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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 17:31

Fruits et légumes

La justice de l'UE somme la France de récupérer des aides illégales

Luxembourg, 12 fév 2015 - La Cour de justice de l'UE a enjoint jeudi la France de récupérer sans plus tarder quelque 340 millions d'euros d'aides versées aux producteurs français de fruits et légumes, que Paris aurait dû recouvrer depuis 2009.

Saisie d'un recours de la part de la Commission européenne, la Cour a constaté « qu'aucune mesure n'a été adoptée par la France pour récupérer les aides » illégales concernées « dans le délai imparti ». « Selon une estimation des autorités françaises » datant de 2009, « les sommes globales à récupérer s'élevaient à 338 millions d'euros », a précisé la Cour dans un communiqué. « La France n'est pas parvenue à démontrer qu'il existait une impossibilité absolue d'exécuter la décision ordonnant la récupération ». La Cour rappelle que le manquement ayant été constaté, il revient à la France « de se conformer à l'arrêt dans les meilleurs délais ». A défaut, l'exécutif bruxellois pourrait demander à la justice européenne d'infliger des sanctions pécuniaires.

L'affaire porte sur des aides aux producteurs de fruits et légumes versées jusqu'en 2002 pour atténuer les effets d'excédents momentanés de l'offre par rapport à la demande. La Commission a considéré qu'elles « constituaient une aide d'État » illégale destinée « à faciliter l'écoulement de la production française en permettant aux producteurs de bénéficier d'un prix de vente supérieur au coût réel ».

En 2009, la Commission avait ordonné à la France de récupérer ces aides auprès des producteurs, une décision confirmée par la justice européenne qui en 2012 avait rejeté un recours introduit par Paris. « Ce n'est que dans le courant du mois de mai 2011, soit avec près de deux ans de retard, que la France a entamé la procédure de récupération », qui se poursuivait toujours « à la date de l'audience » de l'affaire, « soit près de six ans après la notification de la décision ».

Source agrisalon.com

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31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 08:47

«Apologie du terrorisme» : un prof de philo suspendu

Enseignant au lycée Victor-Hugo de Poitiers, il est suspendu quatre mois et une enquête est ouverte. Des actions de soutien sont mises en place.

Après les meurtres perpétrés par Coulibaly et les frères Kouachi, la plupart des enseignants, souvent démunis, ont voulu faire circuler la parole, organiser des débatsposer des mots sur ces événements glaçants. Dans le même temps, la ministre de l’Education nationale prévenait : tous les élèves ou les enseignants qui tiendraient des propos discutables seraient sanctionnés, voire signalés à la police.

Un exercice difficile qui pourrait coûter cher à Jean-François Chazerans, professeur de philosophie au lycée Victor-Hugo de Poitiers. Il s’est vu reprocher d’avoir «tenu des propos déplacés» lors de la minute de silence (à laquelle il assure cependant n'avoir pas assisté), jeudi 8 janvier, en hommage aux victimes, rapporte la Nouvelle République«Il y a eu des plaintes de familles, a expliqué au journal régional le recteur de l’académie de Poitiers, Jacques Moret. L’enseignant aurait tenu des propos déplacés […]. J’ai immédiatement diligenté une enquête. Le professeur a été suspendu. Il fallait l’éloigner de ses élèves. La procédure suit son cours. Le conseil de discipline statuera [le 13 mars, ndlr] sur la suite de sa carrière.» Sa suspension de quatre mois maximum a été agrémentée d’une plainte en justice. Le parquet de Poitiers a ouvert une enquête pour «apologie d'actes de terrorisme». Il encourt 75 000 euros d'amende et jusqu'à 5 ans d'emprisonnement. La teneur des propos en question n’a pas été précisée.

«Je suis arrivé un matin à 8 heures et la chef d'établissement m'a fait signer l'arrêté [de suspension] comme c'est la procédure, a expliqué Jean-François Chazerans, joint par téléphone, à Libération. Depuis, j'ai eu la convocation au conseil de discipline en mains, l'intitulé est : "propos inadéquats tenus en classe". J'aurais plus de détails lorsque j'aurais accès à mon dossier, un mois avant [la tenue de ce conseil]. J'ai six classes, je ne sais pas d'où ça vient.»

«Je suis sonné, je m'attendais à tout sauf ça»

Décrit par le quotidien régional comme un militant d’extrême gauche, Jean-François Chazerans s'était déjà exprimé, samedi, affirmant que les élèves avaient été à l’initiative du débat : «Je ne sais pas quel cours, quel débat est concerné. [Les inspecteurs d’académie m’ont] juste dit : "Ce sont des propos qui ont été tenus en classe." Je suis sonné, je m’attendais à tout sauf à ça. Ce fameux jeudi, j’ai organisé des débats avec mes six classes de terminale. Le but était de comprendre les causes du terrorisme en sortant autant que possible de la passion et de l’émotion du moment.»

Et d'insister : «Ma réaction de citoyen est de dénoncer avec force ces actes odieux, horribles. On ne peut quand même pas m’accuser d’avoir la moindre sympathie pour les jihadistes. Ce sont des groupes fascistes que je combats. Il n’y a pas eu une quelconque apologie du terrorisme lors de mes cours. Au contraire…»

«Est-ce que dans son débat il y a des choses qui ont été interprétées par les élèves, puis répétées et à nouveau interprétées par les parents, s'interroge de son côté Nadine Aloisio, membre du bureau de Sud Education, jointe par Libération. On peut se demander si le fait qu’il ait essayé de réfléchir à la montée du jihadisme chez les jeunes n’a pas été interprété comme une façon de leur trouver des excuses.» 

«La parole du prof vaut-elle moins que celle de l’élève ou des parents ?»

Contacté par le Figaro, un membre du personnel de l’établissement parle d’un prof «qui a le goût du débat avec les élèves, toujours soucieux de faire s’exprimer ses élèves, [animateur] de longue date d’un café-philo». Sur une page Facebook de soutien à Jean-François Chazerans, un jeune homme qui se présente comme un ancien élève abonde : «Il aime vraiment son métier, respecte ses élèves, et transmet à travers ses cours des messages pacifistes. Il amène ses élèves à réfléchir par eux-mêmes, c’est ce qu’on attend d’un prof de philo…» Un père d’élève : «Je connais bien Jean-François Chazerans comme militant, certes, mais aussi comme prof. Il a été le prof […] d’un de mes fils et je peux témoigner de la valeur de cet enseignant qui sait inculquer à ses élèves les méthodes leur permettant une pensée autonome.» Un autre élève : «Il m’a toujours fait penser à Robin Williams dans le Cercle des poètes disparus et cette figure m’a permis d’avancer. Il est des professeurs qui s’inquiètent réellement du sort de ses élèves.» N’en jetez plus !

