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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 22:57

Procès de l'UIMM : des délinquants en costume trois pièces

Le procès des détournements de fonds des caisses de l'UIMM est entré dans sa deuxième semaine. Comparaissent dans le box des accusés des messieurs peu habitués à répondre de leurs actes devant la justice, et surtout pour abus de confiance, travail dissimulé et destruction de documents.

Ces anciens dirigeants du puissant syndicat patronal de la métallurgie doivent justifier de la disparition de 17 millions d'euros, retirés en petites coupures pendant des années et dont il ne reste aucune trace comptable.

Le procès aurait pu ne jamais avoir lieu car l'UIMM, leur employeur, étrangement, n'a pas porté plainte. C'est la cellule du ministère des Finances chargée du blanchiment d'argent qui a mis les juges sur la piste. L'instruction a mis à jour l'existence d'une caisse patronale antigrève, créée dans les années 1970, dont les avoirs se montaient déjà à 600 millions d'euros en 2006. Dans leur travail d'enquête les juges ont découvert une vaste opération de « noircissement d'argent » : on savait d'où provenaient les fonds, mais on ne savait pas où ils allaient. Les prévenus ont prétendu au départ ne rien savoir, et n'avoir rien vu. Mais la comptable de l'UIMM a raconté aux juges comment elle se rendait tous les vendredis dans le bureau de son patron et, quand celui-ci le lui demandait, elle allait retirer jusqu'à 200 000 euros en liquide, qu'elle lui remettait ensuite.

L'ex-patron de l'UIMM, Gautier-Sauvagnac, a fini par céder quelques bribes d'informations. Il désigne aujourd'hui comme bénéficiaires des distributions d'enveloppes les syndicats ouvriers, accusation que ceux-ci dénoncent. Mais il avait plutôt évoqué dans un premier temps des « compléments de revenus » et surtout des sommes destinées à « fluidifier les relations sociales », parlant d'associations, d'intellectuels, de médias et d'hommes politiques.

Le procès ne fait que lever un coin du voile. Avec de l'argent, le patronat n'a pas de difficultés à trouver tout un petit monde pour lui rendre de menus services, parfois à la limite de la légalité, pour relayer sa bonne parole, mais aussi pour organiser des coups tordus, mettre en place des milices à sa solde, des syndicats maison ou payer des casseurs de grève.

Gilles BOTI Source lutte-ouvriere-journal.org

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 07:35

Procès UIMM: les syndicats défient l’ex-patron de donner des noms

L'ancien président de l'UIMM Denis Gautier Sauvagnac au tribunal correctionnel de Paris, le 7 octobre 2013

L'ancien président de l'UIMM Denis Gautier Sauvagnac au tribunal correctionnel de Paris, le 7 octobre 2013

 

Les grands syndicats se sont tous défendus mardi d’avoir reçu un centime des caisses noires de l’UIMM, mettant au défi l’ancien patron de l’organisation patronale, Denis Gautier-Sauvagnac, qui les a mis en cause devant le tribunal correctionnel de Paris, de donner des noms.

«La CFDT n’a pas touché d’argent de cette fameuse caisse», s’est emporté mardi le numéro un de la CFDT, Laurent Berger, sommant M. Gautier-Sauvagnac de donner «des noms, des sommes, des faits».

Lundi lors du procès, ouvert le 7 octobre, M. Gautier-Sauvagnac a affirmé que «les syndicats» étaient parmi les bénéficiaires des enveloppes d’argent liquide de l’UIMM, confirmant des propos tenus à la barre la semaine dernière par son prédécesseur, Arnaud Leenhardt. L’ex-patron de l’UIMM n’a pas révélé les noms des destinataires de ces enveloppes, censées «fluidifier» les relations sociales.

La justice s’interroge sur la destination d’environ 16 millions d’euros retirés en liquide entre 2000 et 2007 des caisses de l'«entraide professionnelle» de l’UIMM (Epim), une structure visant à apporter «un appui moral et matériel» à ses adhérents subissant un conflit du travail.

«S’il nomme la CFDT, nous attaquons» en justice, a prévenu M. Berger, car «nous nous estimons attaqués sur cette affaire-là».

La fédération métallurgie de la CFDT avait assuré la semaine dernière n’avoir été destinataire d’aucun «versement secret» de l’UIMM. Elle a reconnu avait perçu légalement 21.000 euros, entre 2002 et 2006, pour remboursements de frais de participation à des réunions paritaires.

Pour M. Berger, «on désigne à la vindicte populaire les syndicats» mais «il y a sans doute d’autres choses à cacher». Le «syndicalisme bashing», cela «fait le lit de qui?», demande-t-il, en référence à la montée du Front national.

L’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours!

Son homologue de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, a affirmé, de son côté, que «la confédération force ouvrière n’a jamais vu arriver un centime de ce côté là».

«Un coup c’est les syndicats, un coup c’est les journalistes, un coup c’est les partis politiques, ça fait penser à l’histoire de l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours! A la fin on ne sait pas qui a vu quoi», a-t-il lancé en référence aux récipiendaires divers et variés cités par l’ancien patron de l’UIMM.

Marc Blondel, qui a dirigé FO de 1989 à 2004, a de son côté «certifié très clairement que la Confédération générale de Travail-Force ouvrière n’a jamais touché un sou de l’UIMM».

«La CGT n’a jamais touché de l’argent de l’UIMM», a assuré, catégorique, Thierry Lepaon, leader de la centrale.

«Si Didier Gautier-Sauvagnac se rappelle à qui il a donné de l’argent, comment et combien, qu’il le dise. Il y en a marre des suspicions et de mettre tous les syndicats au même niveau», a lancé le leader de la CGT.

Le secrétaire général de la CGT métallurgie, Philippe Martinez, avait également nié lundi toute implication de son syndicat. «Ce que nous voulons savoir c’est: à qui ont été données ces sommes? Quand? Comment? Sous quelle forme? Pour l’instant on ne sait rien.»

La CFTC et sa Fédération métallurgie ont, de leur côté, démenti dans un communiqué «avoir touché de quelque provenance, une quelconque enveloppe d’argent liquide». Le syndicat chrétien «se réserve le droit d’attaquer en justice toute personne le désignant, en alléguant le contraire».

Depuis la loi de 2008, les confédérations syndicales sont tenues de présenter chaque année des comptes certifiés.

Le président du Medef Pierre Gattaz, qui a pris les rênes de l’organisation patronale en juillet dernier, a choisi de temporiser: «C’est une vieille histoire, il y a un procès en cours, il faut laisser faire la justice», a-t-il dit.

