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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 17:37

Les salariés d'Orange divisés sur le sort de leur patron

Les salariés et syndicats sont divisés sur le cas Stéphane Richard.

 

D'après la CGT, première organisation syndicale du groupe, les employés ne font pas tous bloc derrière leur patron comme le laisse entendre un courrier de remerciements envoyé par Stéphane Richard. Divisés sur la question, les syndicats devront s'expliquer lors du conseil d'administration.

«Bonjour à tous. Je tenais à vous remercier chaleureusement des nombreux témoignages de soutien et de sympathie que j'ai reçus de la part d'un grand nombre d'entre vous. Ils m'ont infiniment touché». Dans ce billet interne, dévoilé par La Tribune , Stéphane Richard, mis en examen dans le cadre de l'affaire Tapie, semble confirmer la tendance générale selon laquelle les salariés d'Orange soutiennent massivement leur patron dans cette épreuve judiciaire. «Ce n'est pas vrai. C'est très partagé au sein du groupe», affirme pourtant Christian Mathorel, de la CGT, première organisation syndicale chez Orange.

«Aujourd'hui, je peux vous trouver dix salariés qui sont pour le maintien de Stéphane Richard et dix qui sont contre! C'est beaucoup plus partagé que ce qu'on laisse entendre aujourd'hui», lance le syndicaliste. «Globalement, d'après les informations que nous avons récoltées, les salariés veulent que la justice suive son cours. S'il est coupable, il devra partir. En attendant, ils ne se prononcent pas».

Dans un communiqué, la CFE/CGC-Unsa est plus affirmative: «Les personnels renouvellent leur soutien à leur PDG». De quoi agacer la CGT: «Mais de quel droit parlent-ils au nom de tous? Je n'ai jamais vu ça!», s'énerve le syndicaliste. «Il ne sont que la quatrième ou cinquième organisation et ils se permettent de parler au nom de tous».

«Pour l'instant, nous ne nous positionnons pas sur son maintien ou non. Ce n'est pas ce qui nous préoccupe»

Christian Mathorel, de la CGT

La CGT n'a jamais apporté son soutien direct à Stéphane Richard dans cet affaire, comme elle le rappelle dans un communiqué. «Nous ne pouvons pas dire que nous le soutenons car nous ne soutenons pas sa stratégie au sein de l'entreprise», explique le syndicat. Sud a aussi affirmé qu'il ne soutenait pas le patron et a déjà fait savoir qu'en cas de vote sur son maintien au poste de PDG, il se prononcerait contre.

La CGT, la CFDT et Sud disposent de trois sièges de représentants du personnel au sein conseil d'administration qui doit se prononcer en début de semaine prochaine sur l'avenir de Stéphane Richard. La position de Sud est déjà connue et celle de la CFDT ne fait pas de doute («il faut bien sûr respecter la présomption d'innocence. D'autre part, ce qui lui est reproché n'a strictement rien à voir avec Orange», confiait Laurent Riche, délégué syndical CFDT, à Challenges ). La CGT refuse toujours de donner son avis, bien que la décision soit «tranchée», assure Christian Mathorel. «Pour l'instant, nous ne nous positionnons pas sur son maintien ou non. Ce n'est pas ce qui nous préoccupe. La question clé, c'est les salariés. Et aujourd'hui, ce qui déstabilise l'entreprise, c'est la politique menée au sein du groupe», explique-t-il, refusant de lier l'avenir du seul Stéphane Richard à la stratégie de l'ensemble de la direction.

Un autre siège est accordé à un représentant du personnel actionnaire. Ce dernier devrait suivre l'avis de Patrice Brunet, président de l'Association de défense de l'épargne et des salariés de l'opérateur, qui avait affirmé sur BFM TV: «Clairement, nous soutenons Stéphane Richard. L'essentiel des salariés et de leurs représentants considèrent que l'entreprise et sa stabilité sont en jeu. Nous sommes tous derrière Stéphane Richard». Les discussions promettent d'être intenses…

Source lefigaro.fr

-CdP-CFE-CGC-UNSA_soutien_des_personnels_a_Stephane_Richar.jpg

-CdP-CFE-CGC-UNSA_soutien_des_personnels_a_Stepha-copie-1.jpg

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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 18:26

Richard : le CA Orange réuni dans la semaine

Le Conseil d'administration de l'opérateur Orange se réunira "dans les prochains jours" pour "faire le point" et "décider des conséquences à tirer" de la mise en examen de son PDG, Stéphane Richard, pour "escroquerie en bande organisée" dans l'affaire Tapie, a-t-on indiqué mercredi à Matignon. "A travers ses administrateurs, l'Etat fera alors valoir sa position en tant qu'actionnaire", a-t-on précisé dans l'entourage du Premier ministre.

Source lejdd.fr

 

 

Mise en examen de Stéphane Richard : « pas de conséquence » pour Orange 

Selon un porte-parole d'Orange, Stéphane Richard, mis en examen pour "escroquerie en bande organisée", sera "à son bureau demain matin".

Un porte-parole d'Orange a indiqué mercredi que la mise en examen du P-DG du groupe, Stéphane Richard, n'avait pas de conséquences pour l'opérateur et que le dirigeant serait "à son bureau demain (jeudi) matin". "Orange a pris acte de cette décision des juges. La mise en examen de Stéphane Richard dans cette affaire, qui ne nous concerne pas, n'a pas de conséquences sur ses responsabilités actuelles, et il sera à son bureau demain (jeudi) matin", a déclaré le porte-parole.

Le parquet de Paris a annoncé mercredi la mise en examen de Stéphane Richard, pour "escroquerie en bande organisée" dans le cadre de l'enquête sur l'arbitrage ayant mis fin au litige entre le Crédit lyonnais et Bernard Tapie en 2008. Réagissant à cette mise en examen, Stéphane Richard s'est déclaré "confiant et combatif", a indiqué son entourage.

Source lepoint.fr

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 20:34

L’Ani, c’est (presque) maintenant! (CFDT)

Quatre avenants aux textes et conventions régissant l'assurance-chômage vont permettre l'entrée en vigueur au 1er juillet de quatre dispositions phare prévues par l'accord du 11 janvier 2013 sur la sécurisation de l'emploi.

Les signataires de l’Ani n’ont pas attendu la promulgation de la loi sur la sécurisation de l’emploi pour concrétiser certaines de ses dispositions dès le 1er juillet 2013, à travers quatre avenants aux textes régissant l’assurance-chômage. La cotisation employeur passera de 4 à 7 % pour les CDD de moins d’un mois, 5,5 % pour les CDD d’un à trois mois et 4,5 % pour les CDD d’usage (sauf emplois saisonniers, contrats intérimaires, CDD de remplacement et ceux se transformant en CDI). L’employeur embauchant un jeune de moins de 26 ans en CDI (si le contrat va au-delà de la période d’essai) sera exonéré de cotisation pendant trois mois dans les entreprises de 50 salariés et plus (quatre mois dans les entreprises de moins de 50). Les bénéficiaires du contrat de sécurisation professionnelle expérimental (fin de CDD ou d’intérim) bénéficieront d’une prime de 1 000 euros versée au septième mois d’accompagnement s’ils suivent une formation qui se termine après la fin de leurs droits à l’assurance-chômage. Enfin, un salarié en mobilité volontaire sécurisée pourra bénéficier d’une indemnité chômage en cas de rupture de son contrat avant la date de retour dans son entreprise d’origine.