Un rassemblement de soutien a eu lieu mercredi à Poitiers - «il a réuni 200 personnes», précise l'enseignant - et une pétition a été lancée. Le syndicat Sud Educ s’interroge : «Comment pourrait-on le suspecter de ne pas respecter les victimes de ces actes odieux, qu’il condamne par ailleurs, alors qu’il partage bien des engagements qui sont ceux de l’hebdomadaire Charlie Hebdo  Au-delà du fond, Nadine Aloisio dénonce aussi la méthode : «[Jean-François Chazerans] n'était même pas au courant [que des parents avaient appelé le rectorat (1)]. La parole du prof vaut donc moins que celle de l'élève ou des parents ? On est des punching-balls ? Voilà comment on protège les profs : on les met en première ligne, puis on ne les soutient pas.»

Jean-François Chazerans, lui, vit sa suspension «comme une sanction», même s'il veut croire que le conseil disciplinaire devra faire preuve de prudence. La proviseure du lycée, que nous avons contactée, n'a pas souhaité s'exprimer. L'intersyndicale des enseignants du lycée Victor-Hugo a de son côté lancé un préavis de grève pour le jeudi 5 février.

 

Source liberation.fr

 

Le rectorat suspend le prof et saisit la justice

Jean-François Chazerans a reçu le courrier lui, notifiant sa suspension. Aucun motif n'est indiqué. - Jean-François Chazerans a reçu le courrier lui, notifiant sa suspension. Aucun motif n'est indiqué. - (Photo Patrick Lavaud) 

Jean-François Chazerans a reçu le courrier lui, notifiant sa suspension. Aucun motif n'est indiqué.

 

Accusé par des parents d’élèves d’avoir perturbé la minute de silence, un professeur de philo du lycée Victor-Hugo à Poitiers est mis à pied. Il se défend.

Jacques Moret organisait hier après-midi la mobilisation pour les valeurs de la République (lire plus bas). Dans son introduction il rappelait : « Le 8 janvier, il y a eu aussi l'inacceptable commis par quelques enseignants qui n'ont pas observé la minute de silence avec des arguments dérisoires invoquant une absence de nécessité. Ou des arguments plus contestables estimant que ce n'était pas le moyen le plus approprié. Mais aussi des arguments inadmissibles pour des fonctionnaires cautionnant plus ou moins les attentats. » Et le recteur de promettre des sanctions si ces faits étaient avérés.
Ainsi, un professeur de philosophie du lycée Victor-Hugo à Poitiers est suspendu à titre conservatoire pour 4 mois (*) depuis mercredi. Il a été remplacé. « Sur ce cas, il y a eu des plaintes de familles, nous a confié le recteur. L'enseignant aurait tenu des propos déplacés pendant la minute de silence. J'ai immédiatement diligenté une enquête. Le professeur a été suspendu. Il fallait l'éloigner de ses élèves. La procédure suit son cours. Le conseil de discipline statuera sur la suite de sa carrière. » Par ailleurs, Jacques Moret a porté l'affaire en justice hier soir. « Le recteur m'a effectivement dit qu'il me saisissait sur le fondement de l'article 40, nous a confirmé le procureur de la République Nicolas Jacquet. Je n'ai pas à cette heure les éléments en main. » L'apologie du terrorisme est évoquée. Mais le rectorat n'en dira pas plus.

Jean-François Chazerans par contre nous a livré sa version. Ce professeur de philo mis en cause est connu pour son militantisme d'extrême gauche. Enseignant à Victor-Hugo depuis 2005, il est apparu très ému hier midi. Sous le choc. Voici sa vérité. « J'ai été interrogé lundi par deux inspecteurs d'académie. Ils m'ont dit que leur rapport serait le soir même sur le bureau du recteur et le lendemain sur celui de la ministre. Je ne sais pas ce qu'on me reproche. Je ne sais pas quel cours, quel débat est concerné. On m'a juste dit " ce sont des propos qui ont été tenus en classe ". On évoque qu'il y avait eu des plaintes d'élèves et de parents qui sont montées directement au rectorat. Je suis sonné, je m'attendais à tout sauf à ça. Ce fameux jeudi, j'ai organisé des débats avec mes six classes de terminale. Le but était de comprendre les causes du terrorisme en sortant autant que possible de la passion et de l'émotion du moment. »

" Les djihadistes sont des fascistes "

Jean-François Chazerans poursuit. « Ce sont les élèves qui étaient demandeurs. J'étais réticent. Je n'aime pas évoquer à chaud de tels sujets. Devant leur insistance et leur état de choc, j'ai décidé de mettre en place ces débats. »
Eludant la fameuse minute de silence (**) - « Je n'y étais pas » -, le prof engagé condamne aujourd'hui sans ambiguïté les attentats et leurs auteurs. « Ma réaction de citoyen est de dénoncer avec force ces actes odieux, horribles. On ne peut quand même pas m'accuser d'avoir la moindre sympathie pour les djihadistes. Ce sont des groupes fascistes que je combats. Il n'y a pas eu une quelconque apologie du terrorisme lors de mes cours. Au contraire… » Le prof fait montre d'incrédulité. « Je ne comprends pas. Je décide de m'exprimer car je ressens un fort sentiment d'injustice. »

(*) Pendant sa suspension, le professeur bénéficie de l'intégralité de son traitement. Il peut former des recours gracieux, hiérarchique ou contentieux pour contester cette décision. (**) Au moment où nous avons interrogé le professeur, il ignorait qu'on lui reprochait d'avoir perturbé la minute de silence.

Source lanouvellerepublique.fr

 

Soutien à Jean-François Chazerans !

Jean-François Chazerans est professeur de philosophie au lycée Victor Hugo de Poitiers. Il a été mis à pied par le rectorat pendant 4 mois pour des « troubles », à la minute de silence mise en place dans son lycée suite aux terribles attentats contre les journalistes de Charlie Hebdo et contre des personnes tuées parce que juives dans un restaurant Casher.