Lors de l’audience mardi, un ancien président de l’UIMM, Daniel Dewavrin, a affirmé qu’il n’était «pas étonné que l’ensemble des syndicats, dans un cri de pureté offensée, disent aujourd’hui qu’ils n’ont rien touché».

A l’instar de Denis Gautier-Sauvagnac, il a fait valoir que, s’il donnait les noms des bénéficiaires, «les gens nieraient et comme il n’y a aucune preuve, on n’irait nulle part».

Source liberation.fr

 

UIMM : l’étau se desserre et les langues se délient

Denis Gautier-Sauvagnac a confirmé ce lundi au tribunal correctionnel de Paris que les syndicats étaient bien les bénéficiaires des enveloppes d’argent liquide de la puissante fédération patronale de la métallurgie.

Denis Gautier-Sauvagnac, lors du procès de la caisse noire de l’UIMM. - AFP

Denis Gautier-Sauvagnac, lors du procès de la caisse noire de l’UIMM.

 

C’est une des vertus de l’audience correctionnelle dans certains cas, dans ce lieu clos, il fait bon, il fait chaud, on est entre soi et les juges posent des questions sans se lasser. Résultat au bout d’une semaine d’audience, allez expliquer pourquoi, les langues se délient. Surtout si l’ensemble des parties y ont intérêt.

C’est Denis Gautier-Sauvagnac qui a commencé ce lundi à libérer la parole. Il comparait depuis une semaine avec huit autres prévenus et l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM) en tant que personne morale. La justice s'interroge sur la destination de quelque 16 millions d'euros retirés en liquide entre 2000 et 2007 des caisses de l'Entraide professionnelle des industries et des métaux (Epim), une structure de la puissante fédération patronale destinée à apporter « un appui moral et matériel » à ses adhérents subissant un conflit du travail.

« Je voudrais confirmer les propos de Monsieur Leenhardt »

« J’ai peur de ne pas avoir été assez clair », a commencé l’ancien président délégué général. De fait il va être beaucoup plus précis que lors de sa précédente audition mercredi dernier . « Je voudrais confirmer les propos de Monsieur Leenhardt : les destinataires des fonds sont bien les syndicats. Ces contributions étaient une forme de l’appui que depuis des décennies l’UIMM apportait à des organisations de salariés et patronales. Cette contribution prenait deux formes. D’un côté des achats d’espace publicitaire à prix d’or, des locations de stand ou l’achat de journaux - mais cela n'était pas suffisant, c'était un prétexte qui avait ses limites - ; alors l’autre façon c’était la remise d’espèces. Une participation directe et donc discrète ».

L’ancien président de l’UIMM Arnaud Leenhardt (1985-1999) avait affirmé mercredi dernier devant le tribunal que les bénéficiaires de la « caisse noire » de la puissante fédération de la métallurgie étaient « les cinq syndicats représentatifs ». Selon lui, le CNPF (ancêtre du Medef) aurait également touché des enveloppes.

« Je suis coincé, je ne peux pas aller plus loin »

Alors les propos de Denis Gautier Sauvagnac, qui s’est longtemps tu sur les destinataires des fonds, mettent les juges en alerte. « Quel étaient les syndicats ? », interroge Benjamin Blanchet, un des juges. « Je confirme les propos de Monsieur Leenhardt », redit Denis Gautier Sauvagnac, bavard mais jusqu’à un certain point. « Quelles étaient les personnes physiques ? », insiste Christophe Vacandar, un autre juge. « Je ne peux trahir la confiance que m’ont fait ces personnes, c’est contraire à mes convictions, à mes valeurs. Je suis coincé, je ne peux pas aller plus loin », réaffirme-t-il.

« Comment être certain que ces sommes allaient bien aux syndicats », réattaque Benjamin Blanchet. « Les personnes physiques étaient mandatées par leur syndicat », explique Denis Gautier Sauvagnac, qui estime déjà qu’il en a dit assez. Ainsi des « clefs de répartition » affectées à chaque syndicat : « Mon prédécesseur m’a donné les montants et je les ai maintenu », explique-t-il. Avant d’ajouter quand même « Un de mes interlocuteurs m’a dit que j’étais plus radin que mon prédécesseur ».

« C’était… comme un abonnement »

« Comment répartissiez-vous ces sommes, était-ce au plus représentatif, au plus complaisant », demande le juge. «Aucune complaisance, bien sûr, c’était… comme un abonnement », explique Denis Gautier Sauvagnac, qui se veut décidément aujourd’hui pédagogique.

Interrogé à sa suite, Dominique Lalande de Calan, l’ex-délégué général adjoint de l’UIMM, parle aussi. Des chèques versés pour acheter un stand à la Fête de l’Huma, des enveloppes, des modes de « fluidification » du dialogue social… le tout dans un univers de silence. « Je pense que certains auraient perdu leur mandat et leur emploi si ça c’était su »...

Ce monde du silence décrit si bien par la comptable de l’UIMM interrogée ensuite. Dominique Renaud a passé trente ans à l’UIMM, trente ans de bons et loyaux services, où « on ne peut se permettre de demander à quoi servent les fonds », que la comptable consciencieuse retire toutes les semaines en liquide (200.000 euros tous les vendredi). « Pendant 30 ans je me suis tu, même ma famille ne le savait pas, alors c’était difficile de parler à des gens que je ne connaissais pas ». « Mais enfin », s’offusque la présidente du tribunal, Agnès Quantin, « c’était quand même des policiers ! » Là encore Dominique Renaud se tait.

Personne ne veut être le premier à lâcher les noms

Bref l’UIMM c’est un peu le monde du silence mais en moins glamour. On sent bien à cette audience que chacun aimerait que l’un d’entre eux « lâche le morceau ». L’UIMM, comme personne morale d’abord. Pour bien montrer que le syndicat patronal est définitivement sorti de cette ère des enveloppes. Qu’il a désormais une autre conception du dialogue social.

Toutes les questions de l’avocat de l’UIMM vont dans ce sens. « Pourquoi ne nous dites-vous pas les noms des personnes à qui vous remettiez les enveloppes ? » a martelé Jean Reinhart à l’adresse de Denis Gautier Sauvagnac, lors de son interrogatoire de mercredi. Faire donc du passé table rase en vidant l’abcès. Denis Gautier Sauvagnac aimerait bien que d’autres de ses collègues parlent, car lui dit se vouloir droit dans ses bottes et manquerait « à ses convictions et à ses valeurs » en livrant des noms. Mais les autres sans doute non ? Dans tous les cas les noms sortis pourraient lui éviter d’avoir à répondre d’abus de confiance. Bref tout le monde a intérêt à livrer des noms mais personne ne veut être le premier à les lâcher.