« Ces accords créent des droits concrets et immédiats pour les salariés les plus précaires, conformément aux engagements contenus dans l’Ani du 11 janvier 2013. Ils sont une riposte adaptée à la montée du chômage et de la précarité », a commenté la secrétaire générale adjointe de la CFDT, Véronique Descacq.

Source humanite.fr

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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 11:40

 

Parfois l'actualité vient se télescoper et nous livre des enseignements dramatiques sur ce que vivent nos concitoyens.

Voici 2 articles du Midi Libre de ce jour qui m'ont interpelés sur l'état de notre société, et l'implacabilité d'un système qui matraque sans limite le petit peuple pour des pécadilles, le culpabilise et le tue en toute impunité, alors que pour d'autres...

Amitiés à tous et à toutes

Cyril LAZARO

 

P.-O. : elle meurt alors que l’huissier vient la saisir

Stella Rakic, 51 ans, mère d’un enfant, vivait dans cette cité HLM.

Stella Rakic, 51 ans, mère d’un enfant, vivait dans cette cité HLM

 

Alors qu’un huissier mandaté par Pôle emploi venait effectuer une saisie chez une chômeuse handicapée à Canet-en-Roussillon, cette dernière s’est effondrée, victime d’un malaise fatal. Elle devait 1 790 € depuis 2010.

"Nous sommes bien évidemment atterrés par ce décès." Pascal Blain, le directeur régional de Pôle emploi, ne cache pas son émotion après le drame survenu jeudi après-midi à Canet-en- Roussillon (Pyrénées-Orientales). Alors qu’un huissier mandaté par Pôle emploi venait effectuer une saisie chez une chômeuse handicapée, cette dernière s’est effondrée, victime d’un malaise fatal.

Selon plusieurs sources, Stella Rakic, 51 ans, mère d’un enfant, a vivement réagi en voyant arriver l’huissier, accompagné d’un serrurier et de deux témoins, ainsi que la loi l’exige. Une altercation verbale aurait alors éclaté entre elle-même et les trois personnes venues pour effectuer une saisie-vente sur ses biens mobiliers.

Devant une équipe de télé

Devant la tournure prise par les événements, l’huissier se serait réfugié dans sa voiture, pour appeler les gendarmes. À leur arrivée, Stella Rakic a commencé à s’entretenir avec eux. Et puis, d’un coup, "cette dame s’est effondrée dans les bras de l’adjudant-chef, qui l’a mise en position de sécurité", indique une source proche de l’enquête. 

La scène s’est déroulée en présence d’une équipe de télévision, qui tourne actuellement un reportage sur la vie d’une brigade de gendarmerie, destinée à être diffusée prochainement sur TF1. Et elle a provoqué une vraie tension dans cette cité HLM des Canderelles, un quartier populaire où les esprits, après la mort de la victime, se sont rapidement échauffés.

"La procédure de saisie semble avoir été respectée", indique une source judiciaire, qui précise qu’une autopsie a été demandée par le parquet de Perpignan. Elle devrait être effectuée mardi, au service de médecine légale de l’hôpital Lapeyronie à Montpellier.

Selon Pôle emploi, la victime devait depuis 2010 une somme de 1 790 €, correspondant à des prestations perçues alors qu’elle était en litige avec son employeur, une entreprise de restauration.

"Nous n’avions plus de contact depuis 2011"

"Elle avait ensuite perçu une forte somme d’argent de son employeur, et la procédure de recouvrement avait été lancée. On était passé au tribunal, on lui avait proposé de régler des échéances de 150 € par mois, mais elle n’avait rien payé. Nous n’avions plus de contact avec elle depuis juillet 2011", précise le patron de Pôle emploi.

Stella Rakic, qui avait de sérieux problèmes de santé et souffrait d’un lourd diabète, n’était plus affiliée à Pôle emploi, mais à Cap emploi, l’organisme chargé de l’insertion professionnelle des personnes handicapées.

Source midilibre.fr

Gard : Claude Pradille ne paiera pas 1,56 M€ à l’office HLM

Claude Pradille, lors de son procès en appel en 2006 au tribunal correctionnel de Nîmes.

Claude Pradille, lors de son procès en appel en 2006 au tribunal correctionnel de Nîmes.

 

L’affaire a été révélée cette semaine par notre confrère du "Canard enchaîné". L’office HLM du Département, Habitat du Gard, ne pourra certainement jamais recouvrer les 1,56 M€ que devait lui renverser l’ex-sénateur PS Claude Pradille, condamné définitivement en 2007 pour avoir, dans les années 90, confondu argent public et affaires personnelles.

Contactés, le président de l’Office Denis Bouad et le directeur d’Habitat du Gard Stéphane Cabrié, confirment : "Claude Pradille n’a plus rien, on ne va pas saisir grand-chose", explique le président. "On n’a plus d’espoir d’arriver à quoi que ce soit. En juin, je vais présenter le procès-verbal de carence que nous a transmis l’huissier, le conseil d’administration de l’office se prononcera sur cette somme", indique le directeur. Reste à savoir ce que diront les différents membres d’un conseil d’administration d’Habitat du Gard, quasi monocolore, et s’ils diront quelque chose.

Habitat du Gard devra se contenter de 165 900 €

Finalement, ce sont donc 160 000 € versés par l’ex-élu et quelques milliers d’euros de plus saisis par l’huissier, soit 165 900 €, dont devra vraisemblablement se contenter Habitat du Gard. Entre les lignes, nos confrères du "Canard enchaîné" s’interrogent aussi et surtout sur la réaction de l’organisme HLM dans cette affaire de recouvrement. Ils révèlent notamment qu’il s’est écoulé près de cinq ans entre le dernier jugement de la Cour de Cassation en janvier 2007 et la saisine d’un huissier, en septembre 2011, par Habitat du Gard. Entre-temps, en 2010, une observation avait d’ailleurs été donnée à l’office HLM par la Miilos, Mission interministérielle d’inspection du logement social.

"Pour recouvrer, la loi prévoit qu’on a trente ans" se défend l'office HLM gardois

Stéphane Cabrié, directeur d’Habitat du Gard "On avait autre chose à faire, tout le monde savait qu’on ne récupérerait pas cet argent. On a fait ce qu’il fallait, en passant d’abord par les procédures amiables, en le rencontrant, puis par huissier. Je suis arrivé vingt ans après cette affaire, l’office HLM était dans une situation difficile, on ne produisait plus de logements, et la Caisse des dépôts s’inquiétait, j’avais autre chose à penser", proteste Denis Bouad.