 

Désormais, une enquête est à l'œuvre, menée par la police judiciaire, pour « apologie du terrorisme ». Jean-François risque jusqu'à 75.000€ d'amende et 5 ans de prison.

 

Les militants de gauche à Poitiers connaissent Jean-François Chazerans. Il est un militant clairement à l'opposé du djihadisme et de la violence raciste. En fait, il n'a pas participé à la minute de silence. C'est cela le « trouble » et « l'apologie du terrorisme ».

 

Comme le rappelle justement un communiqué unitaire * de LO, d'Ensemble, des Jeunes Ecologistes et du NPA, « Jean-François Chazerans, bien connu du milieu associatif et politique poitevin, est à mille lieux de soutenir ces actes barbares – sans pour autant être prêt à marcher du même pas que les gouvernants qui bombardent à droite, à gauche, au gré des intérêts du capital français, et sans se reconnaître dans la brochette des Nétanyahou, Bongo et consorts. Un prof de philo peut, peut-être, faire réfléchir et s’exprimer ses élèves plus efficacement en ne s’en tenant pas à un silence lourd d’ambiguïtés. ».

 

La liberté d'expression est donc loin d'être respectée ici. Pire, c'est la liberté d'opinion qui est attaquée et criminalisée.

 

La mobilisation * lycéenne, syndicale et politique semble se mettre en place. Tant mieux. D'autant que le rectorat de Poitiers s'est fait connaître récemment pour une histoire gerbante, raciste, révélée par Mediapart. Un document demandant aux enseignants de l'Académie d'être vigilant contre les extrémismes religieux mais ne pointant du doigt que les « musulmans d'apparence ». Un power point expliquant comment reconnaître un djihadiste, en somme, avec des critères très... stigmatisant à l'encontre de toute une population, pour ne pas dire plus.

 

Si quelqu'un doit être démis de ses fonctions et jugé pour racisme dans l'académie de Poitiers, c'est bien le recteur lui-même.

Alexandre Raguet Source blogs.mediapart.fr

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 23:48

L'art de la brève se doit d'être court, puissant et transcendant. En quelques phrases, il faut planter le décor, passer le premier message, puis placer l'estocade qui laisse le lecteur dans l'étonnement car il ne s'attendait pas à ce dénouement. Voilà une brève qui m'a assis par sa puissance et sa justesse qui transcende notre intellect tellement conditionné. J'ai hésité à la publier de par son sujet sensible, mais son contenu nous invite tous à réfléchir, et réfléchir, n'est-ce pas ce qui fait de nous des êtres humains?

Amitiés à tous et à toutes

Cyril LAZARO

 

Solidarité mais…

La une de Charlie Hebdo post-massacre a déjà fissuré cette belle solidarité chez certains de ses confrères.
Soutien à Charlie mais…
Tout est dans le mais.
Le dessin représentant Mahomet a encore suscité réserves et réprobations de par le monde.
Dans nombre de journaux solidaires, le « visage du prophète » n’a pas été reproduit, ou a été flouté.
Courageux mais pas téméraires.
De même certaines instances religieuses « regrettent » que l’équipe survivante de Charlie continue de « jeter de l’huile sur le feu » en ridiculisant telle ou telle religion.
C’est vrai qu’à travers l’histoire et les âges les religions n’ont jamais ridiculisé les non-croyants, libre-penseurs, et autres athées ; généralement elles se sont simplement contentées de les persécuter, torturer ou tuer.
Chacun sa méthode.
 
Source monde-libertaire.fr
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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 10:49

En lisant différents articles sur les manifestations de ce jour, en voyant défiler main dans la main ceux qui hier décriaient Charlie Hebdo en choeur, je n'ai pu m'empêcher de repenser à Victor Hugo qui dut s'exiler de son vivant pour être acclamé à sa mort.

Et j'ai alors pensé, pour quoi vont-ils défiler aujourd'hui? Et en imaginant la foule en marche, cette question est devenue "où vont tous ces gens"? Puis vint l'association d'idée avec le célèbre poème de Victor Hugo "où vont tous ces enfants".

Place donc au poête qui sut si bien dénoncer les méfaits du capitalisme de son temps, ce même capitalisme qui va se faire de la publicité aujourd'hui. Car ne nous trompons pas, le message du jour est "Adhérez à l'Europe du Capital et à son austérité, en contrepartie l'Europe vous protègera du terrorisme".

Amitiés à tous et à toutes

Cyril LAZARO

 

Où vont tous ces enfants

 

... Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu'on voit cheminer seules ?
Ils s'en vont travailler quinze heures sous des meules
Ils vont, de l'aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison le même mouvement.
Accroupis sous les dents d'une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d'airain, tout est de fer.
Jamais on ne s'arrête et jamais on ne joue.
Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue.
Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las.
Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas !
Ils semblent dire à Dieu : - Petits comme nous sommes,
Notre père, voyez ce que nous font les hommes !
Ô servitude infâme imposée à l'enfant !
Rachitisme ! travail dont le souffle étouffant
Défait ce qu'a fait Dieu ; qui tue, oeuvre insensée,
La beauté sur les fronts, dans les coeurs la pensée,
Et qui ferait - c'est là son fruit le plus certain ! -
D'Apollon un bossu, de Voltaire un crétin !
Travail mauvais qui prend l'âge tendre en sa serre,
Qui produit la richesse en créant la misère,
Qui se sert d'un enfant ainsi que d'un outil !
Progrès dont on demande : Où va-t-il ? que veut-il ?
Qui brise la jeunesse en fleur ! qui donne, en somme,
Une âme à la machine et la retire à l'homme !
Que ce travail, haï des mères, soit maudit !
Maudit comme le vice où l'on s'abâtardit,
Maudit comme l'opprobre et comme le blasphème !
Ô Dieu ! qu'il soit maudit au nom du travail même,
Au nom du vrai travail, sain, fécond, généreux,
Qui fait le peuple libre et qui rend l'homme heureux !

 

Victor Hugo "Melancholia"

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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 20:14

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6 janvier 2015 2 06 /01 /janvier /2015 10:16

Chers camarades,

Les réformistes ne veulent pas lâcher prise. L'ami de Lepaon au CESE cherche à parasiter la révolution interne de la CGT. C'est insupportable et cela démontre l'entrisme qui a été opéré depuis des années au sein de la centrale. La vigilance s'impose.