L’audience, qui se poursuit encore ce lundi soir avec l’interrogatoire de Bernard Adam, ex-directeur administratif et financier, reprendra ensuite mardi à 13 h 30.

 

Rappel des faits

L’enquête judiciaire débute en septembre 2007 par un signalement au parquet de Paris de Tracfin, la cellule anti-blanchiment de Bercy, qui elle-même avait été alertée trois ans plus tôt par une banque sur d’importants retraits en liquide opérés par l’UIMM. L’instruction va révéler au public l’existence de la caisse « Epim » (entraide professionnelle des industries et des métaux). Créée par l’UIMM en 1972 pour apporter « un appui moral et matériel » à ses adhérents subissant un conflit collectif du travail et ayant versé pour cela 2% du montant de leur masse salariale brut annuelle (0,4% depuis 2001). Fin 2006, le magot ainsi amassé avoisinait les 600 millions d’euros.
La justice reproche à Denis Gautier-Sauvagnac d’avoir abusé de la confiance des adhérents en utilisant en toute opacité, une partie du pactole à des fins contraires au but de l’Epim et à la légalité. Près de 18 millions d’euros ont été retirés en espèces et sans contrôle des autres responsables de la fédération par Denis Gautier-Sauvagnac de comptes spéciaux alimentés par l’Epim entre 2000 et 2007.
Toutes les traces comptables ont été détruites. Si une partie de cette somme a été retrouvée, il reste un solde de 15,6 millions sur lequel la justice a enquêté. Devant le juge, le patron de l’UIMM a justifié l’utilisation de ces fonds « en trois paquets » : l’un pour des compléments de rémunération, un deuxième pour des dépenses de caisse et un troisième pour « fluidifier les relations sociales ». Interrogé sur le nom des bénéficiaires, l’ex-patron de l’UIMM a toujours gardé le silence. Mais pour Dominique de Calan, les acteurs de cette « régulation sociale » seraient « les associations, les partenaires sociaux, les intellectuels, les médias et les pouvoirs publics ». Il a reconnu avoir lui-même remis des fonds à des organismes liés à la vie universitaire.
Pour le directeur des études de l’UIMM Daniel Gagliardi, « tous les syndicats », y compris la CGT, auraient « bénéficié des aides » de la fédération de la métallurgie.

Source lesechos.fr

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 19:28

Condamné pour “recel”, Sud Rail répond : “liberté syndicale”

Le syndicat Sud Rail refuse de se laisser “couvrir de boue” (sic) par la justice. Quelques jours après le rendu du jugement dans l’affaire du CER de la SNCF, il vient d’annoncer dans un communiqué faire appel de cette décision.

 

“Ni juste, ni fondée, ni légitime.” C’est ainsi que le syndicat Sud Rail qualifie sa condamnation – pour “recel de bien obtenu à l’aide d’un abus de confiance”, “faux” et “usage de faux en écriture” – le 26 septembre par le tribunal correctionnel de Lyon.

Arguant notamment que les formations en cause (dans l’accusation de fausse facturation) furent “réellement dispensées”, que l’accord (qualifié de “pacte” par le juge) était “tout à fait officiel”, Sud Rail annonce aujourd’hui par communiqué faire appel. Tout en affirmant que “ce n’est pas à la justice de se prononcer sur la liberté syndicale des élus, sous le prétexte commode de l’utilisation prétendue du budget de fonctionnement du CER”.

Source lyoncapitale.fr

 

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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 10:24

Les salariés de Sephora déboutés face aux syndicats

Après la décision de justice obligeant le parfumeur Sephora à fermer à 21 heures son magasin des Champs-Elysées, 101 salariés de l'enseigne avaient assigné les syndicats en référé pour la faire annuler. Ils ont été déboutés, vendredi 4 octobre, par le juge des référés, mais ont aussitôt lancé une nouvelle procédure.

Selon la direction, les salariés ont saisi la cour d'appel d'une demande qui sera examinée lors d'une audience le 9 octobre, pour bloquer l'exécution de la décision du 23 septembre, que l'enseigne a décidé d'appliquer à partir du mercredi 9 octobre.

LE RÉFÉRÉ N'EST PAS UN RECOURS

Sephora (groupe LVMH), qui affirme réaliser 20 % du chiffre d'affaires de son magasin des Champs-Elysées après 21 heures, avait été attaqué par les syndicats du Clic-P, qui réunit la CGT, la CFDT, le SECI-UNSA, SUD, la CGC et, à ce moment-là, FO (ce dernier syndicat a depuis quitté l'intersyndicale).

"C'est une histoire de concurrence cette affaire, et c'est la prime à celui qui dérèglemente le premier, expliquait Karl Ghazi, secrétaire général de la CGT commerce, le 23 septembre, jour de la décision. A partir du moment où il y en a un qui viole la loi, les autres sont obligés de suivre derrière. Nous sommes obligés d'attaquer tout le monde pour que la règle soit la même pour tous et que la concurrence ne se fasse plus sur le dos des salariés".

 Ce même jour, des salariés se disaient "écœurés" :

 


Lors de l'audience opposant les salariés aux syndicats, les avocats de l'entreprise et des salariés avaient fait valoir que le personnel travaillant le soir allait subir "une atteinte immédiate au contrat de travail" à cause de l'action du Clic-P. Mais la juge leur avait aussitôt signifié que le référé n'était pas "une juridiction de recours", ce que le juge des référés a confirmé vendredi.

A la suite de sa condamnation, Sephora avait décidé de se pourvoir en cassation, mais le pourvoi n'est pas suspensif.

Source lemonde.fr

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 23:10

SNCF : quand les syndicats “se servent au lieu de servir”

Huit syndicats ont été condamnés pour avoir “siphonné” une bonne part du budget de fonctionnement du CER SNCF de Lyon. Le président du tribunal correctionnel n’a pas mâché ses mots, dénonçant le “pacte” illicite imposé par la CGT aux autres syndicats, et le “jeu de la barbichette” qui a mené à une condamnation tous azimuts. Points clés d’un jugement historique.

 

Dans son jugement rendu le 26 septembre dernier, Jean-Louis Cor, président du tribunal correctionnel de Lyon, n'est pas tendre avec les syndicats du comité d'établissement régional (CER) lyonnais de la SNCF, condamnés pour “recel de bien obtenu à l'aide d'un abus de confiance, faux et usage de faux”.