Même tonalité pour le directeur Stéphane Cabrié qui tonne : "En 1995, quand éclate l’affaire Pradille, j’étais à la fac. Ce qu’ont fait ou pas mes prédécesseurs, je n’en sais rien mais pour recouvrer, la loi prévoit qu’on a trente ans."

Le sénateur est "irrécouvrable"

En fait, Stéphane Cabrié reconnaît avoir perdu six mois : "Je suis arrivé en 2008 et dès la fin de l’année, j’ai lancé les premières mises en demeure. J’ai d’abord agi de manière amiable puis contentieuse." Surtout, le directeur estime n’avoir subi "aucune pression politique". Il insiste sur la situation de l’office à son arrivée : "J’avais autre chose à faire. Je devais gérer 320 personnes alors que l’office changeait de statut avec à son actif un rapport de notre organisme de contrôle désastreux. Depuis cinq ans, on essaye de redresser Habitat du Gard", lâchent Denis Bouad et Stéphane Cabrié.

Directeur et président indiquent enfin qu’ils ne peuvent pas compter non plus sur un prélèvement de la retraite de sénateur de Claude Pradille.

Les tribunaux ont annoncé à Habitat du Gard que la retraite d’un sénateur est "irrécouvrable".

Source midilibre.fr

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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 21:03

Croissance: le patronat et les syndicats réformistes avancent des pistes

A trois semaines de la conférence sociale, les organisations patronales et trois syndicats réformistes - CFDT, CFTC, CFE-CGC - présenteront mardi dans un rapport leurs recommandations communes pour "réinventer la croissance" en France et booster l'emploi.

La présidente du Medef, Laurence Parisot, le 22 mai 2013 à Paris

Dans un rapport de 165 pages, "réinventer la croissance, agir ensemble pour une dynamique économique", le Medef, la CGPME, l'UPA (artisans) ainsi que les trois syndicats identifient des secteurs d'avenir pour relancer la croissance.

"La nouveauté du document est d'identifier des secteurs porteurs pour permettre des choix investissements dans ces secteurs, sans abandonner les secteurs traditionnels", a indiqué lundi à l'AFP Patrick Pierron, secrétaire national de la CFDT.

Parmi ces secteurs, précise-t-il, figurent "les nouvelles technologies et le numérique, l'économie verte, la mobilité durable - véhicules électriques, ferroviaire etc-, la politique énergétique, le savoir faire français - comme le tourisme et la cuisine - tout ce qui est lié à l'allongement de la vie - comme le service à la personne et les produits industriels - la politique de la santé.

Le rapport est le fruit de "délibérations" entre ces organisations syndicales et patronales depuis janvier 2012. Il s'inscrit, selon ses signataires, dans la continuité des travaux conduits par les partenaires sociaux pour développer "un diagnostic commun sur les forces et faiblesses de l'économie française" et qui avait abouti en juin 2011 à la signature par les mêmes protagonistes d'un document sur la compétitivité française.

Pour la CFDT, le rapport peut être versé au débat de la conférence sociale des 20 et 21 juin dont l'une des tables rondes porte justement sur les "filières d'avenir".

Le texte permet également "d'alimenter la conférence sociale sur la nouvelle gouvernance, pour redéfinir le rôle de l'Etat, des collectivités territoriales et des organisations patronales et syndicales", relève de son côté l'AFP Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC. L'un des chapitres du texte avance des propositions pour une nouvelle gouvernance économique.

En revanche, la CGT et FO - qui n'avaient pas signé l'accord sur la sécurisation de l'emploi - n'ont pas pris part à ces débats.

Pascal Pavageau, secrétaire confédéral de Force ouvrière, rappelle auprès de l'AFP que son syndicat était favorable à un "dialogue libre" avec le patronat sur les sujets économiques - auquel il avait pris part en 2010- mais regrette que les organisations patronales et les trois syndicats aient décidé de le transformer en une quasi-négociation pour produire des documents.

Le rapport sera présenté mardi en fin d'après midi au siège du Medef par les numéros uns du Medef (Laurence Parisot), de la CGPME (Jean-François Roubaud), de l'UPA (Jean-Pierre Crouzet), de la CFDT (Laurent Berger), ainsi que par Joseph Thouvenel de la CFDC et Alain Giffard (CFE-CGC).

Source news.fr.msn.com

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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 15:30

Se soulever ou mourir

Chris Hedges, Truthdig

BusinessPlan_copy

Illustration by Mr. Fish

 

Pour écrire notre livre « Days of Destruction, Days of Revolt. » (Jours de destruction, jours de révolte), Joe Sacco et moi avons passé deux ans à enquêter sur les endroits les plus pauvres des Etats-Unis. Nous sommes allés dans les « misérables zones sacrifiées » de notre pays – les premiers endroits obligés de s’agenouiller devant la dictature des marchés – pour montrer ce qui arrive quand le capitalisme dérégulé et l’expansion économique illimitée s’en donnent à coeur joie. Nous voulions montrer les conséquences de l’exploitation sans foi ni loi des multinationales sur les familles, les communauté et la nature. Nous voulions pourfendre l’idéologie régnante du mondialisme et du laissez-faire capitaliste en montrant ce que devient la vie quand les êtres humains et l’écosystème ne sont plus que des marchandises à exploiter jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien ni personne. Et nous avons voulu mettre en lumière l’impuissance des institutions libérales et gouvernementales officielles autrefois capables de diriger mais qui n’ont plus aujourd’hui assez de pouvoir pour contrecarrer l’assaut des multinationales.

Ce qui s’est passé dans ces zones sacrifiées – les villes post-industrielles comme Camden, N.J., et Detroit, les mines de charbon de l’ouest de la Virginie où les compagnies minières ont fait exploser le sommet des montagnes, les réserves indiennes où le projet dément de l’expansion et l’exploitation économiques sans fin a causé ses premiers dégâts et la culture intensive où les travailleurs sont traités quasiment comme des esclaves – est en train se propager au reste du pays. Ces zones sacrifiées sont tombées les premières. C’est maintenant notre tour.

Les multinationales font les lois. Elles contrôlent nos médias. Elles gèrent le théâtre politique des élections et imposent les programmes éducatifs. Le système judiciaire est à leur service. Elles ont détruit les syndicats et les autres organisations indépendantes de masse, et elles ont acheté le Parti Démocrate qui défendait autrefois les droits des travailleurs. Comme il n’y a plus de réformes au fur et à mesure des besoins – c’était le rôle principal des institutions libérales démocratiques – nous sommes laissés sans protection contre le pouvoir des multinationales.