Amitiés à tous et à toutes

Cyril LAZARO

 

Crise à la CGT: Raymond Soubie n'exclut pas un retour de Thibault

Paris, 6 jan 2015 - Raymond Soubie, conseiller social de Nicolas Sarkozy entre 2007 et 2010, évoque mardi l'hypothèse d'un retour de Bernard Thibault pour dénouer la crise à la CGT, estimant que "la crédibilité" de l'actuel numéro un Thierry Lepaon est "fortement entamée". 

"La CGT est dans une mauvaise passe. Elle n'a plus de feuille de route claire", a commenté dans Le Figaro Raymond Soubie. 

Selon lui, le retour de Bernard Thibault, prédécesseur de Thierry Lepaon, "n'est pas inenvisageable". 

Pour autant, M. Soubie a souligné que "si l'actuel secrétaire général est diminué, il a la chance de ne pas avoir d'opposition structurée en face de lui". "Un collectif pourrait en revanche se mettre en place pour réfléchir à une nouvelle feuille de route en vue du congrès de 2016", "avec ou sans Thierry Lepaon", a-t-il dit. 

Evoquant "un état de désarroi" interne, il a jugé que la CGT a besoin de réfléchir à sa doctrine et à sa gouvernance". 

Pour Raymond Soubie, "l'affaiblissement du premier syndicat français, celui qui a la plus grande base militante, a des répercussions sur l'ensemble du syndicalisme" et "crée une instabilité dans le paysage qui pourrait permettre à des mouvements non contrôlés d'éclater". 

La direction de la CGT va tenter mardi et mercredi de sortir de la crise interne suscitée par les révélations sur les travaux onéreux réalisés dans l'appartement de fonction et le bureau de Thierry Lepaon, puis ses indemnités de départ perçues de la CGT Basse-Normandie. 

Lundi, l'ancien numéro un Louis Viannet a appelé M. Lepaon à "remettre son mandat".

Source lentreprise.lexpress.fr
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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 19:11

Un camarade m'a demandé de reprendre cette information qui est passée assez inapercue dans les médias français. L'austérité a donc un prix, et pour pouvoir continuer à ruiner la Grèce, certains semblent prêts à faire monter les enchères très très haut.

Amitiés à tous et à toutes

Cyril LAZARO

Présidentielle grecque : 700 000 euros en liquide pour voter "correctement"

Pavlos Chaîkalis

Pavlos Chaîkalis

C’est le député grec Pavlos Chaïkalis, membre du parti des Grecs indépendants, qui a vendu la mèche : 700 000 euros en liquide, plus le remboursement d’un de ses prêts bancaires et des contrats publicitaires (soit environ 2-3 millions d’euros au total), c’est ce qui lui aurait été proposé en douce pour voter "correctement" à la présidentielle grecque.

Giorgos Apostolopoulos
Giorgos Apostolopoulos

Pavlos Chaïkalis livre le nom de l’auteur présumé de la tentative de corruption : Giorgos Apostolopoulos, conseiller de deux premiers ministres et de trois dirigeants politiques, conseiller politique de deux banquiers et de la Deutsche Bank, personne de confiance de plusieurs hommes d’affaires grecs.

À l’appui de ses révélations, Pavlos Chaïkalis a remis une vidéo aux autorités judiciaires il y a une quinzaine de jours. Le nom du Premier ministre Antonis Samaras y est distinctement évoqué. Celui-ci a porté plainte contre Chaïkalis. Et la justice n’a toujours pas donné suite à l’affaire au prétexte que la vidéo transmise serait un « matériau obtenu illégalement ». Le député grec a donc profité d’une émission télévisée pour confirmer l’info au grand public le 19 décembre.

Rappelons que la présidentielle grecque se déroule en trois tours devant le Parlement, que Stavros Dimas, candidat proposé par le gouvernement Samaras (et "activement" soutenu par la Commission européenne), doit obtenir pour être élu 200 voix aux deux premiers tours (17 et 23 décembre), 180 au dernier (29 décembre). Faute de quoi des législatives seraient automatiquement organisées début 2015, avec le "risque" de voir Syriza l’emporter. Le premier tour a été un véritable camouflet pour la coalition au pouvoir qui n’a rassemblé que 160 voix en faveur de Dimas [1].

 

[1] DERNIÈRE MINUTE : « Le Premier ministre grec Antonis Samaras a proposé dimanche 21 d’organiser fin 2015 au lieu de mi-2016 les prochaines législatives, en échange d’un vote favorable du Parlement à l’élection présidentielle la semaine prochaine » (©AFP / 21 décembre 2014 15h00). A-t-on jamais vu pire aveu d’échec et de panique pour un gouvernement aux abois cherchant à gagner du temps à n’importe quel prix, quitte bien évidemment à ne surtout jamais respecter sa promesse ?

NB : on attend toujours un communiqué de l’AFP, une déclaration de la Commission européenne et des autorités politiques de l’UE, sur la tentative de corruption manifeste dont fut victime (au moins) un député dans le processus démocratique en Grèce.

Source politis.fr du 21 décembre 2014

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28 décembre 2014 7 28 /12 /décembre /2014 15:45

Une bien triste nouvelle. Je viens juste de poster un article sur la sécurité au travail sur le site de la CNT SO Disney, et voilà que je reçois par mail cette terrible information.

Cela nous fait prendre conscience que la sécurité, cela se passe aussi sur les trajets avant et après les horaires de travail.

Sincères condoléances à la famille, et veillons tous à ce que de tels drames ne se reproduisent plus.

Amitiés à tous et à toutes

Cyril LAZARO

Seine-et-Marne : heurtée par une camionnette, elle est écrasée par un bus

Coupvray (Seine-et-Marne). Le très mauvais éclairage de ce secteur pourrait expliquer le dramatique accident dans lequel une salariée de Disneyland Paris, voisin, a trouvé la mort samedi.

Coupvray (Seine-et-Marne). Le très mauvais éclairage de ce secteur pourrait expliquer le dramatique accident dans lequel une salariée de Disneyland Paris, voisin, a trouvé la mort samedi.

Le très mauvais éclairage de la chaussée est sans doute en cause dans un accident intervenu samedi soir, à Coupvray, en Seine-et-Marne, selon une source policière. Une femme de 35 ans est décédée aux alentours de 21 heures après avoir été écrasée par un autobus, alors qu’elle traversait un passage pour piétons, juste après un rond-point, avenue de l’Europe.