Abus de confiance

Au-delà du jugement lui-même, c'est tout le système mis en place par la CGT au sein du CER qui est dénoncé. D’abord le fameux “accord de répartition” confidentiel, élaboré dès 1995 par la toute-puissante CGT et imposé aux autres syndicats après chaque élection professionnelle. Loin d'avoir pour but d'éviter les excès, cet accord est en réalité “un pacte conclu entre organisations syndicales pour se répartir, en toute illicéité, des ressources émanant du budget de fonctionnement du CER, ressources détournées de leurs destinations normales” (1). Il n'a pour but que d'organiser le “pillage” de ce budget, ce qui justifie l'accusation d'abus de confiance.

Pression sur les autres syndicats

Une façon de détourner de l'argent, donc, mais pas seulement. Cet accord constitue aussi “un moyen de pression détenu par les organisations syndicales, et au premier chef par la CGT, pour faire perdurer un système leur permettant de se financer sur le dos de l'institution du CER”. Traduction : la CGT impose un “je te tiens, tu me tiens par la barbichette” aux autres organisations syndicales, tout en s'arrogeant, proportionnellement aux résultats des élections professionnelles, la part du lion du budget de fonctionnement.

Tous coupables

Si la CGT est la première responsable de ce système, les autres organisations syndicales (OS) ne sont pas pour autant blanchies par le président du tribunal, “étant dit que s'en serait-il trouvé une de vertueuse, rien de délictueux n'aurait été possible”. Aucun syndicat n'a en effet pris le risque de dénoncer cet accord, ni dans son principe ni même dans son existence. Et pour cause : Philippe Colin (CFDT) avouera, lors de l'audience de la fin juin, que “si nous n’avions pas accepté cet accord, les élus CFDT se seraient retrouvés sans financement du CER.” La CGT, qui règne sans partage sur les élections professionnelles, tient les rênes du CER, s'arrogeant parfois l'ensemble des postes de décision. Lui déplaire signifie courir le risque de voir les cordons de la bourse se refermer. Or, les délégations n'auraient pu survivre sans cet apport financier.

En outre, “les organisations syndicales signataires de l'accord de répartition (…) ne pouvaient que parfaitement connaître l'origine frauduleuse des sommes qu'elles percevaient ainsi par le biais des remboursements”. D'où, aussi, le caractère “confidentiel” de cet accord, élément qui a lourdement pesé lors du procès.

Faux et usage de faux

Les factures servant à justifier le remboursement de formations pour les élus du CER, lacunaires et imprécises, cachaient clairement le financement des organisations syndicales elles-mêmes. C'est pourquoi l'accusation de faux et usage de faux est retenue par le tribunal, qui estime que “ces imprécisions, ces manques, ces incohérences ne relèvent pas d'erreurs mais traduisent le simple fait que les formations en question, soit n'existaient pas, soit constituaient de pures formations syndicales, et que tout était mis en œuvre, outre l'accord liant toutes les organisations syndicales, pour rendre difficiles les actes de contrôle par une autorité compétente”.

L’image du syndicalisme ternie par les syndicats eux-mêmes

Le juge Cor désamorce au passage l'argument (souvent évoqué) selon lequel “en s'attaquant aux syndicats, on s'attaque au syndicalisme”. Ici, ce sont les OS elles-mêmes qui portent préjudice au syndicalisme. En effet, “ces agissements sont d'autant plus répréhensibles qu'ils portent atteinte (…) à l'image des syndicats eux-mêmes” et “sont de nature à laisser penser au public qu'elles [les OS] se servent au lieu de servir les travailleurs, qu'elles songent d'abord à leur propre existence”.

Difficile donc de voir dans ce jugement, à l'instar de Me Tourné (avocat de la CGT) dans les colonnes du Monde, “un mauvais coup porté contre le monde du travail : on attaque la gestion ouvrière des CE”. Dans le cas présent, les syndicalistes sont responsables de leur propre malheur.

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(1) Sauf autre précision, toutes les citations en italique sont extraites du jugement rendu le 26 septembre par le tribunal correctionnel de Lyon.


Source lyoncapitale.fr

 

 

Huit syndicats reconnus coupables de détournements d'un CE de la SNCF

Le palais de justice de Lyon, le 20 mai 2013

Le palais de justice de Lyon, le 20 mai 2013

 

JUSTICE - Les deux tiers du budget de fonctionnement du comité d'établissement régional (CER) paraissaient avoir été détournés au profit des syndicats eux-mêmes et de l'activité syndicale...

Huit syndicats du comité d'entreprise régional de la SNCF à Lyon ont été reconnus coupable, jeudi par le tribunal correctionnel de Lyon, d'avoir détourné une part de la subvention de fonctionnement allouée à l'instance, et ont été condamnés à des amendes allant de 5.000 à 40.000 euros.

Ces syndicats (CGT, Unsa, Sud-Rail, CFTC, CFDT, FO, Fgaac, CFE-CGC), avaient comparu au printemps dernier à Lyon en tant que personnes morales pour abus de confiance et faux et usage de faux.

Le ministère public avait requis des amendes plus lourdes à leur encontre. La CGT a écopé jeudi d'une amende de 40.000 euros, l'Unsa la CFDT et Sud d'une amende de 10.000 euros et les autres syndicats d'une amende de 5.000 euros chacun, a précisé à l'AFP Me Jean-François Luciani, avocat de Sud-Rail.

Détournement du budget de fonctionnement

«Cette histoire dure depuis 2005 et elle s'est dégonflée», la plainte des deux personnes à l'origine du procès n'ayant pas été jugée recevable, selon l'avocat.

«Ce n'est pas le budget des oeuvres sociales qui a été détourné mais le budget de fonctionnement», a-t-il précisé.

Les deux tiers du budget de fonctionnement du comité d'établissement régional (CER) paraissaient avoir été détournés au profit des syndicats eux-mêmes et de l'activité syndicale, et non du CER. Les organisations syndicales, qui se partageaient la somme en fonction de leur représentativité, avaient conclu un accord secret en 1995 à cette fin.

Pour l'année 2004 par exemple, près de 340.000 euros auraient été détournés, dont la plus grosse part au profit de la CGT qui était majoritaire, via des fausses factures.

Les comités d'entreprise, composés de représentants élus du personnel et éventuellement de représentants désignés par les syndicats, ont une double casquette, de consultation sur les questions économiques intéressant l'entreprise, et de gestion des activités sociales et culturelles pour les salariés.