La saisie secrète par le Département de Justice* de deux mois de conversations téléphoniques entre des reporters et des rédactions de l’Associated Press est le dernier avatar d’une série d’assauts sans précédents contre nos libertés civiles. Le Département de Justice tentait de tracer le ou les officiels du gouvernement qui avaient transmis secrètement des informations à l’AP sur un complot visant à faire sauter un avion de voyageurs qui avait été déjoué. Des informations enregistrées sur les téléphones des agences de l’AP de New York, Washington, D.C., et Hartford, Conn., ainsi que sur les portables et les téléphones fixes privés de plusieurs chefs de rédaction et reporters ont été confisquées. Cet incident, ajouté aux mesures comme l’emploi du Espionage Act contre les lanceurs d’alerte va porter un coup fatal à toutes les enquêtes indépendantes sur les abus du gouvernement et des multinationales.

La saisie des appels téléphoniques fait partie d’un effort plus large de l’état-entreprise pour faire taire tous ceux qui contestent la narrative officielle, la Novlangue étatique, et pour cacher au public le fonctionnement interne, les mensonges et les crimes de l’empire. La personne, ou les personnes, qui a transmis à l’AP de l’information classifiée sera, si elle est arrêtée, sûrement poursuivie en vertu de l’Espionage Act. Cette loi, quand elle a été promulguée en 1917, n’était absolument pas destinée à museler les lanceurs d’alerte. Et de 1917 jusqu’à la présidence d’Obama en 2009 elle a été utilisée seulement trois fois contre des lanceurs d’alerte, la première fois contre Daniel Ellsberg qui avait fait fuiter les Papiers du Pentagone en 1971. L’Espionage Act a été utilisé six fois par l’administration Obama contre des lanceurs d’alerte gouvernementaux comme Thomas Drake.

La violente persécution de la presse par le gouvernement – menée par un grand nombre d’agences gouvernementales liguées contre WikiLeaks, Bradley Manning, Julian Assange et des militants comme Jeremy Hammond – se combine avec l’emploi de la loi de 2001 autorisant à se servir de l’armée pour assassiner des citoyens étasuniens; et avec l’emploi du FISA Amendments Act, qui légalise après coup ce que notre Constitution ne permettait pas autrefois : la surveillance et la mise sur écoute sans mandat de dizaines de millions de citoyens étasuniens; et avec l’emploi de la Section 1021 du National Defense Authorization Act qui permet au gouvernement de se saisir de citoyens étasuniens, de leur retirer tous leurs droits et de les maintenir indéfiniment en détention. Toutes ces mesures prises ensemble sonnent le glas de presque toutes nos libertés civiles.

Une poignée d’oligarques internationaux du monde des affaires concentre tout – la richesse, le pouvoir et les privilèges – et le reste d’entre nous doit lutter pour survivre à l’intérieur d’une vaste classe de sous-citoyens de plus en plus pauvres et réprimés. Il y a des lois pour nous; et d’autres lois pour une puissante élite qui fonctionne comme une mafia sans frontières.

Nous assistons impuissants au désastre. Le droit de vote ne nous sert à rien contre la puissance des multinationales. Les citoyens n’ont pas les moyens d’attaquer en justice les banquiers et les financiers de Wall Street pour fraude, ni les officiels de l’armée et des services secrets pour torture et crimes de guerre, ni les officiers de surveillance et de sécurité pour atteinte aux droits de l’homme. La réserve Fédérale n’a plus pour seule fonction que d’imprimer de la monnaie qu’elle prête aux banques et aux organismes financiers à 0% d’intérêt, pour que ces entreprises privées nous la prêtent ensuite à des taux usuraires qui vont jusqu’à 30%. Je ne sais même plus quel nom donner à ce système. Ce n’est certainement pas du capitalisme. C’est plutôt de l’extorsion. L’industrie fossile pendant ce temps saccage sans relâche l’écosystème pour faire du profit. La fonte de 40% des glaces de l’Arctique est une excellente affaire pour les multinationales. Elles s’y ruent pour en extraire les derniers restes de pétrole, de gaz naturel, de minéraux et de poissons, sans se soucier des soubresauts de la planète moribonde. Ces mêmes entreprises toutes puissantes qui nous régalent de feuilletons interminables en lieu et place d’informations dignes de ce nom, du dernier procès impliquant O.J. Simpson aux croustillants détails du procès pour meurtre de Jodi Arias, ont fait monter les taux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère à plus de 400 parts par million. Elles nous fascinent avec leurs hallucinations électroniques pendant que nous tombons, paralysés par la terreur à l’instar des marins d’Ulysse, de Charybdes en Scylla.

On ne trouve rien en 5000 ans d’histoire économique pour justifier la croyance que les sociétés humaines doivent adapter leur conduite aux fluctuations du marché. C’est une idéologie aussi absurde qu’utopique. Les promesses désinvoltes de l’économie de marché se sont toutes révélées mensongères. Les entreprises ont délocalisé réduisant à néant notre capacité de production. Les salaires ont baissé, appauvrissant la classe laborieuse et ravageant la classe moyenne. Des secteurs entiers de la population -y compris les étudiants – ont été obligés de contracter des emprunts qu’ils mettront des décennies à rembourser. Des paradis fiscaux se sont créés permettant à des compagnies comme General Electric de ne pas payer d’impôts. Les multinationales emploie une main d’œuvre esclavagisée au Bengladesh et en Chine et en tirent des profits obscènes. Elles aspirent les dernières ressources des communautés et du monde naturel en laissant derrière elles, comme Joe Sacco et moi avons pu le constater dans les zones sacrifiées, des humains en grande souffrance et des paysages morts. Plus la destruction est importante, plus l’appareil s’emploie à écraser la protestation.

Plus de 100 millions d’Étasuniens – un tiers de la population – vit sous le seul de pauvreté et de ce qu’on appelle « quasi-pauvreté ». Pourtant le sort de ces pauvres ou quasi-pauvres et leurs souffrances sont rarement évoqués par les médias aux mains des multinationales – Viacom, General Electric, News Corp. de Rupert Murdoch, Clear Channel et Disney. Les souffrances des sous-citoyens, tout comme les crimes de l’élite pervertie, sont passés sous silence.

Dans la réserve des Indiens Dakota à Pine Ridge, S.D., le second comté le plus pauvre des États-Unis, l’espérance de vie d’un homme est de 48 ans. C’est la plus basse espérance de vie de l’hémisphère occidental en dehors de Haïti. Près de 60% des maisons de Pine Ridge, dont la plupart sont des huttes en tourbe, n’ont pas d’électricité ni d’eau courante ni d’isolation ni d’égouts. Dans les vieux camps miniers du sud ouest de Virginie, l’eau, l’air et le sol sont si empoisonnés que le cancer y est endémique. Il n’y a pas de travail. Et les montagnes Appalaches d’où provient l’eau d’une grande partie de la côte est, sont parsemées d’énormes bassins artificiels remplis de métaux lourds et de boues toxiques. Pour pouvoir respirer les enfants vont à l’école avec des inhalateurs. Les habitants, coincés à l’intérieur de villes en ruine, souffrent d’une misère et d’une violence assortie d’emprisonnements de masse si grandes qu’ils sont brisés émotionnellement et psychologiquement. Et les travailleurs agricoles de la nation, qui n’ont droit à aucune protection légale, sont souvent obligés de travailler sans être payés, comme des serfs. Voilà comment se décline l’épouvantable domination des multinationales. C’est ce qui nous attend tous. Dans cette course accélérée vers l’abîme, nous finirons tous serfs ou esclaves.