Quelques instants plus tôt, la jeune femme et une autre piétonne avaient été heurtées par une camionnette blanche, qui ne s’est pas arrêtée. L’une des deux victimes a été projetée vers le bas-côté et s’en est tirée avec quelques contusions. Mais la seconde est tombée dans une zone utilisée par les bus.

Ces deux femmes venaient de terminer leur service au parc d’attractions Disneyland Paris, tout proche.

Source leparisien.fr

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27 décembre 2014 6 27 /12 /décembre /2014 12:37

Chers camarades,

Je viens d'être alerté par mail d'un danger grave et imminent pour l'avenir du syndicalisme. Je vous laisse découvrir ci-dessous les tenants et aboutissants de ce que le gouvernement et le patronat entend nous imposer par le biais de négociations tronquées où les négociateurs ne poursuivent pas forcément les mêmes intérêts que ceux de l'ensemble des travailleurs.

Amitiés à tous et à toutes

Cyril LAZARO

 

Bonjour à chacun 

Nous sommes à l’aube de la nouvelle année. Sans qu’aucun véritable bilan critique du rôle et du fonctionnement du CHSCT  ait été établi , voir en cela le dernier rapport sur le CHSCT à la demande du gouvernement du Professeur de droit Pierre Yves VERKINDT,  les négociations en cours entre les partenaires sociaux pour la rénovation du dialogue social pourraient aboutir à la suppression du CHSCT.

  

Aussi nous nous permettons de vous adresser l’article de Maitre Samuel GAILLARD publié sur le site de l’agence Miroir Social ce 24 décembre

Les risques sont inhérents à la vie de toute entreprise et de tout service public.

Ils constituent un enjeu majeur pour la sécurité et la santé des salariés. La profitabilité de l’entreprise, l’efficience du service public sont également directement liées à l’art de les prévoir et de les maîtriser.

  

Depuis plus de 30 ans le CHCST a permis à des milliers et des milliers de représentants des salariés de s’investir de manière altruiste pour défendre la santé et les conditions de travail tout en permettant par la même, l’efficacité au quotidien de leur entreprise ou de leur institution publique. Le succès est souvent silencieux. La réussite au quotidien ne se voit pas.

  

Qu’en sera-t-il demain ? C’est là tout l’enjeu de cet article que vous pouvez partager avec vos collègues , vos responsables syndicaux. Vous pouvez aussi écrire aux élus de la nation : députés et sénateurs de vos circonscriptions pour les informer de la situation et leur faire part de votre attachement à cette instance de prévention.

  

Diverses initiatives ont été prises pour la défense du CHCST; vous pouvez si vous le voulez les appuyer.  Les négociations vont se terminer à la mi-janvier et en dépit des fêtes il m’a semblé important de venir vous informer.

  

Je vous souhaite en dépit des circonstances de belles fêtes et une belle année 2015.

JC DELGENES
Directeur Général de TECHNOLOGIA

 

 

Enjeux des négociations sur la modernisation du dialogue social : une déflagration sans précédent

Dans le cadre des négociations interprofessionnelles en cours sous l’égide du Ministère du Travail, les dernières propositions du MEDEF constituent une véritable révolution du mode de fonctionnement des institutions représentatives du personnel, sans commune mesure avec les entailles déjà profondes du dernier accord national interprofessionnel (ANI) du 11 janvier dernier, qui avait abouti à la loi de sécurisation de l’emploi du 14 juin 2013.

Ces propositions, que certaines organisations syndicales seraient prêtes à signer moyennant quelques modifications de façade, entraîneraient une déflagration sans aucun précédent, un retour en arrière phénoménal, un anéantissement pur et simple des institutions représentatives du personnel qui ne seraient plus désormais que des marionnettes. Nul doute que les syndicats subiraient alors le même sort.

  • Ce qui se joue aujourd’hui n'est ni plus ni moins que la capacité des institutions représentatives du personnel à jouer le moindre rôle efficace et utile, celui, il faut le rappeler, de la représentation des intérêts des salariés, conformément à l’article 8 du préambule de la constitution du 27 octobre 1946, aux termes duquel « tout travailleur participe, par l’intermédiaire de ses délégués, à la détermination collective des conditions de travail ainsi qu’à la gestion des entreprises ».

Dans un contexte où les juridictions du travail sont engorgées, où bien des salariés doivent attendre 3 à 4 années pour avoir un jugement du Conseil de Prud’hommes en région parisienne et au moins 3 années encore pour obtenir une décision d’appel qui infirmera dans 80 % des cas la décision rendue par le Conseil de Prud’hommes, soit 7 à 8 ans au total ! Dans un contexte où, finalement, les seuls remparts efficaces qui subsistent encore aujourd’hui pour protéger les intérêts des salariés sont les institutions représentatives du personnel.

Dépénalisation du délit d’entrave

Un premier rempart est en voie de céder : celui de la pénalisation du délit d’entrave qui, sous couvert de crainte des investisseurs étrangers (mais qui pourra croire une telle explication ? Très certainement pas les avocats qui ont déjà travaillé dans des cabinets internationaux pour lesquels, jamais, au grand jamais, une telle crainte n’a été exposée) est en voie de céder avec le projet de loi Macron. Désormais, les employeurs pourront tout faire : truquer les élections, insulter les représentants du personnel, les menacer, faire du chantage à l’intéressement aux élections, multiplier refus de consultation sur refus de consultation et il y a de multiples autres exemples. Les quelques amendes civiles ne pourraient certainement avoir le moindre effet dissuasif ou il faudrait alors instaurer la notion de peine civile avec des sanctions pécuniaires très élevées. Mais ce n’est pas le cas.

Simple rôle de « conseil »

Le deuxième (et dernier) rempart (celui de la voie civile) est aujourd’hui en voie de céder dans le cadre des négociations d'ANI actuelle. Selon le texte du MEDEF, il s'agit d’effectuer « un cap décisif [qui] pourra ainsi être franchi, démontrant que le dialogue social est un puissant facteur de modernisation de notre pays ».

De fait, le cap proposé est tellement décisif qu'il n'y aura plus aucun dialogue social ! Le meilleur symbole de ce « cap décisif » est très certainement celui de la nouvelle dénomination du comité d’entreprise qui se voit désormais appelé « conseil d’entreprise ». Tout est dit...