Information judiciaire pour abus de confiance

En pleine campagne pour les élections des représentants du personnel en 2006, des syndicats concurrents de la CGT avaient dénoncé des pertes récurrentes du CER et des choix d'affectation contestables des budgets. Une information judiciaire pour abus de confiance avait été ouverte, qui s'était soldée par une ordonnance de non-lieu.

Le parquet avait fait appel et la chambre de l'instruction avait estimé en octobre 2009 qu'il y avait lieu de poursuivre l'enquête. Dans cette affaire, onze responsables du CER et élus syndicaux ont été entendus comme témoins assistés, statut à mi-chemin entre celui de simple témoin et celui de mis en examen.

Source 20minutes.fr

 

Six syndicats de la SNCF condamnés pour "pillage" d'un comité d'entreprise

L'affaire avait vu le jour en septembre 2004 à la suite d'une plainte de deux salariés.

L'affaire avait vu le jour en septembre 2004 à la suite d'une plainte de deux salariés.

Les peines prononcées ne sont pas très lourdes mais laisseront une trace indélébile dans l'histoire de la démocratie sociale française. Jeudi 26 septembre, le tribunal correctionnel de Lyon a condamné six syndicats de cheminots, en tant que personne morale, à des amendes allant de 5 000 à 40 000 euros - la plus élevée étant infligée à la CGT. Ils étaient notamment accusés d'avoir utilisé l'argent du comité d'établissement régional (CER) - l'équivalent d'un comité d'entreprise (CE) à la SNCF - pour financer une partie de leurs activités.

L'affaire avait vu le jour en septembre 2004 à la suite d'une plainte de deux salariés du CER, Nathalie Guichon et Willy Pasche, qui voulaient dénoncer certaines pratiques dans cette instance représentative du personnel : emplois de complaisance, mobilisation des fonds du CER à des fins extérieures à son objet social, etc.

Le premier juge d'instruction chargé de l'enquête avait considéré qu'il n'y avait pas lieu de prononcer des mises en examen : pour lui, la prise en charge des frais de déplacement et des formations des élus du CER était nécessaire, cette instance étant essentielle dans le dialogue au sein de la SNCF ; en outre, les sommes en jeu étaient relativement minimes, à ses yeux, et n'affectaient pas les activités sociales organisées par le CER.

Mais le parquet de Lyon était d'un avis contraire et un second magistrat instructeur avait été désigné. Au terme de ses investigations, celui-ci avait conclu qu'un "système frauduleux" avait été mis en place, sur la base d'un accord prévoyant de redistribuer une large partie du budget de fonctionnement du CER aux organisations de cheminots, en fonction de leur audience électorale. Le renvoi en correctionnelle des syndicats avait donc été ordonné en mars 2012.

Le tribunal a estimé que les infractions étaient constituées. Dans son jugement, il a des mots extrêmement rudes à l'encontre des syndicats, auxquels il reproche d'avoir organisé "le pillage du budget de fonctionnement du CER". Les juges concluent aussi que de faux documents ont été établis pour couvrir de pseudo-dépenses de formation.

"UN MAUVAIS COUP"

"Ces agissements sont d'autant plus répréhensibles qu'ils portent atteinte non seulement au patrimoine d'une institution (...), mais nuisent également à l'image des syndicats eux-mêmes", ajoutent-ils. Et d'observer que toute cette affaire peut "laisser penser au public que [les organisations syndicales] se servent, au lieu de servir les travailleurs", même si, en l'espèce, "il n'y a pas eu d'enrichissement personnel".

La décision du tribunal "coupe le trait d'union historique entre les syndicats et les instances représentatives du personnel, réagit Me Bérenger Tourné, l'avocat de la CGT. C'est un mauvais coup porté contre le monde du travail, on attaque la gestion ouvrière des CE."

Me Jean-Félix Luciani, l'avocat de SUD-Rail, relève que les faits sont anciens et les sanctions mesurées. Le jugement n'est pas fondé, à ses yeux, car SUD-Rail avait démontré que chaque dépense incriminée "avait été engagée dans l'intérêt du CER ". Il ne sait pas encore s'il fera appel, tout comme Me Tourné.

M. Pasche, l'un des plaignants à l'origine du scandale, se dit "content" de voir "qu'ils ont tous été condamnés", mais regrette que sa constitution de partie civile ait été rejetée. Son avocate, Me Fabienne Cayuela, constate que la SNCF aura été "la grande absente" du procès : l'entreprise n'était pas partie civile alors qu'elle aurait pu se poser en victime des détournements commis puisque c'est elle qui alimentait le budget du CER.

Bertrand Bissuel Source lemonde.fr

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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 21:13

Castorama et Leroy Merlin condamnés à fermer 15 magasins le dimanche

Le tribunal de commerce de Bobigny a ordonné jeudi aux enseignes de bricolage Castorama et Leroy Merlin de cesser d'ouvrir quinze magasins d'Ile-de-France le dimanche.

Le tribunal de commerce de Bobigny a ordonné jeudi aux enseignes de bricolage Castorama et Leroy Merlin de cesser d'ouvrir quinze magasins d'Ile-de-France le dimanche.

Le tribunal de commerce de Bobigny (Seine-Saint-Denis) a tranché. Il a ordonné jeudi aux enseignes de bricolage Castorama et Leroy Merlin de cesser d'ouvrir quinze magasins d'Ile-de-France le dimanche. Un juge des référés avait été saisi en juillet par Bricorama, condamné à fermer le dimanche et qui par conséquent s'estimait lésé. Il a assorti sa décision d'une astreinte provisoire de 120.000 euros par magasin et par dimanche en cas de non respect de cette décision par les enseignes.

Les magasins Castorama de Ballainvilliers, Fresnes, Créteil, Villetaneuse, Montgeron-Vigneux-sur-Seine et Villabé sont concernés. Pour Leroy Merlin, ce sont les enseignes de Massy, Saint-Geneviève-des-Bois, Chelles, Collégien, Rueil-Malmaison, Livry-Gargan, Gennevilliers, Vitry-sur-Seine et Ivry-sur-Seine qui sont touchées.

Bricorama, qui n'a pas reçu d'autorisations dérogatoires pour ouvrir ses magasins le dimanche, a plaidé qu'il encourait un «dommage imminent constitué par la perte de chiffre d'affaires et la perte de clientèle au profit de ses concurrents Leroy Merlin et Castorama». Le juge lui a donné raison, estimant que les magasins concernés étaient «ouverts en violation flagrante de l'interdiction» des dispositions du code du travail sur le travail dominical et que Bricorama souffre donc d'une «rupture d'égalité».