Il faut se rebeller. Même si nous échouons, même si nous ne réussissons pas à vaincre les forces d’exploitation du capital, nous auront au moins sauvé notre dignité en tant qu’être humains. Nous aurons défendu ce qui est sacré. Se rebeller c’est entrer en résistance permanente. C’est résister comme Bradley Manning et Julian Assange, comme Mumia Abu-Jamal, le journaliste radical à qui Cornel West, James Cone et moi avons rendu visite en prison la semaine dernière à Frackville, Pa. C’est refuser de céder à la peur. C’est refuser de s’avouer vaincu, même si comme Manning et Abu-Jamal, on vous met en cage comme un animal. C’est dire non. Etre en sécurité, être « innocent » aux yeux de la loi à cette époque de l’histoire, c’est se rendre complice d’un mal diabolique. Quand il a écrit son poème de résistant, « Si nous devons mourir », Claude McKay savait que les Afro-américains qui s’opposaient à la suprématie blanche n’avaient quasiment aucune chance, mais il savait que résister à la tyrannie sauve nos âmes. Et il a écrit:

Si nous devons mourir – que ce ne soit comme porcs
Traqués parqués dans un coin déshonorant
Alors qu’autour de nous, les chiens affamés,
Se moquant de notre sort maudit, aboient de rage.
Si nous devons mourir, – oh, que ce soit dignement,
Que notre sang précieux ne soit pas versé
En vain ; car, s’ils sont obligés d’honorer
Notre mort, nous défierons même des monstres !
Oh, mes Frères ! Affrontons notre ennemi commun;
Bien que beaucoup moins nombreux, soyons courageux,
Et à leurs multiples coups répondons d’un coup fatal !
Qu’importe si devant nous s’ouvre une tombe ?
Comme des hommes, nous braverons la lâche meute meurtrière
Dos au mur, mourants, mais en se défendant !

Il est temps de construire des mouvements de masse radicaux qui s’opposent sans concessions aux centres officiels de pouvoir. Il est temps d’employer le langage brut de la rébellion ouverte et de la lutte des classes. Il est temps de marcher au son de nos propres tambours. La loi a toujours été un outil très imparfait pour obtenir justice, comme le savent les Afro-américains, mais aujourd’hui elle est toute entière au service des puissances d’argent qui nous oppriment; elle est devenue l’arme de l’injustice. Ce sont les grandes entreprises qui nous contrôlent qui ont déclaré la guerre. Pas nous. Si nous nous révoltons nous serons qualifiés de criminels. Nous serons repoussés dans l’ombre. Mais si nous ne nous révoltons pas, nous ne pourrons plus prononcer le mot « espoir ».

Dans son livre « Moby-Dick« , Herman Melville a imagé le diabolisme du capitalisme global. Nous sommes tous à bord du navire maudit, Pequod, dont le nom est celui d’une tribu indienne éradiquée par génocide, et Ahab est aux commandes. « Tous les moyens que j’emploie sont sains », dit Ahab, « mes motivations et mon but sont fous ». Nous voguons compulsivement vers l’auto-destruction et ceux qui nous dirigent même s’ils voient ce qui nous attend, n’ont plus la capacité ni la volonté de l’empêcher. Ceux, sur le Pequod, qui avaient une conscience, comme Starbuck, n’ont pas eu le courage de s’opposer à Ahab. Ce sont les habitudes, la lâcheté et l’arrogance qui ont causé la perte du bateau et de son équipage. Nous devons écouter Melville. Et nous soulever ou mourir.

Note:

*…. « Lundi l’AP a révélé que les enregistrements téléphoniques saisis par la justice pouvait impliquer 100 employés qui ont utilisé les lignes de téléphones sur lesquelles porte l’enquête -qui semble ne concerner qu’une seule information de l’AP datant du 7 mai 2012 selon laquelle la CIA avait déjoué un complot d’al Qaeda dans la péninsule arabique visant à faire exploser en vol un avion de voyageurs en route pour les Etats-Unis. Pourtant il s’est avéré plus tard que le complot était en réalité un piège monté de toutes pièces par la CIA. Comme l’a récemment confirmé le directeur de la CIA, John Brennan, « Nous avions le contrôle du complot qui n’a jamais représenté une menace pour le public étasunien. »

Alors pourquoi l’administration Obama cible-t-elle des reporters et des chefs de la rédaction qui ont travaillé sur une nouvelle qui selon l’aveu même de la CIA n’avait rien à voir avec un réel danger pour la sécurité nationale? « Il y a une guerre plus large contre [ceux qui révèlent] des informations » a répondu Radack. « Les lanceurs d’alerte, les hackers et tous les dissidents. C’est une attaque en règle contre ceux qui contrôlent l’information ».

http://www.rollingstone.com/politics/news/whats-at-stake-when-the-department-of-justice-seizes-ap-phone-records-20130515

et/ou: http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2013/05/14/l-agence-ap-accuse-le-gouvernement-americain-de-l-avoir-espionnee_3193544_3222.html

Pour consulter l’original: suivre ce lien.

Traduction: Dominique Muselet sauf le poème traduit par Jean-Pierre Balpe.

Source blogs.mediapart.fr/blog/la-garnie/240513/se-soulever-ou-mourir

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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 18:02

Les sociétés mondiales et l’écroulement d’un immeuble au Bangladesh

Par Peter Symonds
10 mai 2013

Deux semaines après l’écroulement du bâtiment du Rana Plaza, les géants de la distribution qui font produire leur vêtements au Bangladesh, comme Walmart, Primark, Benetton et d’autres, se sont engagés dans une opération cynique de relations publiques dans le but de prendre leurs distances vis-à-vis de cette tragédie et de préserver leur image et leurs profits.

Le 7 mai, le bilan des victimes avait atteint 705 morts et des centaines de blessés, faisant de cet écroulement la pire catastrophe industrielle de l’histoire du pays et une des pires qui se soit jamais produites dans le monde. Le Rana Plazza est typique de milliers d’ateliers de misère mal construits et dangereux du Bangladesh, employant des ouvriers à 38 dollars par mois pour produire en masse les commandes de certaines des plus importantes sociétés dans le monde.

