOT
                                                                  
journal Vlan Bruxelles

 

Source http://etnotredevenir-il-est-ou.over-blog.com/

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 07:06

Mobilisation des salariés d'Alcatel-Lucent pour les salaires

Plusieurs centaines de salariés de l'équipementier télécoms Alcatel-Lucent se sont rassemblés lundi devant le siège du groupe à Paris pour réclamer des hausses de salaires, mais la direction, qui a annoncé un gel au niveau mondial pour 2012, est restée ferme.

Ils étaient 800 selon la police, et "plus d'un millier" selon les syndicats du groupe, qui emploie quelque 9.000 personnes en France.

Une intersyndicale CFDT, CFE-CGC et CGT avait appelé à ce rassemblement et à faire grève pour dénoncer une "politique salariale injuste et injustifiée" alors que le groupe fait des bénéfices.

"Ils nous ont annoncé un gel des salaires pour 2012. On demande au moins un maintien du pouvoir d'achat avec une augmentation de 2,5%", a expliqué Hervé Lassalle (CFDT), ajoutant que les syndicats réclamaient des promotions et une meilleure répartition des bonus entre salariés.

Dans une ambiance bon enfant, les salariés, venus des différents sites à bord d'une quinzaine de cars, se sont rassemblés devant le siège près de la tour Eiffel, certains portant des brassards "0%, non!".

Une délégation a été reçue par le directeur général Ben Verwaayen. Ce dernier a réaffirmé qu'"il n'y aurait pas d'augmentation de salaires pour l'année 2012, hormis des exceptions liées aux promotions", a indiqué une porte-parole de la direction, insistant sur le fait que le gel avait été décidé pour l'ensemble du groupe et pas seulement pour la France.

Selon elle, la direction a également "insisté sur son souci de préservation de l'emploi", un point "facilement connectable" à la question salariale.

"La direction nous a envoyés paître", a déploré de son côté Stéphane Dubled (CGT), assurant que les salariés n'avaient "pas dit leur dernier mot" et soulignant qu'ils avaient reçu la visite du secrétaire général de la CFDT François Chérèque.

A l'appui de leurs revendications, les syndicats soulignent qu'Alcatel-Lucent a enregistré de bons résultats en 2011, avec un bénéfice net d'un milliard d'euros. Il s'insurgent également contre le fait que les principaux dirigeants, soit une quinzaine de personnes, aient vu leur rémunération augmenter de 35% entre 2010 et 2011, passant de 23 millions d'euros à 31 millions.

"On a un peu de mal à comprendre. Ils nous disent de nous serrer la ceinture et ils s'en mettent plein les poches", a déclaré M. Dubled.

"On peut comprendre qu'il faille faire des sacrifices pour préserver l'emploi, mais il faut que la direction montre l'exemple", a ajouté François Schmets (CFE-CGC).

Les salariés avaient déjà manifesté le 10 février pour les mêmes motifs. En 2011, la direction avait annoncé un gel des salaires, mais après une mobilisation, les syndicats avaient obtenu une augmentation de 50 euros mensuels pour les non-cadres (environ 20% des effectifs).

Source tempsreel.nouvelobs.com

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 17:53

Le CCE d’Air France met en gage une partie de ses biens pour redresser ses comptes

Les représentants du personnel au comité central d’entreprise (CCE) d’Air France, qui fait face à de grosses difficultés financières, ont décidé vendredi d’engager une partie de ses biens immobiliers pour récupérer près de 20 millions d’euros dans l’urgence auprès de banques.

Lors d’une session extraordinaire, les élus du CCE ont donné mandat au secrétaire général (CGT) pour engager dans une fiducie une partie des biens du comité (une vingtaine de centres de vacances) pour un montant de 20 millions d’euros, a-t-on appris de sources syndicales.

La fiducie permet de transférer temporairement un droit de propriété sur un bien à un tiers, qui s’engage à le gérer et à le restituer à une échéance donnée.

Des banques vont prêter la moitié de la valeur estimée des biens engagés, soit près de 20 millions d’euros. Au fur et à mesure que des acquéreurs se présenteront pour acheter ces biens, le CCE récupérera les propriétés pour les vendre et rembourser ainsi les banques.

«On a des acquéreurs potentiels, mais on n’arrivait pas à vendre rapidement. Or, on est un peu pressé par le temps et il nous fallait rapidement ces 20 millions. C’est pour cela que l’on a fait une fiducie», a expliqué à l’AFP Ronald Noirot (CFE-CGC), membre du CCE.

Une réévaluation des propriétés est en cours, a-t-il précisé.

«Le CCE a trouvé deux banques d’ores et déjà prêtes à participer au montage, qui doit se faire d’ici au mois de mai et serait opérationnel en juillet, de sorte qu’au moment où les trous de trésorerie commencent à apparaître, ces lignes de crédit arrivent», a ajouté Michel Salomon, délégué CFDT.

«Sur 2012, Air France a versé sa subvention, donc là actuellement la trésorerie est bénéficiaire, mais à compter de juillet, la trésorerie entre dans le rouge», a-t-il dit.

La CFE-CGC et la CFDT ont critiqué le coût de ce montage financier, largement supérieur, selon eux, à celui d’un prêt hypothécaire.

«Bien qu’onéreux, ce dispositif est aujourd’hui le seul que le CCE puisse espérer obtenir de la part des banques», reconnaît toutefois la CFDT dans un communiqué.

«La situation du CCE est telle qu’un plan social semble aujourd’hui incontournable», prévient par ailleurs la CFDT, qui exige que «ces départs soient effectués dans le cadre d’un plan de départs volontaires».

Le CCE d’Air France a frôlé la cessation de paiements en 2010, à la suite d’un déficit cumulé d’environ 15 millions d’euros pour un budget annuel proche de 100 millions. Audit comptable, désignation d’un mandataire judiciaire, recherche de financement pour combler le trou de trésorerie, constitution d’un nouveau bureau ont depuis rythmé la vie du CCE.

Les pertes ont été ramenées en 2011 à 1,8 million d’euros, après 13 millions en 2009 et 7,5 millions en 2010.

A l’été 2011, le CCE avait avalisé un plan de redressement pour 2011-2014 avec la vente d’environ 30% de son patrimoine, pour récupérer 40 millions d’euros, et la suppression de 80 à 85 postes (équivalent temps plein) parmi les 265 salariés permanents, soit 30% de la masse salariale.

«On a récupéré une trésorerie mise à mal et on ne peut pas effacer 15 millions de trou en un an», avait expliqué récemment Didier Fauverte (CGT), le nouveau secrétaire général du CCE. «Pas mal de choses ont été enclenchées pour redresser la barre», comme «la diminution du programme pour après l’été 2012 et pour 2013», avait-il fait valoir.

Source dna.fr

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