L'avocat de Castorama, Me Richard Renaudier, a indiqué que son client étudiait la possibilité de faire appel.

Certains magasins épargnés

Tous les Castorama et Leroy Merlin ne sont pas toutefois pas concernés par cette interdiction d'ouvrir le dimanche. Les «Puce» (périmètres d'usage exceptionnel de consommation) qui permettent aux magasins d'ouvrir le dimanche, se multiplient en effet en région parisienne. Cette tendance forte est notamment soutenue par une dizaine de députés socialistes d'Ile-de-France qui ont adressé il y a cinq mois une lettre ouverte au gouvernement, réclamant le maintien de l'ouverture des magasins de bricolage le dimanche.

Les élus mettent notamment en avant le rythme de vie spécifique des habitants de la région parisienne qui «passent beaucoup de temps dans les transports en semaine pour se rendre à leur travail et ne peuvent donc faire leurs courses que le week-end».

Source leparisien.fr

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 23:47

La CGT et la CFDT font leur rentrée sur fond de division sur les retraites

Les numéros un de la CFDT Laurent Berger et de la CGT Thierry Lepaon font cette semaine leur rentrée chacun à sa manière: le premier, favorable à la réforme des retraites, dévoilera lundi sa stratégie tandis que le second enchaînera les meetings pour décrier ce projet.


Entouré des membres de sa direction, M. Berger, aux commandes de la CFDT depuis moins d'un an (novembre 2012), précisera lors d'une conférence de presse lundi «les revendications de la CFDT sur l'ensemble des sujets sociaux», indique la centrale.

«Réforme des retraites, situation de l'emploi, pouvoir d'achat... La rentrée est marquée par une situation économique et sociale préoccupante.

Dans ce contexte tendu, la CFDT reste plus que jamais mobilisée
», affirme-t-elle.


Dès l'annonce des grandes lignes de la réforme des retraites mardi par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, la direction de la CFDT avait salué « les mesures de justice» qu'elle contenait.

Toutefois, le syndicat prend soin de se démarquer: «Cette réforme est celle du gouvernement», insiste M. Berger qui émet aussi des critiques, notamment sur la mise à contribution des petites pensions: «C'est un volet que nous ne soutenons pas», dit-il.

Le leader de la CFDT a par ailleurs des réserves sur d'autres aspects de la politique du gouvernement. Il le trouve ainsi «trop timide » dans la lutte contre le chômage des jeunes.

«Sur le fond, la CFDT approuve évidemment la réforme des retraites - et avec le dossier pénibilité on voit bien sa marque dans ce projet - mais son souci est de ne pas avoir une image collée à celle du gouvernement», estime auprès de l'AFP Bernard Vivier, directeur de l'Institut supérieur du travail.

Selon lui, «la CFDT est très attentive à ne pas replonger dans les difficultés qu'elle a connues en 2003», lorsque son accord à la loi Fillon sur les retraites avait déclenché une grave crise interne et une hémorragie de militants.

De son côté, «le gouvernement a pris soin de ne pas gêner la CFDT», estime M. Vivier. La presse a attribué en partie la décision du gouvernement d'abandonner la piste d'une hausse de la CSG pour financer les retraites à sa volonté de ne pas mettre en porte-à-faux cette organisation, réservée sur cette mesure.


Pas le même type de syndicalisme

Au final, la centrale de Belleville n'a pas basculé dans le front du refus syndical, celui des organisations CGT-FO-FSU-Solidaires, qui organisent ensemble une journée de grève et de manifestation le 10 septembre.

«Je ne serai pas sans la rue le 10», affirme M. Berger pour lequel la CGT et FO «n'ont pas le même type de syndicalisme» que lui.

La CGT, elle, a placé sa rentrée sous le signe de l'opposition à la réforme des retraites, y adjoignant des revendications sur les salaires et l'emploi.

Thierry Lepaon, élu à la tête du premier syndicat français en mars dernier, enchaînera les meetings cette semaine: lundi à Marseille, mardi à Nantes, mercredi à Montpellier, jeudi en région parisienne (Saint-Denis La Plaine).

Il tiendra un dernier meeting le 9 septembre à Lyon, à la veille de la manifestation à laquelle appellent aussi les syndicats de la fonction publique CGT, FO, FSU et Solidaires.

La CGT a pour objectif de réunir 10.000 salariés dans ses différents meetings.

Mais pour réussir la mobilisation, elle est «un peu gênée par la démarche politiquement habile du gouvernement qui veut aller rapidement » dans l'adoption de la réforme des retraites, souligne M. Vivier. Le projet sera présenté le 18 septembre en Conseil des ministres pour un débat début octobre à l'Assemblée.

«Sur la méthode, ce gouvernement est encore plus mauvais que le précédent, puisqu'on nous annonce une procédure d'urgence devant le parlement » (une lecture dans chaque chambre), dénonce dans une interview à l'Humanité Eric Aubin, membre de la direction de la CGT. Selon lui, le gouvernement veut ainsi «éviter qu'il y ait un débat public et une mobilisation la plus large possible».

Source nordlittoral.fr

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 22:52

Etat ou entreprise, dialogue ou conflit: le lexique des leaders syndicaux (étude)

PARIS, 30 août 2013 - Le mot "entreprise" est le leitmotiv de Carole Couvert (CFE-CGC), la "défense des droits" apparaît plus souvent dans le discours de Thierry Lepaon (CGT) et la référence à l'Etat est prisé par Jean-Claude Mailly (FO), selon une étude basée sur la comparaison des discours des leaders syndicaux par le cabinet Sia partners.

L'étude tend à montrer les différences ou proximités lexicales entre les leaders des cinq grands syndicats - CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC - en comparant un de leurs récents discours.

Ainsi, Jean-Claude Mailly est en tête pour l'utilisation du registre lexical lié à l'Etat (Etat, gouvernement, politique), qu'il emploie cinq fois plus que Carole Couvert et près de deux fois plus que Laurent Berger (CFDT) et Philippe Louis (CFTC).

Carole Couvert, leader du syndicat des cadres, a une prédilection pour le mot "entreprise", qu'elle utilise largement plus que tous ses homologues. Les dirigeants de FO et de la CGT, eux, préfèrent le terme "patronat".