Une opération médiatique bien orchestrée s’est mise en route dès que la nouvelle de la catastrophe a commencé à se répandre le 24 avril. Les services de relations publiques bien dotés des sociétés directement ou indirectement impliquées ont publié des déclarations exprimant leur « choc » et leur « tristesse » devant les vies perdues. La plupart ont tenté de nier tout rapport avec les cinq usines de vêtements situées dans le bâtiment, sans aucun doute conseillés par leurs services juridiques, également bien équipés. Quelques-uns ont reconnu leurs rapports avec les fournisseurs du Rana Plaza.

Ces larmes de crocodile et déclarations exprimant le « choc » sont tout à fait hypocrites. La raison même pour laquelle certaines des marques internationales les mieux connues font produire leurs marchandises au Bangladesh, est que ce pays a les coûts les plus bas – non seulement en termes de salaire mais aussi pour ce qui est des frais généraux, dû au manque de réglementation. La sécurité et les normes de construction n’existent en grande partie que sur le papier, étant donné que le gouvernement utilise très peu d’inspecteurs pour faire appliquer les normes et ce, dans un pays qui est notoire pour sa corruption et le paiement de pots-de-vin.

De nombreuses sociétés montrent en façade qu’ils s’inquiètent des conditions en établissant pour leurs fournisseurs des règles soutenues par un système d’« audits » prétendument pour assurer que les normes soient remplies. La réalisation d’audits de sécurité et des conditions de travail est devenue une industrie en soi, dans laquelle sont engagées les ONG (organisations non gouvernementales). Les règles sont ignorées et les commandes généralement données en sous-traitance à des ateliers de misères plus petits. Les audits ne représentent guère plus que des embêtements occasionnels, les producteurs réduisant les coûts afin de respecter le prix demandé.

Un groupe de suivi, Business Social Compliance initiative, opérant à partir de Bruxelles a admis que ses auditeurs avaient approuvé deux des usines de vêtement du Rana Plaza pour leurs clients. Le bon état structurel du bâtiment ne se trouvait tout simplement pas sur la liste de contrôle.

L’amplitude même de la catastrophe du Rana Plaza, qui a horrifié les gens dans le monde entier, a forcé certains géants de la distribution à envisager de faire des affaires ailleurs. Le New York Times a souligné la semaine dernière que la société Walt Disney, le plus important donneur de licence au monde grâce à des ventes annuelles de plus de 40 milliards de dollars, avait émis une directive en mars demandant de mettre fin à la production de produits griffés au Bangladesh et dans d’autres pays. Des produits Disney avaient été trouvés dans les ruines de la fabrique de mode Tazreen qui fut détruite par le feu en novembre dernier, tuant 112 ouvriers.

A l’époque, l’incendie était la pire catastrophe industrielle du pays. Cependant, la directive de Disney de se retirer du Bangladesh était une décision purement commerciale. Le coût infligé à son image en tant que société dépassait tout simplement l’impact relativement faible sur ses profits, étant donné que seule une très faible partie de sa production est produite au Bangladesh. Dans sa déclaration, Disney annonça que la production serait progressivement retirée sur une période de plus d’un an. Cela laissait la porte ouverte à un retour, si les usines commençaient à coopérer avec le programme Better Work dirigé par l’Organisation internationale du travail (OIT) et la Société financière internationale, une structure de la Banque mondiale.

Les sociétés qui ne sont pas financièrement en mesure de se retirer on requis les services de l’OIT, des syndicats et de diverses ONG pour faire pression sur le gouvernement du Bangladesh et sur les producteurs afin qu’ils entreprennent des transformations superficielles. La semaine dernière, la BEGMA, l’Association des producteurs et exportateurs de vêtements du Bangladesh qui veut à tout prix garder ses clients internationaux, a rencontré des représentants de quarante acheteurs parmi lesquels H&M, JC Penny, Gap, Nike, Li & Fung et Tesco. Elle promit d’effectuer des inspections de construction de tous ses membres.

Certaines sociétés comme Primark promettent de payer des indemnité à hauteur d’environ 1200 dollars pour chacune des familles des victimes de la catastrophe du Rana Plaza. Walmart qui était directement impliqué dans la catastrophe du Tazreen Fashion, a refusé de payer ce qui représente le prix du silence, mais a fait un don de 1,6 millions de dollars envers un programme de formation à la sécurité incendie au Bangladesh. Ces sommes sont dérisoires est sans aucun doute calculées grâce aux méthodes de l’analyse coûts/bénéfices utilisée par Disney pour parvenir à sa décision.

L’Union européenne, (UE) agissant au nom des distributeurs européens a publié une déclaration la semaine dernière menaçant de retirer au Bangladesh l’accès commercial préférentiel aux marchés de l’UE. La dirigeante de la politique extérieure de l’UE, Catherine Ashton et le commissaire européen au commerce, Karel De Gucht, ont déclaré que l’UE envisageait une « action appropriée » afin d’inciter à la gestion responsable des chaînes d’approvisionnement dont font partie les pays du tiers monde. Quelque 60 pour cent des exportations de vêtements du Bangladesh vont en Europe.

La posture adoptée par l’UE n’a rien à voir avec une amélioration du sort des travailleurs du Bangladesh. Les responsables de l’UE ont déclaré au Financial Times que le fait de retirer la préférence commerciale serait une « mesure extrême » dont il était improbable qu’elle soit prise. Comme l’a dit un des responsables de la Commission européenne à ce journal, la déclaration adressé aux autorités du Bangladesh ne l’a été que pour « leur mettre un peu le feu sous les pieds ».

Si la préférence commerciale était retirée, ou si des grandes sociétés suivaient l’exemple de Disney, l’effet sur l’économie du Bangladesh serait catastrophique. L’industrie du vêtement représente environ 80 pour cent des exportations du pays et plus de trois millions d’ouvriers sont directement employés dans cette industrie. Beaucoup perdraient leur emploi, aggravant la pauvreté très répandue qui afflige déjà les masses du Bangladesh.

De plus, tout mouvement hors du Bangladesh de la part des sociétés ne se ferait qu’en direction d’une autre zone de travail à bon marché avec des coûts encore plus bas. On vante la Birmanie (Myanmar) comme une alternative possible où le régime dominé par l’armée garantirait une main-d’œuvre docile et peu de réglementation. La ruée pour satisfaire la nouvelle demande assurerait que des bâtiments soient construits à toute vitesse d’une façon tout aussi chaotique et bâclée. D’autres possibilité seraient le Pakistan ou près de 300 ouvriers sont morts dans l’incendie d’une usine de vêtement de Karachi en septembre dernier, ou encore les ateliers de misère de pays comme le Sri Lanka, le Cambodge ou Haïti.