Conformément à l'article 8 du préambule, les instances représentatives du personnel ne permettent plus la « participation » des « travailleurs » à la « détermination collective des conditions de travail ainsi qu’à la gestion des entreprises ». Elles sont désormais reléguées à un simple rôle de « conseil ». Autant dire, rien ! C’est ainsi que tout l’esprit du préambule de la constitution du 27 octobre 1946 vole en éclats et que l’on assiste à un retour en arrière à la IIIème République. Sous cette question de sémantique, c’est ce dont il s’agit.

De fait, dans le texte du MEDEF, chacune des mesures a été soigneusement pesée et posée ; chacune d’entre elle ne vise qu’à affaiblir et réduire à néant le pouvoir du comité d’entreprise ou (faut-il déjà le dire ?) du conseil d’entreprise. Il convient d’en brosser les plus essentielles, celles qui sautent immédiatement aux yeux.
Rien de nouveau pour les entreprises de 11 à 49 salariés. L’article 2.1.3 indique simplement que le conseil d’entreprise reprend les prérogatives et moyens actuels des délégués du personnel. Pourquoi donc cette volonté de changement de dénomination, si ce n’est pour l’exemple, pour la sémantique ?

  • Pour les entreprises de 50 salariés et plus, c’est l’hallali

Généralités : la fusion des délégués du personnel, des comités d’entreprise et des CHSCT et la mise au chômage programmée de plusieurs milliers de représentants du personnel

D’abord, le texte patronal prévoit une fusion des délégués du personnel, du comité d’entreprise et du CHSCT, dans le cadre d’une institution unique : le conseil d’entreprise
De nombreux représentants du personnel vont ainsi perdre leur mandat et une grande partie d’entre eux, il faut s’y attendre, également leur emploi.

Ils pourront certes solliciter des dommages et intérêts en saisissant le Conseil de Prud’hommes pour arguer du fait que leur licenciement était en lien avec leurs anciennes fonctions de représentants du personnel mais leurs avocats devront d’abord leur apprendre la vertu de la patience.

Puisqu'internet permet aujourd’hui un traçage des activités syndicales des salariés, puisque tous les chasseurs de têtes appellent constamment les anciens employeurs pour obtenir des informations sur les états de service du chômeur, on peut se douter que cela va aboutir à une catastrophe sociale sans précédent, pour plusieurs milliers voire plusieurs dizaines de milliers de représentants du personnel.

  • La disparition du CHSCT, bête noire du patronat, et la fin de l’obligation de santé et de sécurité de résultat

Aux termes du numéro spécial de Liaisons Sociales consacrées à cette institution (juin 2013), « le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail est le premier acteur de la prévention des risques professionnels dans l’entreprise ». C’est bien pour cela qu’il faut l’anéantir !

Pour toutes les entreprises comprises entre 50 et 500 salariés, c’est la disparition pure et simple du CHSCT qui est annoncée… Sauf s’il existe un accord d’établissement ou d’entreprise, dixit benoîtement le texte du MEDEF, c’est-à-dire en termes clairs si l’employeur est d’accord… Autant prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages.

Exit le rapport de 170 pages du Professeur Pierre-Yves Verkindt du 28 février 2014, qui avait mis l’accent sur l’importance prise aujourd’hui par les questions relatives au travail et par la nécessité de bénéficier de représentants du personnels spécialisés dans cette matière.

Faut-il rappeler l’explosion des cas de harcèlements, d'épuisement professionnel, d’astreintes jour et nuit et de sous-traitance ? Faut-il rappeler les problématiques récurrentes de TMS, de produits cancérigènes, d’incendies, de bruits d’agressions physiques, d’accidents de transports, de déménagements effectués pour dégraisser à bon compte les effectifs ?

Le CHSCT existe depuis les amendements Auroux de 1982 (soit depuis 23 ans) et personne n’y a rien trouvé à redire jusqu’à très récemment.

  • Que s’est-il passé qui justifie l’ire du patronat aujourd'hui ?

C’est l’arrêt Snecma du 5 mars 2008, la bête noire des employeurs, qui est à l’origine de la volonté du MEDEF de faire disparaître le CHSCT.

Par cet arrêt, la Cour de cassation a posé le principe selon lequel le juge pouvait suspendre la mise en œuvre d’une réorganisation lorsqu’elle était de nature à compromettre la santé et la sécurité des travailleurs concernés, obligation dite de résultat. Il s’agit là d’une jurisprudence essentielle qui, pour la première fois, posait le principe selon lequel le pouvoir de direction de l’employeur, jusqu’ici sans aucune limite, était désormais subordonné au principe d’ordre public de la santé et de la sécurité des salariés.

Crime de lèse majesté

Les décisions d’annulation sont en réalité fort rares, mais il est certain que le CHSCT dispose ainsi, par cet arrêt, d’un réel pouvoir de contrainte vis-à-vis des employeurs, afin d'obliger ceux-ci à respecter leurs obligations de santé et de sécurité des salariés qui sont issues du droit européen.

Le droit européen étant apparemment difficile à changer pour le MEDEF et les magistrats de la Chambre Sociale de la Cour de Cassation, il fallait alors supprimer le CHSCT et c’est ce que ce texte vise, d’abord et de manière explicite pour les entreprises de 50 à 500 salariés. Pour les établissements de plus de 500 salariés, c’est une simple commission du conseil d’entreprise qui est prévue par le texte du MEDEF mais qui est cantonnée à un rôle croupion « d’assistance » au conseil d'entreprise.

Au passage, toutes les prérogatives du CHSCT en matière notamment d’enquête et de danger grave et imminent, qui constituent l'un des socles essentiels de contrôle par le CHSCT de l’activité de l’employeur, sont balayées d’un trait de plume. Désormais, en matière de danger grave et imminent, la procédure n’est pas enclenchée d’office au seul constat d’un danger grave et imminent par un membre du CHSCT. Il faut que le conseil entreprise se réunisse et qu’il charge la commission d’effectuer une enquête dans un tel cas. C’est dire l’efficacité d’un tel processus !

  • La fin du principe de séparation entre le budget de fonctionnement et le budget des œuvres sociales du comité d’entreprise

Le principe de séparation entre le budget de fonctionnement du comité d’entreprise (le « 02 »), et le budget de financement des œuvres des activités sociales et culturelles, est également balayé dans le projet du MEDEF.