Les cinq leaders syndicaux ont un point commun: ils utilisent tous nettement plus les termes liés au dialogue (coopérer, collaborer, collectif, s'associer, concertation) que ceux relevant du conflit (combat, lutter, offensif, affronter).

Le président de la CFTC est champion pour la référence au dialogue, son homologue de la CGT est en tête pour l'usage d'expressions se rapportant au conflit (qu'il emploie toutefois deux fois moins que le dialogue). Le conflit est quasi absent du discours de Mme Couvert et de M. Louis.

Le terme "revendication" est également absent du discours des leaders de la CFTC et de la CFE-CGC, alors que M. Mailly est celui qui l'emploie le plus, devant son homologue de la CGT.

M. Lepaon se réfère plus souvent que les autres aux termes liés à la "défense, les droits, les acquis", autant d'expressions absentes chez Mme Couvert qui comme M. Berger se réfèrent davantage à la "proposition" et à l'imaginaire (idéal, rêve, imaginer).

L'étude est basée sur les discours d'investiture de M. Lepaon au congrès de la CGT le 22 mars dernier, celui de Carole Couvert au Congrès de son syndicat le 17 avril, celui de Laurent Berger lors de son investiture le 28 novembre 2012, celui de Jean-Claude Mailly à un meeting parisien de FO le 24 janvier 2013. Pour la CFTC les auteurs ont épluché plusieurs discours de M. Louis en 2012 et 2013.

Source lentreprise.lexpress.fr

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25 août 2013 7 25 /08 /août /2013 19:08
La réforme des retraites divise les partenaires sociaux

 

Le premier ministre Jean-Marc Ayrault reçoit syndicats et patronat lundi 26 et mardi 27 août pour leur exposer les grandes lignes de la réforme des retraites.

 

Alors que les arbitrages définitifs de ce dossier ne sont pas encore connus, les partenaires sociaux sont divisés sur les mesures à prendre.

Alors que Jean-Marc Ayrault s’apprête à révéler les choix du gouvernement sur la réforme des retraites, les différentes organisations syndicales et patronales, qui rencontrent le premier ministre à Matignon lundi 26 et mardi 27 août, ont profité des dernières semaines pour réaffirmer leurs positions.

Ce dossier sensible, qui inquiéterait 83 % des Français selon un sondage CSA pour L’Humanité publié début juin, divise en effet les partenaires sociaux. Quatre organisations, la CGT, FO, la FSU et Solidaires ont appelé à une journée de mobilisation le 10 septembre.

L’allongement de la durée d’activité au cœur des débats

Premier sujet qui divise : l’allongement de la durée de cotisation, aujourd’hui fixée à 41,5 ans. Pour Philippe Pihet, secrétaire confédéral Force Ouvrière, il s’agit d’un « point de blocage majeur ». Le gouvernement, qui a d’ores et déjà annoncé la nécessité de travailler plus longtemps pour combler une partie du déficit des retraites, n’a cependant pas précisé le rythme à adopter.

« Les salariés peuvent entendre de travailler plus longtemps, c’est-à-dire jusqu’à 43 ans, mais surtout pas 44 », analyse pour sa part Pascale Coton, numéro deux de la CFTC.

Le patronat veut repousser l’âge légal de départ à la retraite

Le patronat se range clairement du côté de l’allongement de la durée d’activité. Le président du Medef Pierre Gattaz a ainsi préconisé d’augmenter « un peu la durée des cotisations, de 41 à 43 annuités » et va plus loin en proposant de repousser l’âge légal de départ à la retraite de « 62 à 63 ans à l’horizon 2020 ».

Cette solution très controversée est peu susceptible d’être adoptée. Interviewé sur France 2 en mars dernier, Jean-Marc Ayrault avait indiqué que le gouvernement ne toucherait « pas à l’âge légal » de départ à la retraite, conformément aux promesses de François Hollande.

Une hausse de la CSG controversée

Autre option sur la table des négociations, la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) ne fait pas non plus l’unanimité. « Nous ne sommes pas sûrs que ce soit la bonne réponse et sans doute ne l’appuierons-nous pas », a indiqué Pascale Coton. « Les recettes de la CSG doivent être attribuées en priorité à la santé et à la perte d’autonomie. Pour les retraites, l’augmentation modérée des cotisations des entreprises et des salariés est plus logique », a dit dans une interview au JDD Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT

Alors qu’une augmentation d’un point de CSG rapporterait 11 milliards d’euros par an, les syndicats pointent aussi du doigt son impact négatif sur la consommation des ménages. Pour Éric Aubin, chargé du dossier des retraites à la CGT, une hausse de la CSG « baisse le pouvoir d’achat au moment où on cherche à relancer la consommation ».

De plus, nombreux sont ceux qui dénoncent l’injustice d’une mesure qui concerne essentiellement les salariés. « Les entreprises ne participent pas », regrette Pascale Coton, soupçonnant le Medef d’avoir « fait pression » sur le gouvernement pour imposer un dispositif qui, au départ, « n’avait pas paru intéresser » l’exécutif.

La compétitivité des entreprises menacées selon le Medef

De son côté, Pierre Gattaz estime qu’il est du devoir du gouvernement de gérer les dossiers des retraites et du budget « sans augmenter du tout les impôts ». Selon le patron du Medef, qui se prononce pour « des réformes structurelles profondes » plutôt que des taxes, « augmenter les cotisations sociales ou patronales réduirait la compétitivité » des entreprises.

Seule exception consentie par l’organisation patronale : une hausse de 0,1 point des cotisations vieillesse pour les plus hauts salaires. Mais le Medef y met une condition : que « l’ensemble des cotisations pour la branche famille de la Sécurité sociale, soit 5,4 points, soit simultanément transféré des entreprises vers la solidarité nationale, via une hausse de CSG ou de TVA », selon le vice-président du Medef Jean-François Pilliard dans une interview aux Echos.

 

La sensible question de la pénibilité

En outre, le Medef rejette l’intégration d’un volet pénibilité à la réforme des retraites. « C’est un problème de prévention, pas un problème curatif », a ainsi jugé Pierre Gattaz, s’opposant une nouvelle fois aux syndicats qui, eux, y sont très attachés. « S’il n’y a pas de dispositif à la hauteur, on ne sera pas contents et on ne restera pas les bras croisés », a prévenu Jean-Louis Malys, en charge du dossier retraites à la CFDT.

Si le gouvernement entend effectivement s’emparer de la pénibilité afin de faire de sa réforme une réforme « de gauche », la question du financement reste au cœur des débats. Entre des syndicats, à l’instar de FO, qui exigent que la prise en compte des risques professionnels encourus par les travailleurs repose sur les entreprises, et un patronat campé sur ses positions, le volet pénibilité promet des débats parmi les plus houleux d’une réforme délicate.