Loin d’améliorer les normes de sécurité et les conditions de travail, les sociétés géantes sont engagées dans une concurrence féroce contre leurs rivales et qui s’intensifie dans le cadre de l’effondrement mondial du capitalisme. La course incessante aux profits mine la santé, la sécurité et le niveau de vie non seulement des ouvriers des pays en voie de développement mais aussi des nations économiquement avancées. Le seul moyen de mettre un terme à cette perte tragique de vies et de santés est une lutte unifiée des travailleurs d’Asie, d’Europe, d’Amérique et du monde pour en finir avec le système capitaliste obsolète et établir une économie socialiste planifiée rationnellement au niveau mondial et qui satisfasse les besoins urgents de l’humanité.

Source wsws.org

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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 20:46

Après le 1er mai : où va le mouvement syndical ?

manifestation du 1er mai 2012

 

Les résultats des manifestations en France, sans doute plombés par les vacances scolaires, sont malgré tout l’expression des rapports du monde du travail aux organisations syndicales : 160 000 manifestantEs selon la CGT, Solidaires et la FSU qui appelaient ensemble et 300 personnes pour le rassemblement national CFDT-CFTC-UNSA à Reims. FO organisant dans son isolement habituel un rassemblement au Mur des Fédérés.Divisions et stratégie des directions syndicales
«  Les salariés ne comprendraient pas que nous défilions bras dessus, bras dessous », car la CGT « tire à boulets rouges sur l'accord du 11 janvier sur la "sécurisation" de l'emploi », déclarait Laurent Berger, nouveau secrétaire général de la CFDT. La signature avec le Medef dégrade un peu plus le rapport de forces entre le monde du travail et le patronat mais cet ANI est l’aboutissement de la politique de « dialogue social » dans laquelle toutes les directions syndicales étaient engagées depuis 10 ans.
Si la CGT a tapé dur contre la CFDT, c’était avant tout pour faire oublier qu’elle n’a rien fait pour tenter de construire une véritable opposition, à l’ANI d’abord, à la loi ensuite. Ces oppositions verbales n’ont pas aidé au rapprochement avec les structures syndicales de la CFDT qui s’opposaient à l’ANI (à Sanofi par exemple), ni à surmonter des tensions locales qui ont été des freins pour lutter contre des menaces de fermeture (à ArcelorMittal).
Pour s’opposer à l’ANI, il n’y a plus d’échéances, hormis un rassemblement de pure forme le 14 mai, jour du vote définitif de la loi. Sur la loi d’amnistie, on ne peut pas dire que les directions syndicales avaient beaucoup fait pour la défendre. Pourtant, une véritable loi d’amnistie qui libérerait celles et ceux qui tentent de résister aux violences patronales serait bien un minimum.
Cette politique des directions syndicales a été un des éléments qui a renforcé la démoralisation et le sentiment d’impuissance du monde du travail, de doute sur ses capacités à résister aux attaques.

Quelles perspectives ?
La CFDT a appelé à « travailler ensemble pour lutter contre le chômage et préparer la future conférence sociale » (20 et 21 juin) et la CGT a affirmé que « l'unité syndicale est déterminante ». D’après le journal les Échos du 2 mai, « Le Paon et Berger ont prévu de se voir prochainement et leurs confédérations travaillent déjà en très bonne entente dans les négociations en cours sur la qualité de vie au travail. » Une autre manière de remettre cent balles dans la machine à perdre.
Une unité nécessaire mais pour quoi faire ? Alors que la loi dite de sécurisation commence à s’appliquer, il y aurait urgence à ce que les organisations syndicales envisagent les mobilisations pour la combattre. Comment s’opposer aux nouvelles privatisations annoncées par Ayrault, et défendre la perspective de réquisition des entreprises qui veulent fermer et licencier ?
« Il faut sans attendre activer les leviers indispensables à la croissance en relançant les investissements des entreprises et des collectivités publiques et la consommation des ménages par l’amélioration du pouvoir d’achat des salaires et pensions et l’emploi… » déclare la CGT après le 1er Mai. Comment ? « En France, en Europe et dans le monde, il est urgent de faire entendre encore plus fort la voix des salariés, nous unir, nous rassembler pour "changer de cap contre les politiques d’austérité", comme l’a décidé la Confédération européenne des syndicats en appelant à une semaine d’action dans tous les pays du 7 au 14 juin 2013 ».
Pour construire une mobilisation européenne, il y a besoin de clarifications. D’abord, discuter dans les structures syndicales comment on s’y prend pour atteindre ces objectifs ? Il ne s’agit pas là d’un « changement de cap », mais d’une rupture radicale avec toutes les règles de l’économie de marché. Pour embaucher dans les services publics, il faudra commencer par refuser l’austérité budgétaire en annulant la dette. Pour interdire les licenciements il faudra contester le droit de propriété qui fonde le pouvoir des patrons et des actionnaires à fermer leur entreprise, délocaliser, décider de ce qui y est produit. Pour augmenter les salaires et les retraites, il faudra que l’ensemble des patrons aient tellement peur de tout perdre qu’ils soient obligés de prendre sur leurs profits. En d’autre termes refonder un syndicalisme lutte de classe en rupture avec le « syndicalisme dialogue social », sans préjuger de celles et ceux qui seront dans ces nouveaux combats.

Cathy Billard Source npa2009.org

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 10:31

Le patronat se sent pousser des ailes comme aux plus beaux jours de l'ère Sarkozy.

Que fait ce gouvernement qui ose porter le nom de socialiste?

Camarades, l'heure est très grave!

La médecine du travail est le dernier rempart des salariés face à l'exploitation sans vergogne d'un patronat composé de gens atteints de la maladie de la cupidité, et qui tirent leur jouissance des pleins pouvoirs exercés sur la vie d'autres êtres humains, de gens qui osent penser que lorsqu'un salarié se suicide, c'est un effet de mode!

Signez la pétition de soutien : Petition pour la défense des Drs Delpech, Huez et Berneron

Amitiés à tous et à toutes

Cyril LAZARO

Représentant du personnel CGT à Disneyland Paris

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 22:36

Contre la CGT, PSA engage son "rebond"

Le Comité central d'entreprise de PSA a entériné lundi le plan "Rebond 2015", qui entraînera une réduction drastique des effectifs et la fermeture d'Aulnay-sous-Bois. Explications.

Une longue procédure de validation

Le 9 juin 2011, la CGT révélait qu'une note interne évoquait la possible fermeture de l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois. Près de deux ans plus tard, le Comité central d'entreprise (CCE) du constructeur automobile l'a validé, lundi, dans le cadre du plan intitulé "Rebond 2015". La décision d'engager une restructuration a longtemps été retardée par la campagne présidentielle. Le chiffre d'affaires catastrophique pour l'année 2011 a fini de convaincre la direction de PSA, mais celle-ci a attendu juillet 2012 pour annoncer l'arrêt de la production à Aulnay en 2014 et la suppression de 8.000 postes en France, dont 1.400 à Rennes. Dès lors, le dossier s'est politisé et Arnaud Montebourg a engagé un bras-de-fer avec la direction de PSA.