Le comité d’entreprise a une fonction duale : d’une part, en sa qualité d’institution représentant les salariés, il est représente les intérêts des salariés dans le cadre de ses échanges avec la direction qui peuvent être antagonistes ; d’autre part, il gère ou est censé gérer les « œuvre sociales » à destination des salariés, qui ne vont pas forcément à l'encontre des intérêts de l’employeur et en sont même souvent complémentaires (on pourrait même parler d’avantages en nature).

Compte tenu de ces deux objectifs antagonistes, la stricte séparation entre le budget de fonctionnement et le budget des œuvres sociales est un principe d’ordre public, ainsi que l’a jugé à plusieurs reprises la Cour de cassation.

Les raisons sont simples et évidentes : l’objectif est d’éviter un détournement du budget de fonctionnement du comité qui est au cœur de ses activités de représentation des intérêts des salariés notamment en cas de réorganisation ou de PSE, au profit des œuvres sociales.

  • Compte tenu de la préférence à court terme des salariés pour œuvres sociales et des fréquentes surenchères entre les différentes organisations syndicales sur ce sujet lors des élections pour séduire leur électorat, il ne s’agit pas là d’un simple risque théorique mais d’une profonde menace de nature à remettre en cause le rôle même des institutions représentatives du personnel.


Avec de tels détournements, les différents comités concernés risquent ainsi de ne plus avoir les budgets nécessaires pour, à titre d’exemple non hypothétique par expérience, faire appel à un avocat pour défendre les intérêts des salariés en cas de mise en œuvre d’un plan de sauvegarde de l’emploi, d’un plan de réorganisation, d’une fusion etc.

Avec le texte proposé par le MEDEF, exit donc ce principe de séparation puisque le projet patronal prévoit ainsi qu’à chaque fin d’exercice, le reliquat du budget de fonctionnement peut être transféré sur le budget des ASC et utilisé dans l’année.

  • L’anéantissement complet des prérogatives des IRP en matière de consultation en cas de réorganisation

On assiste là à tout un florilège de propositions visant à revenir sur l’état du droit actuel.

  • D'abord, il n'y aurait d’une part plus de consultation sur un « projet important » dès lors que celui-ci aurait été « envisagé » lors de la consultation annuelle sur les orientations stratégiques de l’entreprise.


Quid du principe jurisprudentiel de l’effet utile d’une consultation qui doit intervenir en temps voulu ? Quid du principe selon lequel les informations données aux instances représentatives du personnel doivent permettre, d’après la jurisprudence, d’avoir « une vision satisfaisante des objectifs poursuivis, des moyens pour y parvenir et des conséquences en termes d’emploi » ?

Tout cela, on l’ignore mais il est certain que si le conseil d’entreprise n’a désormais plus pour vocation d'être consulté sur un projet, dès lors que celui-ci aurait simplement été « envisagé », cela laisse augurer du pire.

  • D’autre part, le texte prévoit le retrait de toute compétence aux institutions représentatives du personnel constituées au niveau de l’établissement «  dès lors que le conseil central aura été consulté sur ce projet » et ce « même si une partie de la mise en œuvre d’un projet relève des pouvoir des chefs d’établissement », ce qui concrètement prive quasiment de tout intérêt le rôle des institutions représentatives du personnel au niveau de l’établissemen.


Mais c’est surtout en matière de réorganisation que les dispositions patronales proposées sont les plus scandaleuses

  • À défaut d'accord, un avis est censé être rendu dans un délai d’un mois, « porté à deux mois en cas d’intervention d’un expert », contre quatre mois aujourd’hui depuis la loi de sécurisation de l’emploi.
  • Le choix de l’expert-comptable ou de l’expert hygiène et sécurité est désormais effectué « d’un commun accord entre l’employeur et les membres élus du conseil, le cas échéant après un appel d’offre », c’est-à-dire en pratique subordonné à la seule volonté de l’employeur. A-t-on jamais vu un manager (par exemple harceleur) décidé d’opter pour un expert amené à questionner ses modalités de management ?

Certes, les textes du MEDEF précisent qu’en cas de désaccord la décision est prise par le président du tribunal de grande instance statuant en urgence. Mais comment cela est-il objectivement envisageable en pratique, compte tenu des délais réels de saisine du juge des référés qui, au moins sur Paris et dans la région parisienne, sont en réalité en pratique d’un mois et demi minimum entre l’assignation (qu’il faut d’abord préparer) et la décision ?

Avec un délai d’avis du conseil d’entreprise réduit à deux mois, autant dire que les jeux seront faits. Le conseil d’entreprise ne sera plus désormais qu’une vague chimère...

  • Un barème forfaitaire des experts comptables (et également apparemment ceux aussi des experts hygiène et sécurité) établi par le conseil de l’ordre des experts-comptables, dont il est nul besoin de préciser que les experts-comptables travaillent majoritairement pour les entreprises.
  • Une prise en charge à hauteur de 20 % par le conseil d‘entreprise sur son budget de fonctionnement (s’il n’a pas tout dépensé l’année précédente pour les ASC). Que se passera-t-il en cas de risque grave, de déménagement ou de plan social, s’il n’y a plus d’argent dans les caisses ?
  • Enfin, un délai de 21 jours pour que l’expert technique puisse remettre son rapport.


Comment imaginer un instant de raison que les institutions représentatives du personnel puissent désormais jouer le moindre rôle ?

Si l’on prend comme hypothèse réelle une fusion entre deux énormes groupes de SSII, qui démarre juste avant les vacances à la fin du mois de juin, les experts devraient ainsi rendre, sur un tel projet d’envergure, qui aurait fait l’objet de plusieurs mois de  préparation entre les deux grands groupes, un rapport en 21 jours à peine ?

Qui oserait dire qu’un travail de qualité puisse être effectué dans de telles conditions ?

Qui oserait sérieusement prétendre que le « conseil d’entreprise », dont les membres seraient partis en vacances pendant tout le mois d’août, serait ainsi en mesure de rendre un « avis éclairé » à la fin du mois d’aout ?


Comment imaginer un seul instant que les magistrats du tribunal de grande instance, saisis à la fin du mois de juillet, seraient en mesure de rendre une décision en un mois à peine avant la fin du mois d’août ?