MARGAUX BARALON  Source la-croix.com

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 18:16

Une retraite par répartition et solidaire, fruit des richesses créées

Par Bernard Lamirand, animateur du Comité d’honneur national pour la reconnaissance d’Ambroise Croizat.

Le gouvernement recevra d’ici quelques jours les organisations syndicales et patronales pour leur livrer le fruit de sa réflexion sur les retraites. Mais c’est un secret de Polichinelle. Les milieux gouvernementaux et patronaux, leurs experts, le rapport Moreau ont déjà signifié qu’il n’y aurait point de salut en dehors de mesures draconiennes frappant les retraités et surtout les futurs retraités. La presse livre chaque jour, à petites doses, ce qui serait envisagé.

Le régime général des retraites de la Sécurité sociale ne serait plus que l’ombre de lui-même et son extrême précarité fait déjà saliver les fonds de pension qui rêvent de venir prendre la place et de présenter aux salariés qui en auront les moyens des systèmes de retraite par capitalisation. Ainsi la France se coucherait devant les injonctions de Bruxelles qui réclame que partout les politiques d’austérité s’appliquent et que les systèmes de sécurité sociale mis en place en Europe à la Libération soient définitivement rayés de la carte car devenus trop généreux dans une période de crise, dit-on, dans ces milieux de privilégiés.

Ainsi, sur France Inter, le « porte-parole du patronat », du journal les Échos, nous a fait le point des mesures que s’apprêterait à annoncer le premier ministre : une hausse importante de la CSG affecterait les retraités et les actifs, un allongement de la durée de cotisation pourrait aller jusqu’à 44 ans, étalé dans le temps.

Sarkozy et Fillon ont rêvé d’une telle réforme et n’avaient pu l’obtenir en 2010 face à plus de 7 millions de personnes au total qui avaient manifesté durant plusieurs semaines à l’appel des organisations syndicales et des partis de gauche dont le Parti socialiste. Le commentateur de France Inter disait que les travailleurs risquent d’en prendre leur petit déjeuner de travers. Il a raison.

C’est certain, et en particulier pour tous ces jeunes précaires, ces jeunes chômeurs en attente parfois pendant des années d’un vrai boulot permettant de cotiser pour les retraites et d’obtenir un jour le droit de partir avec les trimestres nécessaires pour une retraite à 60 ans, comme les manifestants de 2010 l’exigeaient. Même chose pour les retraités qui vont voir leur niveau de vie reculer sérieusement et suivre les autres reculs remontant aux mesures Balladur de 1993.

Cette réforme serait une grave faute du gouvernement. En voulant l’engager en parfait accord avec le patronat, il s’agit de mettre un terme, au bout, à la cotisation dite patronale déjà amputée par de multiples exonérations, et de la faire payer pour la quasi-totalité par le monde du travail avec la CSG et éventuellement la TVA. Pendant ce temps, les grandes entreprises s’engraissent et distribuent toujours plus de profit à leurs actionnaires avec ce qui est en sorte pris aux salariés et aux retraités, ne serait-ce que par les exonérations de cotisations sociales dont bénéficient ces grands groupes, jusqu’à 1,6 fois le Smic.

Le gouvernement, c’est grave, résilie ainsi 1945 et le système solidaire de la Sécurité sociale mis en place par Parodi, Croizat et Laroque, avec l’aide puissante de la CGT et de ses cinq millions d’adhérents ainsi que du Parti communiste qui représente alors près de 28 % des voix aux élections. Je rappellerai qu’Ambroise Croizat s’était opposé à une sécurité sociale basée sur l’impôt, contestant le système mis en place en Grande-Bretagne par Beveridge, qui faisait reposer la Sécurité sociale sur la fiscalisation.

La cotisation fut le choix du législateur à l’unanimité de l’Assemblée provisoire et Ambroise Croizat indiquait alors que cette cotisation était en lien avec le travail, la création de richesses de la classe ouvrière, et que la cotisation de l’employeur ne constituait en fait qu’une part de l’entreprise avec celle du salarié prise sur les richesses créées.

L’âge de la retraite était fixé à 65 ans, avec l’idée qu’au fur et à mesure de la reconstruction du pays détruit par la guerre, cet âge pourrait évoluer vers 60 ans. Cela est arrivé tardivement en 1982, grâce à l’union de la gauche et à son gouvernement après une formidable bataille de la CGT, argumentant qu’il vaut mieux payer des retraités que des chômeurs.

Ici, le gouvernement nous convie, hélas, aujourd’hui à un recul de civilisation. Ce choix doit être combattu avec opiniâtreté par tous les travailleurs et les retraités. Le 10 septembre doit marquer notre désaccord le plus complet par une participation massive.

En 1945, il n’y avait plus rien dans les caisses de l’État, la droite pétainiste avait mis le pays à genoux avec les nazis, il fallait reconstruire du social. Des hommes et des femmes l’ont fait avec la Sécurité sociale : ils ont choisi la cotisation sociale pour alimenter cette solidarité que nous a enviée le monde entier. Les Pierre Laroque, Alexandre Parodi, Ambroise Croizat, Georges Buisson, Henri Raynaud, dans leur diversité d’opinion politique et syndicale, n’ont pas hésité à donner les moyens de financement par cette cotisation sociale, clé de voûte du système que seul le patronat de l’époque avait contesté, lui qui avait collaboré avec les nazis en ruinant le pays et en faisant des affaires avec les forces occupantes. Le détruire aujourd’hui en privilégiant la CSG et la décroissance de la cotisation dite de l’employeur serait une honte et une offense à ceux qui nous ont légué cette Sécurité sociale et ce système de retraite.

Il faut que le départ à la retraite reste à 60 ans pour tous et qu’il puisse s’effectuer avant pour les professions pénibles. Il faut avoir le courage, comme nos prédécesseurs, de fixer la cotisation salariale et celle de l’entreprise pour financer nos systèmes de Sécurité sociale. S’il y a encore quelque chose à attendre de ce gouvernement, c’est qu’il ait enfin le courage de s’attaquer à l’argent roi plutôt que de charger la barque du côté des salariés et des retraités.

J’en appelle donc directement au chef de l’État : Monsieur le président de la République, ne soyez pas le fossoyeur de la retraite par 
répartition et solidaire.

Bernard Lamirand Source humanite.fr

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