Mais, entre l'interview de François Hollande, le 14 juillet 2012, dans laquelle il dénonce le "mensonge" de PSA, et le CCE de lundi, le plan "Rebond 2015" n'a pas évolué dans le sens des salariés. Au contraire, PSA a porté à 11.214 le nombre de suppressions de postes, assurant toutefois qu'il n'y aura aucun "licenciement sec". Outre le site d'Aulnay-sous-Bois, un poste sur quatre sera supprimé sur celui de Rennes, tout comme 3.600 emplois dans les effectifs hors production, tous sites confondus. Le coût initial de ce plan social a été estimé à 600 millions d'euros par le cabinet d'expertise Secafi. Ce qui devrait alourdir un peu plus les finances du groupe déjà en difficulté - en février dernier, PSA a subi une perte historique de 5 milliards d'euros. Face à cette situation, et après des négociations qui ont duré cinq mois, cinq des six syndicats majoritaires ont donné leur feu vert, le 18 mars, au plan social. Seule la CGT est contre.

L'usine d'Aulnay au centre du conflit social

Depuis deux ans, le site d'Aulnay-sous-Bois est dans le viseur de la direction du constructeur automobile. L'annonce de sa fermeture, d'abord hypothétique puis confirmée, a entraîné le début d'une grève qui n'est toujours pas terminée. Entamé le 16 janvier dernier, ce mouvement social a paralysé l'ensemble des chaînes de production jusqu'en avril. Aujourd'hui, seule la CGT, emmenée par le très médiatique Jean-Pierre Mercier, continue de bloquer l'usine. La CGT-Aulnay a multiplié les actions coup de poing ces derniers mois, lors de l'inauguration du Train de l'Industrie, au siège de Pôle emploi, au Medef ou encore lors d'un conseil national du PS. Une procédure judiciaire a également été engagée, après le dépôt d'une plainte des syndicats SUD et CGT que la justice a finalement débouté en première instance vendredi.

Avec 3.000 salariés et 300 intérimaires, le site d'Aulnay est l'un des plus importants sites français de PSA. Pour respecter sa promesse de "zéro licenciement sec", la direction du groupe a décidé de transférer la production des C3 d'Aulnay à Poissy, dans les Yvelines. Dans le cadre du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), voté lundi par le Comité central d'entreprise, il sera sans doute proposé à certains salariés d'aller travailler à Poissy. D'autres attendent "l'après-PSA" : en effet, l'immense site industriel d'Aulnay n'est pas encore démantelé. Des repreneurs pourraient être intéressés par les chaînes de montage de l'usine. "Nous allons regarder de très près la possibilité d'implanter des commerces sur le site PSA", avait ainsi déclaré en octobre dernier à l'AFP Jean-Philippe Mouton, président d'Hammerson France.

Un accord de compétitivité à venir?

Les pressions du gouvernement, qui a fustigé les erreurs de stratégie du groupe et son manque de dialogue, sont restées sans effet sur l'ampleur des suppressions d'emploi. Mais, avec le Crédit d'impôt accordé aux entreprises dans le cadre du Pacte de compétitivité, l'exécutif pourrait obliger PSA à changer sa stratégie à moyen terme. A titre de comparaison, Renault, qui a passé un accord avec les syndicats mi-mars, a d'ores et déjà annoncé la production dès 2016 de la prochaine génération de Nissan Micra à Flins (Yvelines). Après le vote du PSE, lundi, PSA compte donc enclencher rapidement l'étape suivante : la négociation d'un "accord compétitivité" avec les syndicats. La direction du groupe espère débuter les discussions en mai pour les conclure en octobre. Mais, échaudés par neuf mois de conflit social ouvert, les représentants du personnel sont sur la défensive, augurant ainsi une nouvelle phase de négociation pour les dirigeants du groupe.

Source lejdd.fr

 

PSA : le CCE donne son feu vert au plan social

Dix-huit élus sur vingt ont voté pour la mise en oeuvre du plan, qui prévoit la fermeture de l'usine d'Aulnay-sous-Bois et 11 200 suppressions de poste.

C'était le 12 fevrier dernier avec une manifestation bruyante devant le siège du constructeur à Paris. Mais rien n'y a fait, le CCE a approuvé dans sa grande majorité le plan de restructuration. C'était le 12 fevrier dernier avec une manifestation bruyante devant le siège du constructeur à Paris. Mais rien n'y a fait, le CCE a approuvé dans sa grande majorité le plan de restructuration.

 

En l'absence notable de la CGT, mais avec une large majorité des autres syndicats, les élus du comité central d'entreprise (CCE) de PSA Peugeot Citroën ont donné lundi un avis favorable aux mesures d'accompagnement prévues dans le plan social. Celui-ci peut désormais être mis en oeuvre, ont indiqué des syndicalistes.

Dix-huit élus sur vingt ont voté pour la mise en oeuvre du plan, qui prévoit la fermeture de l'usine d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et, au total avec les autres sites français, plus de 11 200 suppressions de poste. Selon la direction, des comités d'établissement vont être organisés dans les jours qui viennent sur l'ensemble des sites concernés, permettant d'entamer la restructuration.

"La plupart des CE se tiennent dès demain (mardi, NDLR) et à partir de ce moment, sur les sites concernés, le dispositif est applicable", a précisé Denis Martin, directeur industriel du constructeur. Au total, cinq des six syndicats ont donné leur feu vert: FO, CFTC, CFE-CGC, le SIA (syndicat maison) et la CFDT. Seule la CGT a émis un avis défavorable. En revanche, sur la réduction des effectifs, tous les élus ont donné un avis défavorable, selon des sources syndicales.

"La raison l'emporte sur la passion. Une grande majorité des salariés va sans doute être soulagée et une certaine sérénité va arriver", a commenté Christian Lafaye, délégué FO.

Un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) est prévu à Rennes (1 400 suppressions de poste) ainsi qu'à Aulnay-sous-Bois (3 000 suppressions) avec une phase de volontariat jusqu'au 31 décembre. Après cette date, s'il n'y a pas assez de candidats volontaires au départ, PSA procèdera à des licenciements économiques.

Selon Denis Martin il y a d'ores et déjà pour les salariés d'Aulnay-sous-Bois, "3 750 offres d'emploi en tenant compte de la mobilité interne, externe et de la réindustrialisation". "Or, aujourd'hui, les salariés ne sont plus que 2 500 sur le site, nous avons donc largement plus d'une offre par personne", a-t-il dit.

Concernant Rennes, le directeur industriel a dénombré "plus de 1 700 solutions, en tenant compte des mobilités internes (400), externes (600) et de l'accompagnement lié à la réindustrialisation". "Nous sommes dans des discussions avancées avec quelques entreprises dans des secteurs assez différents, l'agro-alimentaire, le bâtiment, différents types d'industrie", a-t-il ajouté.

Source lepoint.fr

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