Faut-il rappeler les dispositions de notre directive européenne 2002/14-CE du 11 mars 2002, aux termes de laquelle l’information doit s’effectuer « à un moment d’une façon et avec un contenu approprié, susceptible notamment de permettre au représentant des travailleurs de procéder à un examen adéquat et de préparer le cas échéant la consultation », qu’elle doit s’effectuer « de façon à permettre au représentant des travailleurs de se réunir avec l’employeur et d’obtenir une réponse motivée à tout avis qu’il pourrait émettre » ?

Faut-il également rappeler les dispositions de  l’article 21 de la charte sociale européenne qui prévoit, dans des termes relativement similaires, « l’exercice effectif du droit des travailleurs à l’information et à la consultation au sein de l’entreprise » ?

On peut supposer que le MEDEF, qui n’est très certainement pas le plus piètre des négociateurs, a sciemment inséré dans son texte certains aspects volontairement provocateurs en espérant que certaines organisations syndicales le ratifieront sous prétexte d’une soi-disante avancée vis-à-vis du texte patronal proposé.

Mais ce jeu de dupes ne trompera personne.
Il ne saurait dans tous les cas tromper les professionnels du droit qui, jour après jour, sont  aujourd’hui déjà confrontés aux difficultés pratiques, notamment en termes de délai de saisine des tribunaux, vis-à-vis de la loi de sécurisation de l’emploi et du décret d’application.

Le texte ainsi proposé par le MEDEF est donc d’une gravité extrême.

Il s’agit d’une violation programmée du fondement même de notre identité telle que résultant  du préambule de la constitution de 1946 et des règles de droit européen les plus essentielles.

Il s’agit simplement de savoir si les institutions représentatives du personnel seront demain cantonnées à une simple chambre d’enregistrement et quelles sont les règles essentielles de notre contrat social.

Samuel Gaillard

Source miroirsocial.com

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25 décembre 2014 4 25 /12 /décembre /2014 20:29

Des salariés espionnés par des comédiens : la CGT porte plainte

Orpea-Clinea avait embauché des comédiens pour espionner les salariés de ses maisons de retraite. La CGT a saisi la justice.

L’affaire avait été dévoilée en 2012 par le magazine L’Expansion. En 2010, l’exploitant de maisons de retraite et cliniques privées Orpea-Clinea avait embauché des "acteurs de métier" dans le cadre d’ "un système organisé de surveillance", affirme l’avocat de la CGT Sofiane Hakiki. La CGT a donc saisi la justice pour dénoncer "la mise en place d'un système visant à infiltrer le syndicat". Orpea-Clinea, numéro 2 du secteur en Europe, n'a pas réagi.

De faux brancardiers. Les comédiens avaient été recrutés comme brancardier ou agent d'entretien et envoyés en "observation" sur les sites de L'Haÿ-les-Roses, Andilly et Lyon, selon les pièces qui étayent la plainte contre X déposée mardi au parquet de Paris. Leur premier objectif était de se fondre dans la masse, puis de "copiner avec les collègues". Enfin, il leur fallait "prendre la défense de leurs intérêts jusqu'à se faire élire aux élections professionnelles", détaille l'avocat de la CGT.

Le groupe Orpea-Clinea a passé, pour la mise en place de cette surveillance, un contrat en 2010 avec la société de renseignements privée GSG, spécialisée dans le "conseil en gestion de risque social". La même entreprise apparaît dans l'enquête sur des soupçons de surveillance illicite de salariés d'Ikea ouverte à Versailles depuis 2012.

16 rapports hebdomadaires. Facturé 12.500 euros par mois au groupe, chaque "implant" devait rendre compte de ses avancées sur le terrain. C'est ainsi que seize rapports hebdomadaires ont été adressés à la DRH d'Orpea-Clinea entre le 22 mars et le 4 septembre 2010.

Dans l'un d'eux, un des comédiens embauchés dit vouloir "favoriser la confiance de ces collègues" et apprend à la DRH qu'il va "les convier à déjeuner chez lui la semaine prochaine, sorte de pendaison de crémaillère".

"Sous couvert de gestion préventive du risque social, le but était de prendre le pouls social, repérer les hostilités à la direction et ensuite approcher le syndicat qui semblait le plus dangereux", rapporte Maître Hakiki. "Ces dérives illustrent la volonté de l'employeur de vouloir tout maîtriser, par tous les moyens", a-t-il ajouté.

Les salariés espionnés dans leurs faits et gestes ? La plainte de la CGT révèle que les comédiens "relevaient de manière quotidienne les faits et gestes des salariés en prenant un soin particulier à noter les activités syndicales". Par exemple, dans un des rapports, le "sujet JCO" est décrit comme consommateur de drogues, "marijuana et résine de cannabis essentiellement". Selon la plainte, la convention avec GSG ainsi que les rapports "caractérisent les délits d'entrave au droit syndical, d'atteinte à la vie privée et de collecte de données à caractère personnel".

Une "observation" expérimentale pour Orpea. Fin 2012, Orpea-Clinea s'était fendu d'un courrier confidentiel à la CGT pour s'expliquer sur ces pratiques : "une étude sur les risques psycho-sociaux" et le climat social dans le cadre d'accords sur les conditions de travail, selon elle. Dans le même courrier, Orpea-Clinea détaille les méthodes de la société de renseignements GSG : "l'observation in situ", en "immersion totale". Le groupe assure aussi avoir "exigé des garanties déontologiques" car il était conscient du risque de "dérives". Orpea-Clinea avance que "GSG a mis en place une charte éthique encadrant strictement ses interventions".

Espionnage sur internet aussi. L'espionnage au sein des entreprises des salariés n'est pas un fait nouveau. Disneyland Paris a été condamné à 150.000 euros d'amende pour avoir espionné des candidats à l'embauche en puisant dans les fichiers de police. L'enseigne de distribution, Lidl, a, pour sa part, été condamnée en Allemagne à une amende de 1,5 million d'euros pour avoir fait surveiller des employés par des détectives.

Mais demander à des comédiens de jouer aux espions est une méthode "assez inédite", selon Jean-François Amadieu, professeur à l'université de Paris 1, spécialiste des relations sociales. "De nos jours, les informations sont plutôt glanées sur les réseaux sociaux", explique-t-il. Il avance que les employeurs "adorent farfouiller sur internet".

Source europe1.fr

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